Pépites pascales de Benoît XVI (*)
Le Forum Catholique
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origenius - 2012-04-23 11:04:53
Pépites pascales de Benoît XVI (*)
A Pâques, au matin du premier jour de la semaine, Dieu a dit de nouveau :
"Que la lumière soit !".
Auparavant il y avait eu la nuit du Mont des Oliviers, l’éclipse solaire de la passion et de la mort de Jésus, la nuit du sépulcre. Mais désormais c’est de nouveau le premier jour : la création recommence entièrement nouvelle.
"Que la lumière soit !", dit Dieu, "et la lumière fut".
Jésus se lève du tombeau. La vie est plus forte que la mort. Le bien est plus fort que le mal. L’amour est plus fort que la haine. La vérité est plus forte que le mensonge. L’obscurité des jours passés est dissipée au moment où Jésus ressuscite du tombeau et devient, lui-même, pure lumière de Dieu. Ceci, toutefois, ne se réfère pas seulement à lui ni à l’obscurité de ces jours. Avec la résurrection de Jésus, la lumière elle-même est créée de façon nouvelle. Il nous attire tous derrière lui dans la nouvelle vie de la résurrection et vainc toute forme d’obscurité. Il est le nouveau jour de Dieu, qui vaut pour nous tous.
(Homélie de la veillée pascale)
"Surrexit Christus, spes mea" - "Le Christ, mon espérance, est ressuscité".
Que parvienne à vous tous la voix joyeuse de l’Église, par les paroles que l’ancien hymne met sur les lèvres de Marie Madeleine, la première à rencontrer Jésus ressuscité le matin de Pâques. Elle courut chez les autres disciples et, le cœur tout battant, elle leur annonça : "J’ai vu le Seigneur !" (Jn 20, 18). Nous aussi, qui avons traversé le désert du Carême et les jours douloureux de la Passion, faisons place aujourd’hui au cri de victoire :
"Il est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !".
Tout chrétien revit l’expérience de Marie de Magdala. C’est une rencontre qui change la vie : la rencontre avec un Homme unique, qui nous fait expérimenter toute la bonté et la vérité de Dieu, qui nous nous libère du mal, non pas d’une manière superficielle, momentanée, mais il nous en libère radicalement, nous guérit de tout et nous restitue notre dignité. Voici pourquoi Madeleine appelle Jésus "mon espérance" : car c’est Lui qui l’a fait renaître, lui a donné un nouvel avenir, une existence bonne, libérée du mal. "Le Christ, mon espérance" signifie que tout mon désir de bien trouve en Lui une possibilité réelle : avec Lui, je peux espérer que ma vie sera bonne, et qu’elle sera pleine, éternelle, car c’est Dieu même qui s’est fait proche jusqu’à entrer dans notre humanité.
(Message urbi et orbi)
Dans tous les Évangiles, les femmes occupent une place importante dans les récits des apparitions de Jésus ressuscité, comme du reste également dans celles de la passion et de la mort de Jésus. À cette époque, en Israël, le témoignage des femmes n’avait aucune valeur officielle ni juridique, mais les femmes ont vécu une expérience de lien particulier avec le Seigneur, qui est fondamental pour la vie concrète de la communauté chrétienne, et cela toujours, à toute époque, pas seulement au début du chemin de l’Église.
Le modèle sublime et exemplaire de cette relation avec Jésus, de façon particulière dans son Mystère pascal, est naturellement Marie, la Mère du Seigneur. C’est précisément à travers l’expérience transformante de la Pâque de son Fils, que la Vierge Marie devient également Mère de l’Église, c’est-à-dire de chacun des croyants et de leur communauté tout entière.
(Regina Caeli, lundi de Pâques)
Ce que rapporte l’Evangile est très important, à savoir le fait que lors de ses deux apparitions aux Apôtres réunis au Cénacle Jésus les a salués en disant plusieurs fois "la Paix soit avec vous !"(Jn 20,19.21.26). Cette formule traditionnelle, par laquelle on souhaite "shalom", la paix, prend ici un nouvel aspect : elle devient le don de cette paix que seul Jésus peut donner, car fruit de sa victoire radicale sur le mal. La "paix" que Jésus offre à ses amis est le fruit de l’amour de Dieu qui l’a conduit à mourir sur la croix, à verser tout son sang, tel un Agneau humble et docile, "plein de grâce et de vérité" (Jn 1,14).
Voilà pourquoi le bienheureux Jean-Paul II a voulu consacrer ce dimanche après Pâques à la Miséricorde divine, avec une icône bien précise : celle du côté transpercé du Christ, d’où jaillirent sang et eau, selon le témoignage oculaire de l’apôtre Jean (cf. Jn 19, 34-37). Mais Jésus est désormais ressuscité, et de Lui vivant jaillissent les Sacrements de Pâques, le Baptême et l’Eucharistie : qui s’en approche avec foi reçoit le don de la vie éternelle.
(Regina Caeli, 15 avril)
(*) Le titre est celui choisi par Yves Daoudal dans son Hebdo n°168.
Les expressions soulignées en gras sont de l'auteur. Idem pour les mots en italique. Seule la mise en paragraphe est légèrement différente du texte original.
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