Pas "contradiction" mais "éclairage"+Quelques remarques.
Le Forum Catholique
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Scrutator Sapientiæ - 2012-06-03 21:19:33
Pas "contradiction" mais "éclairage"+Quelques remarques.
Bonsoir et merci, Paterculus.
Ce qui a retenu mon attention, c'est le fait que le discours du 25 avril 2005 apporte davantage d'éclairages que de contradictions, quand on le met en relation avec le discours du 22 décembre 2005.
A partir de là, je prends appui sur votre propos :
1. " Entre le discours ad intra et le discours ad extra, la présentation doit nécessairement changer. " : oui, dès lors qu'il y a bien présentation, pas nécessairement dans les mêmes termes humains, mais des mêmes réalités divines.
Je me trompe sans doute, mais il me semble qu'il arrive qu'il y ait, sinon une contradiction, du moins un décalage, entre ce que le dialogue est et ce qu'il devrait pouvoir être (au service de l'annonce)
- compte tenu de ce que l'Eglise prend bien soin de dire, quand elle confesse la Foi ad intra,
mais aussi
- compte tenu de ce que l'Eglise prend grand soin de taire, quand elle dialogue ad extra.
Donc, je suis d'accord avec vous, quand vous écrivez : " Entre le discours ad intra et le discours ad extra, la présentation doit nécessairement changer. ", mais j'ajoute aussitôt : encore faut-il qu'il y ait présentation, y compris ad extra.
2. " Quand on parle à des catholiques, on peut supposer leur accord avec le magistère de l'Eglise, on doit donc éclairer celui-ci. "
Je suis d'accord, et je ne "développe" pas.
3. " Quand on dialogue avec des chrétiens, on s'adapte à chaque communauté pour partir des points qui nous sont communs et montrer que la position catholique est en harmonie avec ces points communs. "
A juste titre ou non, je suis des plus "réservé" : le dialogue oecuménique honnête et loyal doit-il conduire avant tout ou seulement à DIRE les points de convergence et à TAIRE les points de divergence, au moyen d'une auto-censure magistérielle, dans une optique de diplomatie inter-confessionnelle, qui ne contrarie personne, car elle ne contredit rien ? J'espère que non.
4. " Quand on dialogue avec des non-chrétiens les points communs sont ténus et on doit recourir davantage à la philosophie. "
A raison ou à tort, je me permets
a) de transposer, dans le cadre du dialogue interreligieux, la même "réserve" que celle que j'ai mentionnée ci-dessus, à propos du dialogue oecuménique ;
b) de vous poser la question suivante : quand vous dites : "Quand on dialogue avec des non-chrétiens (...) on doit recourir davantage à la philosophie", précisément, à votre avis, de quelle philosophie s'agit-il ?
5. Pour moi, c'est le problème de fond : quel est le fondement philosophique du dialogue interreligieux ? Quelle est la philosophie, et notamment la philosophie du phénomène religieux, ou des valeurs véhiculées par les religions, qui sous-tend la théologie du dialogue inter-religieux ? Cette philosophie fondatrice du dialogue inter-religieux est-elle d'inspiration réaliste ou d'inspiration idéaliste ? Se présente-t-elle, en quelque sorte, sous la forme d'une "axiomatique" ou sous celle d'une "herméneutique" ?
Quelle conception "philosophico-théologique" de la religion, en général, des religions, en particulier, a présidé, et semble présider encore, au dialogue interreligieux ? Pour moi, c'est toute la question.
Je vous remercie pour votre message, qui m'a donné l'occasion de clarifier ma position, et je vous souhaite une bonne fin de dimanche et une bonne semaine.
Scrutator.
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