assez évident cher Ion

Le Forum Catholique

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Luc Perrin -  2012-06-21 13:24:44

assez évident cher Ion

parce que dans l'Église catholique, apostolique et romaine, un évêque n'est pas pape en son diocèse. Ce n'est pas un tyran irresponsable qui peut réécrire le droit canon en fonction de ses humeurs.

Votre suggestion ecclésiologique va même au-delà du gallicanisme : vous supposez des Églises locales autocéphales, un peu à la manière de ce qui s'est passé chez les Orthodoxes.

Voici la référence au C.I.C. et il y a le texte du rituel liturgique ; le serment de fidélité figure comme requête impérative dans la bulle de nomination de chaque évêque.

"Can. 380 - Avant la prise de possession canonique de son office, celui qui est promu émettra sa profession de foi et prêtera serment de fidélité au Siège Apostolique selon la formule approuvée par celui-ci."

Il s'agit donc d'un serment et de promesses solennelles et publiques faites pendant la liturgie de la consécration épiscopale.
Voici le texte dans la Forme ordinaire :

"Voulez-vous garder dans sa pureté et son intégrité le dépôt de la foi, selon la tradition reçue des Apôtres ?

Oui, je le veux.

Voulez-vous travailler à la construction du corps du Christ, qui est l’Église, et demeurer dans son unité, avec tout l’ordre des évêques, sous l’autorité du successeur de Pierre ?

Oui, je le veux."


Au demeurant, le motu proprio de 2007 donne une marge d'appréciation, non quant au principe comme dans votre hypothèse mais sur les conditions locales pratiques (ex. pénurie de prêtres etc.). Pour bien assurer ce qui prime et doit primer dans l'esprit de l'évêque, à savoir le bien spirituel des fidèles, ici demandeurs de la Forme extraordinaire, le texte législatif pontifical prévoit de faire appel à la C.E.D. pour surmonter ces difficultés. L'instruction Universae ecclesiae a précisé plusieurs dispositions pratiques de la loi.

L'évêque, comme chaque baptisé d'ailleurs, peut bien sûr avoir une évaluation critique de la loi et communiquer son voeu de la voir modifiée ou abrogée par écrit auprès des dicastères compétents voire du Saint-Père lui-même, par ex. à l'occasion de la visite ad limina mais aussi en dehors. Plusieurs évêques français avaient usé dans au moins 2 provinces de ce droit en 2006, dont celui qui était alors mon Ordinaire, en interpellant publiquement le pape Benoît XVI à propos de la Messe traditionnelle romaine dont ils ne voulaient pas de la reconnaissance du droit à l'accès au sein de l'Église latine.
Récemment un évêque italien important a mis dans un livre son désaccord avec le motu proprio Summorum Pontificum.

Par ailleurs vous soulevez le cas de l'abus de pouvoir de la part du pape, à partir d'un cas où Rome - d'abord implicitement Jean-Paul II en 1984 puis plus nettement encore Benoît XVI en 2007 - a reconnu qu'il y avait eu abus de pouvoir. Mgr Lefebvre comme Mgr de Castro Mayer d'ailleurs qui ne fut jamais contesté pour cela ni par Paul VI ni par Jean-Paul II étaient donc dans le cadre de la loi sur ce point très précis. Le P. Congar op dès 1976 reconnaissait sans le formuler ainsi l'abus de pouvoir dans la tentative d'interdire rigoureusement le V.O.M.
Vous savez, comme moi, que le conflit ne portait pas prioritairement sur la Messe mais sur plusieurs point de nature doctrinalo-pastorale.

Rome et Mgr Fellay discutent d'un Préambule doctrinal si vous suivez l'actualité comme nous tous.

ps. je retrouve bien là votre tempérament facétieux mais la question de la responsabilité de l'évêque est réelle, je vous l'accorde volontiers ; dans le cas que vous soulevez, je crois qu'on peut répondre plus facilement que pour d'autres.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=637346