Les addicts conscients et désolés de l'être,
Le Forum Catholique
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le torrentiel - 2012-06-01 19:51:19
Les addicts conscients et désolés de l'être,
Chère Glycéra, bien que vous ne vous soyez pas adressée à moi, mais...
Saint-Paul en était probablement un, le célèbre passage sur son "écharde dans la chair" supporte cette interprétation.
Par trois fois, il a supplié le seigneur de lui arracher cette écharde et trois fois, le Seigneur a refusé d'exhaucer sa prière en lui répondant:
"Ma grâce te suffit", ce qui peut s'interpréter de deux manières :
"Ma Grâce te suffit à vivre avec ton écharde, ou : ma grâce te suffit pour arracher ton écharde ou pour la combattre.
Voulant faire un mot, j'ai un jour écrit:
Il faut scrupuleusement veiller à ne pas arracher l'écharde de sa chair.
C'était un mot. A vrai dire, je crois que le problème est de trouver la bonne distance entre la désolation d'avoir tel défaut, vice, habitude, tendance ou maladie, et l'idolâtrie de son écharde.
L'idolâtrie est sans doute le plus grand péché contre le créateur dénoncé par dieu le Père par la voix des prophètes.
L'idolâtrie ne se situe pas au niveau de l'addiction, mot que je trouve très mal formé, très malencontreusement british, mais au niveau d'une imperméabilité au changement, à l'angoisse d'être meilleur, à la volonté de guérir.
Cette volonté qui est le commencement de la guérison, l'addict ne l'a pas, et ses thérapeutes ne peuvent lui en donner le déclic.
La tragédie de l'addictologie, c'est qu'elle n'existe pas. Le médicastre addictologue dit à peu près ceci à son malade:
"Renonce à ton "objet transitionnel" (comme aurait dit Lacan), et, si tu devais continuer d'en être obsédé, au moins il ne te nuira plus. Cela revient à dire que le seul médicament pour l'addict, c'est de ne plus être malade.
Or le problème du renoncement, c'est de ne pas devenir une privation.
On est dans la quadrature du cercle, dont Saint-Paul a très bien dessiné les contours.
Et on est aussi à la croisée d'une autre question :
Si "la Grâce" de Dieu est suffisante, peut-être pour combattre, en tout cas pour faire abstraction et pour oublier l'écharde dans la chair, comment conjuguer cela avec l'appel de dieu à devenir parfaits comme Lui-même est parfait.
Etant entendu qu'allez savoir pourquoi, chacun s'accorde à condamner le perfectionnisme comme un péché, et le scrupule comme un obstacle au combat spirituel.
La seule solution que j'entrevois à ce problème est que la perfection à laquelle Dieu nous appelle est ébréchée, comme le Coeur de dieu est blessé.
Mais c'est une solution qui ne conviendrait guère aux athlètes pour qui être parfait, c'est arriver le premier, et Saint-Paul se définissait aussi comme un athlète, tandis que le Christ disait que "les premiers seront les derniers", mais c'était dans un autre contexte.
Dans le lien marial qui m'unit à vous
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