Principe d'émanence et soixantisme : deux chapitres de Gaudium et Spes.

Le Forum Catholique

Imprimer le Fil Complet

Scrutator Sapientiæ -  2012-02-20 14:10:45

Principe d'émanence et soixantisme : deux chapitres de Gaudium et Spes.

Bonjour et merci à Lux,

Très rapidement, voici, après analyse, la ligne de pensée, en filigrane, qui est objectivement constatable, et non arbitrairement attribuable,


A. au coeur du chapitre de Gaudium et Spes consacré à la civilisation des hommes ("L'essor de la culture") :

dans l'ensemble, pour les auteurs de ce chapitre II de la deuxième partie de GS,

1. la civilisation des hommes est humanisatrice,

2. or l'humanisation est préchristianisante,

3. et ce qui est préchristianisant a vocation à être sanctificateur,

4. donc, il faut et il suffit presque de réunir les conditions culturelles et morales, matérielles et sociales, de civilisation des hommes,

5. et il en émanera alors un changement des conduites, une sanctification, le vitalement humain étant virtuellement chrétien, et le virtuellement chrétien étant moins confessionnel et officiel, mais plus existentiel et effectif, que le formellement chrétien.


B. au sein du chapitre de Gaudium et Spes consacré à l'organisation de la cité ("La vie de la communauté politique") :

dans l'ensemble, pour les auteurs de ce chapitre IV de la deuxième partie de GS,

1. l'organisation de la cité est humanisatrice,

2. or l'humanisation est autonomisante,

3. et ce qui est autonomisant est destiné à être unificateur,

4. donc, il faut et il suffit presque de réunir les conditions que sont les catégories juridiques et les comportements politiques,

5. et il en émanera alors un changement des conduites, une résolution des antinomies, une synthèse humaine plus christianisable qu'une logique de chrétienté institutionnelle.


J'ai intitulé le fondement de cette dialectique un principe d'émanence,

- d'une part, pour faire signe en direction de la méthode d'immanence blondélienne,

- d'autre part, parce que ce principe d'émanence repose lui-même sur une combinaison, une coopération, entre une logique d'émanation et une méthode d'immanence.


Dans le chapitre concerné, GS ne nous parle pas avant tout de l'essor de la culture, dans la société, mais de la civilisation, en tant que processus d'humanisation, ce qui n'est pas tout à fait similaire.

Dans le chapitre désigné, GS ne nous parle pas avant tout de la vie, de l'agir concret des êtres concrets, à l'intérieur de la communauté politique, mais de l'organisation, idéalisée, de la communauté politique, ce qui n'est pas tout à fait synonyme.


Je vois dans ces deux chapitres de GS deux exemples de soixantisme ; or, on n'a pas plus de vertu intellectuelle, quand on prend ses désirs pour des réalités, ou quand on prend ses souhaits, même légitimes, dans l'absolu, pour autant de constatations de dynamiques virtuellement en devenir.

Je ne dis pas qu'il n'y a que cela, dans ces deux chapitres de GS, mais il y a aussi cela, pour ne pas dire qu'il y a surtout ces reflets, ces traces, d'un climat mental adossé à une période précise, au cours de laquelle, soyons honnêtes et lucides, bien des hommes d'Eglise et bien des hommes d'Etat ont rêvé tout éveillés.

Mais a-t-on le droit de rêver tout éveillé, quand on a charge d'âmes, ou quand on a la charge d'une cité ?


Bon après-midi et à bientôt, mais aussi bravo et merci en direction de l'auteur du blog vers lequel votre lien nous a renvoyés.

Scrutator.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=625549