Ambiguité des origines+Aveuglement face aux conséquences.
Le Forum Catholique
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Scrutator Sapientiæ - 2012-05-31 22:52:25
Ambiguité des origines+Aveuglement face aux conséquences.
Bonsoir et merci beaucoup à jejomau.
1. Ambiguité des origines + Aveuglement face aux conséquences : c'est ce que j'ai voulu dire, et en ce sens il n'y a pas d'incompatibilité entre l'ambiguité d'un principe et l'aveuglement d'un pontife, face à une assez grande partie des effets de la mise en pratique de ce principe.
2. Vous écrivez à juste titre ce qui suit : " Le problème qui se trouve en filigrane et derrière celui qui est posé par le Saint-Père ici est de savoir si les textes eux-mêmes (textes conciliaires) n'ont pas été écrits de telle sorte qu'EN SOI, ils seraient susceptibles d'ambiguités... Là est toute la question. "
D'après certains chroniqueurs ou historiens du Concile (Wiltgen, Alberigo) Paul VI lui-même aurait pris conscience, au cours de la troisième session du Concile, pendant l'automne 1964,
- ou bien du caractère intentionnellement ambigu de certaines formulations,
- ou bien du caractère intentionnellement ambigu de certaines explications qui en étaient données ou exploitations qui en étaient faites, explications et exploitations d'inspiration "progressiste rupturiste" avant la lettre.
C'est cette prise de conscience tardive qui expliquerait ce que l'on a appelé "la semaine noire" du 14 au 21 novembre 1964.
3. Vous écrivez également ceci : " Ainsi je pencherai pour un aveuglement du Saint-Père. Quand il relève ici, avec une certaine surprise, que le Concile puisse être interprété d'une manière REVOLUTIONNAIRE et non sous l'angle de la NOUVEAUTE AU SEIN DE LA TRADITON , on sent l'étonnement. "
Vous avez évidemment raison, mais c'est la persistance de cet aveuglement et de cet étonnement qui est étonnante, surtout début juillet 1969, presque un an après la publication de l'encyclique Humanae Vitae, dont les répercussions auraient tout de même dû finir d'ouvrir les yeux de Paul VI...
4. A cet aveuglement, à cet étonnement, je ne peux m'empêcher d'ajouter un autre trait de caractère : l'entêtement. Je suis en effet convaincu que Paul VI a compris assez vite qu'il était en train d'échouer, de manquer son affaire ; en disant cela, je ne juge pas la personne ni le pontife, mais le déroulement du pontificat, surtout, évidemment, à partir de 1966-1967.
5. Or, c'est à lui, et à personne d'autre, qu'il appartenait d'aller, et de faire aller l'Eglise, en direction d'un ralentissement de la mise en oeuvre des textes du Concile, compte tenu des premières dissidences "progressistes" et des premières "résistances" intégristes".
6. Au lieu de cela,
- non seulement il a laissé l'Eglise aller en direction d'une accélération et d'une amplification des réformes post-conciliaires, comme s'il avait voulu passer en force, ou en tout cas créer une irréversibilité qui aurait, en elle-même, légitimé toute l'entreprise,
- mais en outre, il a refusé la sanction aux uns, ce qui les a encouragé à persévérer dans leur "progressisme", et il a refusé le soutien aux autres, ce qui les a encouragé à s'organiser dans leur "intégrisme".
Je vous souhaite une bonne nuit, et je vous remercie, encore une fois, pour ces échanges éclairants et stimulants.
Scrutator.
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