A quel degré sommes-nous ?
Le Forum Catholique
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Glycéra - 2012-09-16 15:59:03
A quel degré sommes-nous ?
J'ai lu souvent que c'est curiosité vaine voire très nuisible de chercher à quel degré spirituel nous en sommes, à quelle demeure intérieure nous en sommes arrivés, dans quel chemin ou quelle nuit de St Jean de la Croix nous marchons. C'est vouloir savoir à un temps qui n'est pas celui de Dieu, mais qui est trop tôt, si nous sommes ici ou là.
D'ailleurs si les étapes sont bien décrites et cadencées, elles ne sont pas complétées en modules complets : les phases s'interpénêtrent. Il est des domaines où nous sommes loin avant et d'autres nuls de chez cancres.
Donc, si je vous suis, les degrés contenus dans la demande "non inducas", je en sais pas le sens précisé en grec, sont mêlés en chacun de nous, selon les domaines d'actes concernés.
L'abandon ?
N'est- il pas de tous les degrés ?
Abandon n'est pas passivité.
C'est don de la confiance, c'est remettre sa main pour marcher dans la foi.
La foi, c'est être sûr de ce qu'on ne voit pas clairement.
St F de Sales dit que qui choisit le bois de sa croix, ou sa couleur ou son poids n'est pas abandonné à Dieu. La souffrance contient aussi l'inconnu de ne pas savoir quelle souffrance Dieu va nous demander.
Comme un moine ignore le menu du jour, et mange ce qui lui est servi.
Le plus haut degré d'abandon, encore une fois St François de Sales
" Ne rien refuser, ne rien demander, tout accepter ! "
J'aime bien le livre de Dom Lehodey (1) : le saint abandon, qui détaille même vertu par vertu où cela nous propose de marcher.
J'aime aussi "Le courage d’avoir peur" de Molinié, qui nous donne la force de sauter à l'eau, de signer le bon d'hospitalisation où Dieu va nous guérir, nous émonder, nous reconstruire... en finissant (fin du livret "Naître de nouveau") par la maternité, où nous redeviendrons comme de petits enfants, où nous saurons engendrer le Verbe de Dieu pour que le Christ vive en nous, et dans ce service nulle crainte dit-il, c'est la Ste Vierge qui dirige.
Dans les lettres spirituelles de Dom John Chapman, on trouve aussi de beaux passages que l'acte d'abandon, sur l'activité qui consiste à entrer en passivité dans la prière, pour que Dieu nous transforme. C'est par lui que j'ai entendu parler de Dom Lehodey.
Dieu nous fait reconnaître les étapes quand Il le sait utile pour nous.
Nous ne les reconnaissons que tard, quand elles sont franchies. Si un directeur spirituel nous en parle comme d'exercices clairs et comme une méthode à suivre par chapitres, c'est qu'il est temps de le quitter, cela ne fonctionne pas ainsi. Ce serait prendre des certitudes pour préparer sa route, prendre des plans et des sandales de rechange, et ce n'est pas cela l'abandon que Dieu aime, ce n'est pas cela qui nsou aide à tendre la main en toute douceur vers celle de Dieu, et à marcher libre à son pas.
J'aime les statues du Sacré-Coeur où Jésus semble marcher dans une allée de jardin, au pas calme des gens qui viennent écouter ses propos. Marchons, surtout le dimanche, en famille, et entendons-le expliquer ces choses, comme dit Anne-Catherine Emmerich quand Jésus explique, tout devient lumineux et joyeusement vécu.
Je en sais si 'est à cela que vous songiez.
J'ai un peu de mal à l'écrire simplement.
Si c'est rédigé en quelques lignes très courtes, alors, je ne le sens pas vécu, mais mental... et Dieu n'est pas contenu, bloqué dans le mental.
Avec mes bonnes salutations
Glycéra
(1) La version complète, pas la version résumée des années '30 où les plus beaux chapitres sont ratiboisés, hélas.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=645036