Le Forum Catholique
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Vianney - 2012-02-19 12:56:17
“Du pape seul”
Sauf qu’en termes de “magistère ordinaire” tout ce qui a été produit, ce sont des discours politiques du pape seul, prononcés dans le cadre de relations diplomatiques... dont l’objet direct n’est évidemment pas d’exposer la doctrine catholique, et dont le degré d’autorité est infime.
Là, excusez-moi, cher Meneau, mais vous rêvez : pratiquement tous les évêques du monde entier en font au moins autant que le pape, quand ils n’invoquent pas carrément les droits de l’homme de 1789. Et pas seulement dans le domaine diplomatique... à moins que pour vous, cela relève exclusivement de la diplomatie de discuter des termes d’un concordat, ou de la place de l’enseignement religieux dans les écoles ! Du reste, le très officiel CEC, qui n’a évidemment rien de politique ni de diplomatique, s’aligne largement sur la déclaration Dignitatis Humanæ et sur les autres documents de Vatican II (et c’est normal de leur point de vue, de même qu’il est normal que le catéchisme du concile de Trente reflète les décisions magistérielles de ce dernier). Si ces déclarations n’étaient pas contredites par l’enseignement antérieur depuis les apôtres, on pourrait certainement parler de magistère ordinaire de l’Église au sens de Vatican I, et elles ne poseraient aucun problème fondamental aujourd’hui.
Rien à voir donc avec le dogme de l’Assomption.
Et pourquoi donc ? Le droit public de l’Église relève au moins autant de la doctrine catholique que l’Assomption de la Vierge Marie. Quand le pape et les évêques du monde entier enseignent publiquement une thèse comme découlant de la Révélation, ils exercent leur magistère ordinaire. Pie XII explique même, avec toutes les précisions souhaitables, qu’ils n’ont nullement besoin de l’enseigner : il suffit de constater leur accord public sur la thèse en question.
Naturellement, cet accord n’apparaît pas toujours aussi clairement aux yeux des fidèles que lorsqu’il s’agit d’un enseignement ex cathedra, et c’est ce qui justifie le recours à ce dernier. Dans son encylique Mortalium animos, Pie XI montre bien les rôles respectifs de l’un et de l’autre :
En effet, le magistère de l’Église – lequel, suivant le plan divin, a été établi ici-bas pour que les vérités révélées subsistent perpétuellement intactes et qu’elles soient transmises facilement et sûrement à la connaissance des hommes - s’exerce chaque jour par le Pontife Romain et par les évêques en communion avec lui ; mais en outre, toutes les fois qu'il s’impose de résister plus efficacement aux erreurs et aux attaques des hérétiques ou d’imprimer dans l’esprit des fidèles des vérités expliquées avec plus de clarté et de précision, ce magistère comporte le devoir de procéder opportunément à des définitions en formes et termes solennels.
V.
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