Merci: Un rappel clair de l'utilité du latin par le père Levavasseur
Le Forum Catholique
Imprimer le Fil Complet
Jéhu - 2012-05-16 19:46:38
Merci: Un rappel clair de l'utilité du latin par le père Levavasseur
Ou le père Stercky, je ne sais pas : pages 30 et 31 du célèbre Manuel de liturgie et cérémonial selon le rit romain.
[Je n'ai réussi à utiliser aucun des hébergeurs d'images proposés, car ils ne supportent que peu de mégaoctets, et l'image que je voulais mettre, tirée d'un fichier pdf, pèse 19 Mo. Ca n'a marché sur aucun site, et j'en ai essayé pas mal... Personne n'a une autre idée ? En attendant, je l'ai tapé, c'était tout compte fait assez rapide. Je vous remercie tous de vos conseils !
]
ARTICLE IV
La langue liturgique
31. – Le latin, langue liturgique obligatoire.
1. Nous désignons sous le nom de langue liturgique, la langue officiellement employée dans la liturgie romaine, celle dans laquelle sont écrits les livres liturgiques : Missel, Bréviaire, Rituel et Pontifical, et dans laquelle sont célébrés les Offices liturgiques.
2. Dans toutes les Eglises qui suivent la liturgie romaine, le latin est la langue liturgique obligatoire, à l’exclusion des langues vulgaires.
3. Il y a obligation pour le Prêtre de célébrer dans cette langue, la Messe[1] et tous les autres offices liturgiques : récitation du Bréviaire, administration des sacrements et des sacramentaux.
32. – Raisons de conserver le latin comme langue liturgique (I).
1. Tous les hérétiques, protestants, jansénistes, vieux-catholiques ont reproché à l’Eglise l’emploi dans la célébration de la liturgie d’une langue qui n’est plus comprise par les fidèles, et par là même, de priver ceux-ci de la consolation d’unir leurs voix et leur prière à celle de l’Eglise.
2. – Malgré ces reproches, auxquels des catholiques mal éclairés ont parfois fait écho, malgré l’inconvénient réel signalé pour les fidèles, le Saint-Siège s’est toujours opposé avec force à toute tentative de substituer les langues vulgaires à la langue latine dans la liturgie romaine. De cette conduite pleine de sagesse de l’Eglise, on peut alléguer les raisons suivantes :
1° Le souci de l’unité dogmatique. L’Eglise, dépositaire des vérités de la foi, tient par-dessus tout à l’intégrité de ses dogmes. Or, l’emploi exclusif du latin, dans sa liturgie, est pour elle un moyen des plus efficaces de prévenir des erreurs auxquelles les traductions, sans cesse renouvelées, auraient pu donner lieu.
2° Le souci de la stabilité. Le langage du peuple se modifie perpétuellement et profondément. Célébrer les Offices dans la langue vulgaire, c’eût été condamner le texte liturgique, qui doit rester immuable, à de continuels remaniements et à des variations sans fin.
3° Le souci de la tradition. L’Eglise a le culte de la Tradition. « Elle trouve qu’il est grand et beau que nous priions comme ont prié nos pères, avec les mêmes formules, les mêmes rites, la même langue[2]. »
3. – Ces avantages de première importance compensent largement l’inconvénient d’ailleurs réel que présente pour les fidèles l’usage exclusif d’une langue qu’ils ne comprennent pas. L’Eglise, d’autre part, chercher à y remédier autant que possible, en faisant à ses Ministres, une obligation d’expliquer souvent au peuple le sens des formules et des rites de la sainte liturgie : explications sans lesquelles les formules liturgiques, même traduites en langue vulgaire, resteraient lettre morte pour le plus grand nombre. Ajoutons enfin que, de nos jours, les fidèles ont à leur disposition des traductions autorisées qui leur permettent de comprendre les formules du culte, et de s’unir ainsi d’esprit à la grande prière publique de l’Eglise.
___________________
(I) Cf. Dom Guéranger, Institutions liturgiques, t. III, p. 52-86 ; Dict. de Théol. Cath., Langues liturgiques, par L. Godefroy, col. 2580 – col. 2591
1 Codex, can. 819
2 L. Godefroy, loc. cit., col. 2590
On pourrait commenter et s'imprégner de chaque phrase, elles sont toutes ciselées, concises, d'une grande clarté et d'une grande romanité.
Il faut se rappeler qu'à l'époque (fin XIX° pour Levavasseur), le vernaculaire n'était pas encore à la mode... Il arrive plutôt au temps de Stercky (1935, pour cette édition). Ils avaient malgré tout les idées plus nettes qu'aujourd'hui !
Jbbourgoin note ceci;
Je remarque d'ailleurs que vous ne soulignez pas l'une des phrases les plus importantes de ce texte :
"Même si une traduction peut seulement se rapprocher de l'élégance et de la concision des anciennes oraisons latines avec leur rythme de prose et leurs figures rhétoriques, le nouveau "Roman Missal", à la différence de son prédécesseur, ouvre fidèlement et intégralement le trésor de la tradition liturgique latine à l’Église dans le monde anglophone."
Mais le texte que je donne contredit (par anticipation) les vues de Lang ;
2° Le souci de la stabilité. Le langage du peuple se modifie perpétuellement et profondément. Célébrer les Offices dans la langue vulgaire, c’eût été condamner le texte liturgique, qui doit rester immuable, à de continuels remaniements et à des variations sans fin.
Et oui ! Une traduction se doit de changer... Elle peut être belle à un moment, mais elle changera... Pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué ?
Je me limiterai à ce seul commentaire, qui me semble révélateur de la différence de mentalité entre le début du XX°, chez les auteurs "conservateurs", et le début du XXI°, avec le même type d'auteurs "conservateurs". Quelque chose s'est perdu en route...
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=633336