Dieu nous plante sur terre, et désire que nous portions fruit.

Le Forum Catholique

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Glycéra -  2012-09-06 22:32:23

Dieu nous plante sur terre, et désire que nous portions fruit.



Oui, Dieu est jardinier.
La colonne vertébrale est notre arbre de vie.
Ses racines sont dans la terre.
Ses pieds y sont ancrés : par la "plante" des pieds.
Son chef est au Soleil qui en couronne la tête.

Il est souvent question de jardin :
" L'homme moissonne ce qu'il a semé."
" L'un sème et l'autre moissonne."
ou encore St François de Sales :
"Portez donc fruit dans le verger où Dieu vous a planté"



Dieu est jardinier...
C'est un de ses métiers, qu'Il accomplit (comme tout) avec un bonheur infini. Dieu a "la main verte" comme on dit des jardiniers. Comme Hildegarde de Bingen le chante : "O Viriditas" qu'on traduit par verdeur ou vigueur, à moins qu'un n'invente le "viridité" pour mieux rendre compte de cette énergie qui vient de la création et remplit ce qui croît dessus.

Pas un hasard que marie-Madeleine le prenne pour le jardinier...
Ni que cet épisode du 'Ne me touche pas" rappelle celui de "Elle toucha le fruit, le prit" d'Eve séduite, acceptant le Serpent.

Qui est ce Serpent ?
C'est l'Adversaire.
Ce n'est pas l'Ennemi, le Diable, le Démon de nos images naïves, justes, mais insuffisantes. C'est celui qui vient nous montrer notre face cachée, le verso de nos êtres, cette part d'ombre dont l'être humain a peur en lui-même, et qu'il n'ose aborder. AU recto, tout ce qui est droit, clair, facile, moral. Au verso, l'inconnu, l'inconscient, le tordu, ,'inadéquat.

Au recto, l'accompli, ce qui est fait, parfois parfait.
Au verso, l'inaccompli, le non encore mis en lumière, le pas encore par-fait.

L'homme est créé, en train de se faire, de devenir ce qu'il est, d'aller vers ce pour quoi il est créé. Après lui avoir soufflé dans les narines, pour le mettre en vie reliée à la vie divine, Dieu le place alors ans le jardin, pour qu'il devienne ce qu'il est, qu'il se révèle tout entier.

L'homme est capable de Dieu. L'homme va gagner ses galons. Il va combattre pour ce faire. Contre qui ?
Comment ce qui est encore inaccompli dans l'homme va-t-il prendre forme et place en lui ?
En combattant l'Adversaire, qui est à la fois cosmologique et intérieur à l'homme. L'adversaire est un être qui fait passer une épreuve, et Dieu l'a prévu pour réussir, pour mériter son succès par un "challenge" à gagner... Parce que Dieu aime et estime l'homme, fait à son image.



Voilà tout ce que j'ai compris de méditations qu'on trouve chez les orthodoxes des premiers siècles, ce que la douceur d'un St François de Sales explique aussi quand Il parle de la si amoureuse et délicate attention de Dieu pour le coeur de l'homme.


Le combat intérieur n'est pas entre le bien et le mal : l'homme choisit toujours ce qu'il pense être un bien. Il se trompe souvent de bien, il vise à côté de la cible claire de l'amour de Dieu, il rate la cible (en hébreu, en grec, le mot péché = manquer la cible) et manque son choix. Mais l'homme ne choisit pas le mal. Il le produit, il pose des actes nocifs, mais il est assez de Dieu en l'homme pour que ce ne soit pas le choix définitif, carré de Satan qui lui refuse le bien, car il refuse tout ce qui est de Dieu.

Il est simpliste de réduire notre vie religieuse, reliée à Dieu en un choix moral, de limiter la vie spirituelle aux 10 commandements (qui ne sont que la loi naturelle rappelée aux Juifs qui l'oubliaient); de tout trancher dans la question qui fit le péché de l'origine : est-ce bien, est-ce mal ?

L'épreuve est : tu mangeras de tous les arbres du jardin d'Eden, mais de celui de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangeras pas encore... Ce n'est pas encore l'heure. Adam oublie de surveiller Eve, Eve oublie d'aller demander à son chef ce qu'il pense d'un serpent qui parle, et "c'est la cata" !

En parallèle, nous avons, le "mon heure n'est pas encore venue" à Cana. Marie demande à Jésus de les sortir de l'épreuve, et éprouve la foi des serviteurs "faites tout ce qu'Il vous dira". Marie bouscule l'heure de Jésus, qui lui accorde (deux mêmes coeurs) par amour.


Mangeant trop tôt le fruit défendu, l'homme se sent mal. Il est brûlé par son acte. Ses yeux n'étaient pas encore capable de voir, comme ceux de la caverne de Platon, pas encore capables de sortir à la lumière... Ils ont loupé l'épreuve, et ont perdu le contac. ce n'est pas Dieu qui s'est éloigné d'eux, ce sont eux qui se cache.

Et Dieu pleure : Adam, où es-tu ?
Il répondra alors à Abraham qui cherche Dieu : Va vers ton pays, va vers ton toi-même, et je serais avec toi.

L'épreuve est là : aller au dedans de soi, et lâcher l'extérieur qui nous asservirait.

Alors, là est Dieu.
"Rentre au dedans de toi, et prie dans le secret.


Dieu savait comment l'homme est fait.
Dieu désirait de tout son coeur de père que l'homme réussit son épreuve.
AU bon moment, car la patience (l'art de supporter le temps, celui du monde, celui d'autrui, celui que Dieu a fixé) est le principal de l'épreuve qu'Il nous propose.



Je n'ai plus le temps de relire.
J'espère avoir su dire ce que j'ai entendu.

Cela m'a fait trop de bien pour que je le garde pour moi seule.

Avec mes respectueuses salutations
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=644239