Distinction entre la tentative et la tentation moderniste.
Le Forum Catholique
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Scrutator Sapientiæ - 2012-06-18 23:46:37
Distinction entre la tentative et la tentation moderniste.
Bonsoir jejomau,
1. Je prends ici appui sur la composante "doctrinale", notamment philosophique, théologique, exégétique, du modernisme de la fin du XIX° siècle et du début du XX° siècle.
2. Il me semble que c'est une chose d'essayer de s'approprier très prudemment une partie des fondements et des contenus des sciences humaines contemporaines,
- pour mieux les comprendre elles-mêmes,
- pour mieux comprendre ses contemporains,
- pour mieux se comprendre soi-même,
- pour mieux se faire comprendre par ses contemporains,
d'un point de vue catholique pleinement inspiré par le surnaturel, pleinement orienté par le théologal, notamment quand on met en avant et en valeur, y compris à l'attention de non catholiques,
- le Père, le Fils, le Saint-Esprit,
- la Trinité, l'Incarnation, la Rédemption,
- l'Evangile et l'Eucharistie,
- la Foi, l'Espérance, la Charité,
- l'Ecriture, la Tradition, le Magistère, etc...
3. Et il me semble que c'est une tout autre chose d'essayer de s'approprier imprudemment une partie des fondamentaux et des catégories des sciences humaines contemporaines,
- au point de commencer à les apprécier pour elles-mêmes, comme si elle n'avaient aucune limite et que des mérites, car ce sont des sciences humaines "modernes",
- au risque de commencer à apprécier, chez ses contemporains, non seulement les personnes, mais aussi les principes et les pratiques, car ce sont des principes et pratiques "modernes",
- au point de commencer à s'apprécier soi-même, non avant tout parce que l'on serait de plus en plus ouvert sur Jésus-Christ, mais avant tout parce que l'on est de plus en plus ouvert, d'une manière "constructive", sur l'homme et le monde "modernes",
- au risque de commencer à vouloir se faire apprécier par ses contemporains, non avant tout en tant que catholique fidèle à Jésus-Christ, mais avant tout en tant que catholique ayant confiance, d'une manière "positive", en l'homme et dans le monde "modernes",
d'un point de vue catholique non pleinement inspiré par le surnaturel, ni pleinement orienté par le théologal, notamment quand on met en arrière ou quand on passe sous silence, y compris en présence de catholiques, des pans entiers de la Foi catholique et des moeurs chrétiennes, dans l'espoir de plaire ou dans la crainte de déplaire.
4. J'ai bien conscience du fait que ma formulation est par trop schématique, mais j'ai essayé, en quelques mots, de montrer quels peuvent être les ressorts d'un passage, tentateur,
- d'une tentative de compréhension, la plus objective et réaliste possible, des hommes et du monde contemporains, des idées et des actes contemporains, de leurs limites et de leurs mérites respectifs,
- à une tentation, celle d'apprécier, sans discernement, sans limites ni nuances, sans prudence ni réserve, les méthodes et les systèmes contemporains, les principes éthiques et les pratiques morales contemporains, tout en édulcorant ou en euphémisant le christianisme catholique,
a) sous le prétexte selon lequel ses méthodes, systèmes, principes, pratiques, sont a priori légitimes, puisqu'ils sont "modernes",
b) comme si cette appréciation irréfléchie et cette atténuation du christianisme constituaient, en quelque sorte, "le prix à payer", pour pouvoir faire apprécier le christianisme, et se faire apprécier soi-même, par l'homme et le monde "modernes".
Bonne nuit et à bientôt.
Scrutator.
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