Les hommes "présentant des tendances homosexuelles fortement enracinées" interdits de sacerdoce.

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le torrentiel -  2012-09-12 19:05:08

Les hommes "présentant des tendances homosexuelles fortement enracinées" interdits de sacerdoce.

j'avais vu passer cette instruction au début du pontificat de benoît XVI et cela m'a profondément choqué. Pour quantité de raisons que je vais essayer de développer brièvement :


1. J'entends bien que le Sacrement de l'Ordre n'est pas un droit, mais on peut tout de même trouver caduques les normes du lévitique prescrivant que seul serait apte à la "sacrificature" un individu mâle bien formé, sous-entendu non taré.


Du temps où j'envisageais d'embrasser la vie sacerdotale, on m'a fait valoir qu'en tous les cas, il m'aurait fallu une dispense de rome du fait de ma cécité. Je ne peux m'empêcher de trouver cela indigne. J'aurais certainement fait un fort mauvais prêtre, donc l'Eglise n'a rien à regretter, mais il y a eu des prêtres aveugles d'un charisme extraordinaire, comme le Père Perrin, confident et accompagnateur spirituel de simonne weil, que mon frère a eu l'honneur de transporter dans sa voiture du temps où il habitait Marseille (comme notre ami M...).


2. J'ai l'impression que cette norme (de pourchasser les homosexuels du sacerdoce) est plutôt récente et, en toute objectivité, je ne peux m'empêcher de la rapprocher de deux autres prises de position papales: d'abord chronologiquement de l'annonce faite par benoît XVI et contemporaine de cette instruction, de la mise en place d'une commission devant s'interroger sur l'usage du préservatif pour savoir dans quelle mesure celui-ci n'entrait pas dans la traditionnelle doctrine du "moindre mal" de Saint thomas d'Aquin, conseillé à qui ne voudrait ou ne pourrait s'abstenir de pécher; ainsi que de l'exemple pris par le pape dans son dernier livre d'entretien, comme pouvant relever de l'usage du préservatif, de la prostitution masculine, qui n'est quand même pas le phénomène le plus commun, ni qui vient le plus spontanément à l'esprit de la plupart d'entre nous. Tout ça me donne l'impression désagréable et un peu malsaine que, pour reprendre les mots d'etienne, Benoît XVI a été "marqué par l'homosexualité", avec la nuance que fait Etienne qu'il ne s'agit pas de sous-entendre que le pape aurait des tendances homosexuelles cachées.


3. Mais surtout, "seul dieu sonde les reins et les coeurs." Il ne me semble pas qu'il appartienne à un directeur de séminaire de "poursuivre ses séminaristes jusque dans leur chambre" (même si c'est jusque dans la chambre de leur conscience) pour discerner s'il n'y aurait pas en eux, tapie dans l'ombre, une homosexualité dissimulée, occultée ou latente.


4. Mais surtout (et je sais que sur ce point, je peux choquer certains liseurs, âmes sensibles s'abstenir de lire ce paragraphe), on pourrait accepter sans maugréer une telle instruction si l'eglise était au clair avec l'identité sexuelle symbolique de la fonction sacerdotale ou, pour le dire plus directement, si elle n'émasculait pas cette fonction (je rappelle quand même que l'Eglise a longtemps toléré des castra pour être les chantres de sa chapelle sixtine et autres dépendances vaticanes). Lorsque j'affirme assez violemment que la fonction sacerdotale est émasculée, je veux dire que le prêtre est, tantôt présenté comme agissant "in persona Christi" (et c'est pourquoi il est un homme), tantôt comme représentant de l'Eglise, épouse du christ, ce qui fait de lui aussi une épouse. Donc il y a au moins un quart de son identité sexuelle (ma fraction est un peu arbitraire) qui est féminine. L'Eglise ne doit-elle pas clarifier cette situation ? Ne doit-elle pas affirmer clairement la masculinité du prêtre en ne confondant pas l'union mystique avec la fonction sacerdotale et, au risque de forcer le trait, en privant de la fonction sacerdotale des hommes qui seraient trop mystiques? N'est-ce pas là la part de vrai qui se cache derrière la stigmatisation des prêtres présentant "des tendances homosexuelles fortement enracinées"? N'y a-t-il pas une confuison qui doit être évitée entre le tempérament mystique et le caractère efféminé de celui en qui ce tempérament se manifeste? Je remarque que la plupart des mystiques ont dénoncé "les mauvais prêtres", comme s'il y avait rivalité entre ces deux manières d'être unis au christ, une rivalité qu'on peut d'une certaine façon ramener à la rivalité de la fonction prophétique et de la fonction sacerdotale. En christianisme, la majorité des mystiques est constituée de femmes. Comme si la prophétie s'était transférée de préférence à la gent féminine, non sans rappeler qu'il a toujours été fait mention de prophétesses dans la bible. Ce qui distingue radicalement la mystique et le prêtre (je fixe et varie volontairement le genre), c'est que la mystique doit avoir en elle "les sentiments du christ" alors que le prêtre doit refaire les Actes du christ; la mystique doit souffrir à la manière du christ et le prêtre assumer la virilité de l'oblation du christ; la mystique doit être sacrifiée comme le christ, et le prêtre doit renouveler sous forme non sanglante le Sacrifice du christ.

Je prie de bien vouloir m'excuser ceux que mon message a pu heurter.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=644696