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« Nous vivons nous aussi dans une vie nouvelle » (Rm 6, 4). Il en est ainsi dans toute la tradition du christianisme, en marche vers sa perfection. Il reprend sans cesse l'idée de nouveauté, quand il parle de conversion, de réforme, d'ascèse, de perfection. Le christianisme est comme un arbre toujours au printemps, avec de nouvelles fleurs, de nouveaux fruits; sa conception est dynamique, à la vitalité inépuisable, dans la beauté.
Voici comment le Concile s'est présenté exactement. Deux termes l'ont défini: renouvellement (cf. Lumen gentium, 8, à la fin; Optatam totius, introd.) et « aggiornamento ». Cette dernière expression, que le Pape Jean XXIII a lancée, est entrée désormais dans le langage courant, et pas seulement en Italie (cf. AAS 1963, p. 750); ce sont deux termes qui parlent de nouveauté, l'un par référence plutôt au domaine intérieur, spirituel; l'autre, à l'aspect extérieur, canonique, institutionnel.
L'Eglise n'est pas vieille.... Elle ne craint pas la nouveauté, elle en vit. Comme un arbre aux racines fécondes, elle tire de chaque époque historique un nouveau printemps.
Certains ont observé que la nouveauté n'apporte pas toujours du progrès
l'examen des nouveautés Nous oblige à Nous demander si tous les phénomènes nouveaux post-conciliaires sont bons.
Est-ce que le nouveau nous porte aujourd'hui à un christianisme vraiment meilleur? Quels critères peuvent nous aider à juger de la valeur de ce qui est nouveau dans l'Eglise?
La question de la nouveauté dans la vie catholique est extrêmement complexe. Limitons-Nous à une seule remarque, qui est la suivante: la nouveauté ne peut se produire dans l'Eglise par une rupture avec la tradition.
La mentalité révolutionnaire est parfois entrée dans la mentalité de beaucoup de chrétiens, de bons chrétiens.
« Le renouveau de la vie religieuse comprend le continuel retour aux sources », enseigne le Concile (Perfectae caritatis, 2) et ce qui vaut pour les religieux vaut pour tout le peuple de Dieu. Qui le remplace par sa propre expérience spirituelle, le sentiment de la foi subjective, l'interprétation personnelle de la Parole de Dieu produit certainement une nouveauté, mais aussi une ruine.