Le Forum Catholique
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Luc Perrin - 2012-07-06 10:29:40
quelques remarques
1) Jean XXIII avait demandé, pour le Concile mais il est clos depuis 1965, pas de condamnation nouvelle, précisant bien que les erreurs déjà condamnées étaient - pensait-il à l'époque toujours en 1962 - dans touts les têtes ou presque.
C'est loin d'être le cas aujourd'hui, très loin même au point que des données basiques du catéchisme sont inconnues ou contestées. Relisez Gaudet Mater Ecclesia, le texte est empreint d'un optimisme irréel même halluciné spécialement vers la fin mais justement Mgr di Noia après bien d'autres revient sur ce caractère. Le texte contient toutefois une masse de données assez et même très traditionnelles, la nouveauté se concentrant dans quelques petits morceaux de phrase qu'on cite toujours.
Les papes depuis ont bien pointé nombre d'erreurs et dès Vatican II puisque Paul VI en 1965 dans Mysterium fidei rejette 2 formulations alternatives à la transsubstantiation comme fausses.
2) oui les papes post-conciliaires accordent trop de place à l'efficacité supposée du lexical/verbal. Rédiger un document n'implique pas une mise en oeuvre réelle et sérieuse : c'est évident pour Dominus Iesus largement boycottée dans les faits et même au niveau de la Curie (cf. Assise et diverses déclarations).
Les mots sans les actes restent vides et sans grande efficacité, on le voit tous les jours.
3) "Quant à la FSSPX c'est un sujet un peu secondire dans le drame de l'Eglise contemporaine " (Aigle)
Je ne l'ai jamais pensé et aucun pape non plus d'ailleurs de Paul VI à Benoît XVI. Vous recopiez là un argument (erroné) cher à bien des évêques et l'establishment catholique.
Évidement en termes comptables, vous avez raison mais l'enjeu d'un problème ne se limite pas au nombre de personnes directement concernées en un temps X.
La question traditionaliste est, à mon sens, au centre de la crise de l'Église (je ne dis pas seule), aucunement une marge. Mon maître E. Poulat a dévolu une très grosse partie de son activité de chercheur à creuser en tous sens la question moderniste, ce groupe étant au départ minuscule, bien plus modeste que l'actuelle FSSPX.
Et pourtant les ramifications et les conséquences furent énormes et se voient encore en 2012 ô combien. Pie X et les autres papes avaient-ils raison de s'alarmer du modernisme ? Bien évidemment.
Le rapport à la Modernité, intransigeance/néo-intransigeance ou catholicisme néo-libéral/néo-moderniste, ce ne sont pas des détails marginaux.
Chacun, derrière le discours superficiel et ripoliné que vous reproduisez là (vous n'y avez pas vu malice j'en suis sûr) et qui n'a qu'un but : masquer les enjeux, le sait très, très bien :
- pourquoi sinon tant de hargne depuis si longtemps à l'égard du traditionalisme s'il est une donnée insignifiante ?
- pourquoi avoir freiné autant que possible et encore depuis 2007 l'accès à la Forme extraordinaire ?
- pourquoi le "rupturisme" est-il la "praxis" et l'enseignement le plus répandu de facto derrière le vernis du Magistère romain dans nos diocèses, paroisses, universités "catholiques" et séminaires ?
- pourquoi le Saint-Père ne parvient-il pas à réformer la Forme ordinaire au point d'y renoncer en nommant Mgr Roche après l'étape de Mgr di Noia ?
- pourquoi ce tumulte à la plenaria de la CDF du 16 mai 2012 ? Lors même que des opinions très bizarres sont régulièrement exprimées dans l'espace germanique ou en Amérique du Nord y compris par des membres de la hiérarchie parfois sans entraîner un tel tumulte ... rappelez-vous les Dominicains hollandais diffusant un texte hérétique et tenu comme tel par Rome sans vergogne et point sanctionnés du tout.
- pourquoi cette révision précipitée du Préambule pour faire échouer la démarche de réconciliation ?
- pourquoi la protestation publique du cardinal Koch ?
- pourquoi dans un sens plus optimiste, toute cette énergie déployée sous Jean-Paul II d'abord, sous Benoît XVI ensuite et encore la nomination toute fraîche de Mgr di Noia pour tenter de sauver ce qui peut encore l'être ?
Ne vous laissez pas abuser par cet "élément de language" commode, l'enjeu est de taille et les adversaires sans faille du traditionalisme le savent parfaitement ... eux.
Ils ne se battent pas avec tant de pugnacité depuis tant d'années contre des moulins à vent ou des mirages. Même s'ils voient dans le traditionalisme un "mirage", ils jugent que s'y engager serait néfaste pour l'Église : on n'est pas dans l'accessoire en tout état de cause.
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