Il faut passer du bon diagnostic à la bonne thérapie.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2012-07-29 09:04:54

Il faut passer du bon diagnostic à la bonne thérapie.

Bonjour et bon dimanche, Paterculus.

1. Oui au bon diagnostic : la crise actuelle a un fondement anthropologique, mais elle a aussi un fondement pneumatologique :

- l'élévation, au rang de norme collective, du rejet intentionnel et objectif du projet de Dieu, Père, Fils, Esprit, pour l'homme et sur l'homme, sous la conduite et en direction de Jésus-Christ, Incarné, Crucifié, Ressuscité, cela existe ;

- l'élévation, au rang de norme collective, du refus intentionnel et objectif de recevoir en soi les dons du Saint-Esprit, de la crainte de Dieu à la sagesse de Dieu, et de transmettre autour de soi les fruits du Saint-Esprit, cela existe aussi.

2. Or, pour qu'il soit plus connu et mieux compris, le diagnostic sur la maladie qu'est la soumission de l'individu contemporain à l'esprit du monde devrait pouvoir déboucher plus fréquemment sur la dénonciation, courageuse et dissensuelle, au sein même de l'Eglise catholique, de ce refus et de ce rejet qui en sont la cause.

3. Oui à la bonne thérapie : il est question d'un analphabétisme relatif aux fondements et aux contenus de la Foi ; par ailleurs, il est également question d'un recentrage, sinon d'une refondation, de la théologie catholique, et, dans ce cadre, d'une réactivation de la relation privilégiée entre la Foi et la raison, entre la philosophie et la théologie.

4. Dans cet ordre d'idées, je suggère, sans doute après d'autres, et sûrement moins bien qu'eux, qu'un abécédaire de la Foi catholique soit diffusé, au sein même, puis autour, de l'Eglise catholique, précisément pour remédier à cet analphabétisme.

5. Dans mon esprit, la doctrine de la Foi devant pouvoir marcher "sur ses deux jambes", la Foi et la raison, la philosophie et la théologie, il va de soi que cet abécédaire devrait comporter plusieurs notions, dont le fondement et le contenu chrétiens disent en quoi elles se distinguent de l'esprit du monde ET s'opposent à l'esprit du monde, tout en étant inspirées par l'Esprit, sans être des vues de l'esprit.

6. En d'autres termes, à mon sens, il n'y aura pas de remédiation à cet analphabétisme sans réactivation d'une "apologétique contrapositionnelle", au sein de laquelle la réaffirmation de la radicalité et de la spécificité des notions qui renvoient aux réalités

- qui sont en rapport avec la Foi catholique,

et

- qui sont contraires à l'esprit du monde,

mais

- qui ne sont pas contraires à la raison humaine,

devrait pouvoir remplir son rôle.

7. Il n'est que de lire, notamment et par exemple, le Vocabulaire de Saint Augustin, de Christian NADEAU, petit livre paru aux éditions Ellipses, pour connaître et comprendre à quel type d'abécédaire de la Foi catholique et d'apologétique contrapositionnelle je fais allusion.

8. Formulé autrement, cela revient à dire que, bientôt un demi-siècle après le début du Concile, il convient de sortir, si je puis m'exprimer ainsi, de la part de spontanéisme qui est présente dans l'expression "il suffit d'aimer", expression qui a souvent été réduite à sa dimension "existentielle - immanentiste", pour ne pas pas dire "sentimentale - transcendantale", dans le cadre de toute une catéchèse hémiplégique, qui a longtemps promu beaucoup plus l'accueil de l'amour humain que celui de la lumière vraiment divine, davantage la charité destinée aux hommes que la vérité provenant du seul vrai Dieu.

9. Aux antipodes de ce "il suffit d'aimer" Dieu et les hommes, comme si la connaissance et la compréhension de tout le reste (les fondements et contenus de la Foi, l'Espérance, la Charité) étaient données par surcroît, je suis tenté de dire, au contraire : il s'agit de connaître et de comprendre le Credo, le Notre Père, le Décalogue, les sacrements, et d'y adhérer, de tout son esprit et dans toute sa vie, pour aimer Dieu et les hommes, par Lui, avec Lui et en Lui, dans l'Eglise, et non sans elle.

10. Pour résumer et pour terminer, je dirai ceci :

- non au spontanéisme qui maintient dans l'ignorance, et qui laisse (ou rend ?) les catholiques plus ou moins influençables

et

- oui à un organicisme bien conçu et bien compris, au service de la connaissance et de la compréhension de la Foi catholique.

Bon dimanche et à bientôt.

Scrutator.
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