le Concile Vatican II vu sous la Lumière de la Foi

Le Forum Catholique

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jejomau -  2012-04-14 16:11:17

le Concile Vatican II vu sous la Lumière de la Foi

par les Dominicains de la Fraternité Saint-Vincent Ferrier

La porte de la foi

A l'occasion du cinquantième anniversaire du concile Vatican II, leSaint-Père nous exhorte à entrer par « La Porte de la Foi » (Lettreapostolique Porta fidei). Pendant toute « l'Année de la foi » (oct. 2012 - nov. 2013), nous sommes invités à approfondir la doctrine catholique.

L'objectif fixé au concile par le bienheureux Jean XXIII dans lediscours inaugural était précisément: «transmettre dans son intégrité, sans l'affaiblir ni l'altérer, la doctrine catholique; [...] que cette doctrine certaine et immuable, qui doit être respectée fidèlement, soit approfondie et présentée de la façon qui répond aux exigences de notre époque. » Cinquante ans après ces paroles, qu'en est-il? La louange confuse de « l'événement conciliaire », la diffusion de nombre d'idées fausses sous l'étiquette d'« esprit du Concile », la grave crise dans laquelle est entrée l'Eglise, est-ce tout ce qui reste du Concile? Non.

Comme le soulignaient dès 1966 Jean Madiran et l'abbé Berto, ce quidoit rester du Concile, ce sont les Actes promulgués.Ces textes doivent être reçus selon la doctrine catholique de l'assentiment au Magistère, rappelée par Lumen gentium, n° 25. Sansmaximalisme : Vatican II n'est pas -« un super-dogme », comme lerêvent des progressistes. Sans minimalisme : Vatican II n'est pas unconcile non magistériel (c'est-à-dire un non-concile...), comme l'imaginent des traditionalistes. Le Discours du Saint-Père du 22 décembre 2005 sur l'herméneutique de réforme dans la continuité, pourrait ouvrir la voie à une lecture non idéologique des Actes (lecture relevant de l'intelligence éclairée par la foi) et dépassionnée (c'est le Magistère qui parle, non un parti qui s'exprime). Des théologiens comme l'Abbé Lucien ont entrepris de soutenir cette démarche. Son étude sur « L'autorité magistérielle de Vatican II » (Sedes Sapientioe, n° 119) aidera à dégager les degrés d'adhésion ou de docilité (éventuellement respectueusement critique) que requièrent les enseignements directs du Concile et les considérants qui les étayent dans les divers textes; et préparerapeut-être la voie à des clarifications opportunes.
En tous cas, les Actes promulgués de Vatican II ne contiennent pas d'hérésies ou d'erreurs formelles. Dans ses premières années d'existence, notre communauté a cru qu'il y avait une opposition radicale entre la déclaration conciliaire Dignitatis humanae et des doctrines déjà infailliblement enseignées par l'Eglise. Après des recherches approfondies dans les documents de la Tradition, comme dans les Acta synodalia contenant les discussions qui eurent lieu pendant le concile, nous avons reconnu notre erreur en 1987. Dans notre famille de pensée, le père Brian Harrison, le père Basile Valuet, l'abbé Bernard Lucien, ont aussi reconnu la compatibilité essentielle entre Vatican II et la Tradition, malgré des imprécisionsdans les formulations et des déficiences dans les considérants.

Les acteurs du Concile n'ont sans doute pas été exempts de naïveté. S'abstenir de condamner les erreurs n'a pas été, semble-t-il, une attitude prudente pastoralement, car la foi se nourrit de vérité et dépérit dans l'équivoque. « S'ouvrir au monde ", en pensant que le monde allait aussitôt s'ouvrir au Christ, n'était-ce pas sous-estimer les aspects antichrétiens du monde moderne? Négliger l'importance des problèmes de continuité, n'était-ce pas diminuer la crédibilité de l'Eglise?

Quoi qu'il en soit, il s'agit maintenant, à l'appel de Benoît XVI, de renouveler notre Foi fondée sur l'Ecriture et la Tradition, dont le Magistère est l'interprète autorisé. Il s'agit de nous mettre à étudier sérieusement le contenu objectif de la foi. Nous pourrions lire durant cette année un grand texte d'un Père de l'Eglise, étudier un catéchisme comme celui du Concile de Trente (ou de saint Pie X), ou bien le Catéchisme de l'Eglise catholique (ou son Abrégé) ; et faire oraison à partir de ces textes. Car la pénétration de la Tradition, « la perception des choses et desparoles transmises s'accroît par la contemplation et l'étude des croyants qui les méditent en leur coeur" (Dei Verbum, n° 8).

La foi doit aussi être mise en pratique sous peine de périr. Vivons selon les principes de notre foi et non selon les principes du monde. Ne pactisons pas avec l'esprit du sécularisme, du relativisme, de l'hédonisme, qui imprègnent les mentalitésoccidentales actuelles. Cherchons à transmettre notre foi, aux enfants, aux jeunes, à tous ceux que nous pouvons atteindre. « La foi s'affermit lorsqu'on la donne ! » (Jean-Paul II, Redemptoris missio, n° 2). Saint Pierre d'Alcantara, répondant à un seigneur qui lui disait: « Tout va mal! », disait: « Faites-vous un coeur bon, ce sera déjà une partie du monde qui ira bien. » La crise actuelle nedoit pas nous surprendre. Le Christ, dans l'Evangile, nous a prévenus : « Le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? » (Luc 18, 8).

La Sainte Vierge, à Fatima, a aussi annoncé des « temps de désorientation diabolique », Elle a donné comme dernier recours le Saint Rosaire et la dévotion à son Coeur immaculé. Appuyons-nous sur ces remèdes, sur ces armes invincibles. « A la fin, mon Coeur immaculé triomphera »


Fr. Dominique-Marie de Saint Laumer, prieur


Billet "Nouvelles de la Fraternité Saint-Vincent Ferrier" ( Printemps- Eté 2012 )

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