Pardon horizontal, amour horizontal?
Le Forum Catholique
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le torrentiel - 2012-05-02 12:57:56
Pardon horizontal, amour horizontal?
Chère glycéra,
Vous rejoignez, quoiqu'en termes plus profonds et plus compréhensibles, la thèse de Lyta basset dans son livre:
"MOI, JE NE JUGE PERSONNE".
Bon, mais s'il s'agit d'abord de se pardonner à soi-même (aussi) pour être réceptif au pardon de Dieu, n'y a-t-il pas un corrolaire dans l'amour de soi pour aimer dieu?
Je m'explique: de même qu'il faudrait se pardonner à soi-même pour pouvoir recevoir le pardon de dieu, il faudrait commencer par s'aimer soi-même pour pouvoir aimer Dieu.
Je crois cela, mais on prétend que c'est de l'amour horizontal, on a beaucop fustigé cet manière d'aimer Dieu comme de l'amour-propre, comme de l'amour partant de soi, alors qu'à bien y regarder, il n'y a pas d'amour de soi qui ne parte justement de dieu, ni qui ne soit un don de Dieu.
On n'a fait plus que de le fustiger: les anciens catéchismes nous expliquaient que nous vivions "pour aimer dieu et pour le servir", ce qui est vrai; mais on en inférait qu'il fallait commencer par là, en faisant fi de nous, comme d'une présence hors-sol et des "créatures" comme des parenthèses intermédiaires entre le Créateur et nous. On nous aenseigné qu'il fallait nous désaimer jusqu'au "mépris de soi", à moins qu'on arrive à me prouver qu'il y a un lien paradoxal entre l'amour et le mépris, les contraires s'attirant toujours potentiellement.
Et, si nous voulons aimer Dieu de façon désincarnée sans commencer par nous aimer nous-mêmes, même si nous aimer nous-mêmes n'est pas la fin, mais le moyen, il est impossible que nous sachions bien aimer dieu. Nous L'aimerons dans un transfert, un peu comme on pourrait aimer ce qu'en psychanalyse, on appelle "l'idéal du moi", qu'on se désole de ne pouvoir atteindre.
Dieu nous a demandé de nous aimer les uns les autres "comme Il nous a aimés, Il nous a demandé d'aimer notre prochain "comme nous-mêmes. Etant dieu, Il ne pouvait pas nous demander de L'aimer comme nous nous aimons, il nous faut évidemment L'aimer beaucoup plus, mais on ne peut L'aimer qu'à condition de nous connaître et de Le reconnaître en nous, de naître à Lui en nous, d'enfanter en nous le Verbe incarné comme nous devons naître de l'eau et de l'esprit, naître de Lui, mais cela ne peut se faire à l'extérieur de la demeure que nous habitons. Les psys diraient sans doute que ça nepeut se faire en dehors d'un certain narcissisme.
Selon vous, est-ce une vision horizontaliste?
Evidemment, les autres liseurs ne sont pas "de trop" dans la discussion.
Bien amicalement
Le torrentiel
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