Une question sur les droits de l'erreur et de la vérité
Le Forum Catholique
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Aigle - 2012-04-21 09:17:25
Une question sur les droits de l'erreur et de la vérité
Bonjour à tous et veuillez pardonner mon ignorance mais je suis préoccupé par la question des "droits" reconnus (ou non) à l'erreur ou à la vérité dans la foi catholique - c'est important car il s'agit me semble-t-il d'un point du débat doctrinal entre "tradis" et "conciliaires" (avec toutes les reserves que cette classification sommaire appelle).
Donc, on estime souvent dans le tradiland que l'erreur n'a point de droit - alors que la vérité en a. Dès lors, la reconnaissance de la liberté religieuse par DH pose problème.
Je ne veux pas rouvrir ce débat qui a accupé des dizanes de pages de notre forum mais ma formation de juriste et non de théologien ne me permet pas de comprendre clairement ce dont il s'agit. j'en suis désolé.
En effet, pour un juriste, un "droit" est une faculté garantie par la loi à un sujet de droit (qui ne peut être qu'une personne physique ou moral) qui peut le faire valoir devant un tribunal. Par exemple en ces jours le "droit de vote" ou le droit au mariage. Mais le vote ou le mariage ne sont pas des droits pour eux-mêmes. Notons qu'un droit n'est pas nécessairement absolu mais peut intégrer des conditions (d'âge, de résidence) voire se limiter en fait à une demande subordonnée à l'accord d'une autre personne (ex du mariage)ou d'une autorité (cas du divorce).
Le contraire d'un droit est une obligation (ex: le service militaire en droit public, une dette en droit civile). Très souvent d'ailleurs un droit est lié à une obligation (c'est la base de la théorie des contrats).
Dans cette logique, le juriste dira (comme DH) que l'homme a le droit de demander le baptème, de choisir sa foi, ...voire de renier sa Foi.
Mais on ne peut dire que le "baptème" à des droits ni que le "mariage" à des droits - ni la Foi. Il s'agit là de procédures juridiques, religieuses ou morales (ou tout cela ensemble) qui ne peuvent supporter par elles-mêmes ni droit ni obligation. Celui qui a des droits et des obligations c'est la baptisé ou l'époux (pour suivre mes exemples).
autres métaphores : le conducteur a des droits - la conduite automobile n'en a pas...le malade a des droits - la maladie n'en a pas...le footballeur a des droits - le football n'en a pas...On n'imagine pas "le football" se présenter devant un juge pour réclamer quoi que ce soit (et on voit mal quoi d'ailleurs : des stades ?).
Dès lors comment envisager que la théologie traditionnelle (et le magistère) aient pu parler jadis des droits de la vérité - et de l'absence de droits de l'erreur. Quelle est la construction théologique qui justifie ce vocabulaire ?
Merci d'avance pour vos explications.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=630795