Le Forum Catholique
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Glycéra - 2012-09-16 15:40:38
Essai de préciser...
Si la tentation-pensée ne devient pas locution (1), elle est comme les renardeaux qui entrent dans la vigne. Point n'est besoin de se déranger pour les chasser, il suffit de les regarder, ou de les ignorer, et ils partent.
C'est ce qui se passe dans la méditation silencieuse, dans ce que les orientaux appellent "assise" où les pensées passent, où il n'est d'aucune importante que des pensées passent où que cela soit vide de pensées. Mais ici, nous sommes dans le cas de pensées qui nous ont accrochées le mental ou les sens par une petite épine, un petit crochet comme font les graines de bardane qu'on tire dans nos ourlets ou que les chiens rapportent dans leurs poils.
Si la tentation-pensée est devenue tentation-locution, et que notre moi-même se prend à désirer discuter avec elle, tout en ayant reconnu que ce n'est pas vraiment du bon... qu'il y a quelque chose de trafiqué, de "trop beau pour être vrai" dans la pensée qui arrive, on se retrouve coupé en deux "J'y cause ou j'y cause pas ? Qu'est-ce que ce truc va me donner ? Oui, je sais cela a l'air douteux, mais si je pouvais quand même en tirer profit, Dieu ne m'en voudrait pas ?".
Quand on a pris l'habitude, qu'on est habité par la revue de ce qui se passe en nous, qu'on a ouvert son coeur à qui peut nous guider à discerner les origines des pensées, des inspirations, alors, on a repéré aussi la faille par laquelle le diable y instille les idées. Cela nous révèle notre défaut, ce qui manque à notre château intérieur, à notre tour de garde : le point faible à travailler.
Travailler ? pour acquérir un habitus vaillant, veillant ?
Oui, exercer, y repenser, et faire l'exercice en visualisation pour la prochaine attaque, pour prendre à revers l'ennemi qui recommencera. Le Diables est paresseux, il rejoue les mêmes manoeuvres, si elles marchent bien, pourquoi se fatiguer.
L'hallucination n'est-elle pas une pensée qu'on a laissée entrer trop loin, parce qu'on a négligé de voir ce qui se passe, s'est déjà passé ? Le plus souvent, pon voit qu'il y a terrain propice, que cela ne s'est pas fait en un jour, par substances chimiques qui ont modifié notre physique et que le psychique s'y embrouille, ou bien parce que le psychique s'est laissé avachir, et n'a rien vu venir en lui.
On touche aussi au mystère des prises de possessions, qui sont si impressionnantes à qui les observent, et si déroutantes pour l'âme qui n'a pas voulu dire ou faire ce qu'elle se voit dire ou faire. Dieu ne permet pas cela sans que cela soit utile, à l'âme possédée qui avait besoin de cette lourde leçon, ou à celle qui a accepté de servir de terrain de leçon qu'un autre doit apprendre en voyant les actes d'un possédé. Là on rejoint la ruse sage du vieux moine qui fait une faute au chapitre, pour être repris par l'abbé, et qui observe alors, les jeunes fautifs rectifier tout de suite la conduite. Il s'est offert pour que les jeunes se remettent droit sans recevoir de blâme public.
Abandon de ces âmes aux mains de Dieu selon les besoins...
Il n'y a que les vieux signes pour connaître toutes les grimaces !
comme disait une grand'mère qui s'amusait de la mine dépitée des petits quand on devinait leur intentions de bêtises innocemment dévoilée.
Hallucination : en général, dans notre siècle ramolli, peu conscient de ses faits et gestes, elles sont dues au manque de soin du terrain.
Oui, la tentation est une épreuve permise pour nous conduire hors de l'inconscience, c'est une éducation. Celle de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, qui est le verso de l'arbre de la vie, n'échappe pas à ce fait : Adam et Eve (ou l'animus/anima, c'est à dire les deux parties intérieures de l'être humain) ont besoin de cela pour grandir, pour accéder à la conscience que Dieu leur propose pour atteindre le Ciel.
Sans être jamais tenté, sans é-preuve, où serait aux yeux de chacun, la preuve que sa récompense est juste ? Si l'homme n'a rien vaincu, pourquoi aurait-il le trophée ? Courons dans le stade pour remporter notre couronne.
La tentation n'est pas injuste.
Nous y avons droit.
Dieu garnit notre musette pour les provisions de la lutte.
Il nous surabonde.
Pourquoi perdons-nous, sinon par gaspillage des forces reçues ou par visée gauchie, en tirant à côté de la cible. Manquer la cible en hébreu et en grec = péché.
Adam et Eve sont les premiers.
Leur histoire doit nous avertir.
Mais nous tombons tous dans le panneau quand même.
Nous la rejouons de travers...
Sommes nous sots !
La décision précède l'acte.
Elle est plus facile à redresser que l'acte.
A nous de lutter contre l'ennemi à la phase la plus gérable de son attaque ! A nous aussi de savoir le combat que Dieu nous présente, et à demander son aide selon la phase où nous voyons être engagés. Dieu aime les enfants qui voient ce qui se passent et savent l'appeler pour lui raconter...
Du moins c'est ainsi que j'ai compris cette actualisation de la Genèse. Texte ancien, qui a plusieurs niveaux de lecture. A la fois social, historique et très très personnel au plus intime de chacun.
Avec mes bonnes salutations
Glycéra
(1)
locution, n'est-ce pas le nom qu'on donne à une parole non manifestée, restée intérieure. Elle peut-être de bonne origine expliquée ici - site famille St Joseph- ou de mauvaise, et c'est alors la pensée tentatrice qui a pris forme assez pour qu'on puisse rentrer en dialogue intime avec elle.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=645034