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Le Forum Catholique

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Marco Antonio -  2012-02-16 23:18:47

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Vous ne pouvez vous appuyer sur cette "relatio" de Mgr De Smedt. A ma connaissance, elle n'est pas datée du 19 novembre 1965, mais du 19 novembre 1964. Le schéma sur la liberté religieuse était encore en discussion dans l'aula conciliaire, et justement ce point était fortement contesté, en particulier par un certain Mgr Wojtyla et d'autres évêques polonais qui voyaient là la porte ouverte pour les régimes communistes à restreindre la liberté de l'Eglise au nom d'un prétendu "ordre public" issu d'une idéologie corrompue. (intervention le 20 Septembre 1965 dans l'aula).

Mais je peux me tromper sur les dates et confondre les interventions de Mgr de Smedt dans la mesure où il a été le rapporteur officiel du schéma pendant toute la longue période de sa discussion. Avez-vous des références exactes ?




1. Acta, vol. IV, pars VI, p. 722.

2. Quant à Wojtyla si au temps de Vatican II il voulait défendre la doctrine catholique je ne sais pas (j’en doute fortement), ce qui est certain c’est qu’il n’a pas fait cela après son élection à la papauté. Pour lui la Déclaration universelle des Droits de l'Homme reste une étape fondamentale sur la voie du progrès moral de l’humanité :


“This document is a milestone on the long and difficult path of the human race. The progress of humanity must be measured not only by the progress of science and technology, which shows man's uniqueness with regard to nature, but also and chiefly by the primacy given to spiritual values and by the progress of moral life” (Discours à l'Assemblée générale des Nations Unies, 2 octobre 1979).


Et il a dit encore que:

« … la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, [qui] demeure l'une des expressions les plus hautes de la conscience humaine en notre temps ». (Discours à la cinquantième Assemblée générale de l’Oganisation des Nations Unies, 5 octobre 1995).



Je pense que Benoît XVI n'ignore pas ce qui a été écrit dans la réponse aux Dubia, dans la mesure où elle a été rédigée par la CDF, et en grande partie par le Cal. Ratzinger qui en était le président à l'époque.



3. Bien sûr, cependant il faut comprendre si les Dubia sont en contradiction avec le Magistère de Benoît XVI. Ce Magistère est très clair et il contredit la doctrine catholique, car il promeut une liberté religieuse qui n'est pas catholique (et qui, en effet, est clairement anti-chrétienne) telle que celle des Etats-Unis :

« Lors de la rencontre avec le Président dans sa résidence, j'ai eu l'occasion de rendre hommage à ce grand pays, qui dès les origines a été édifié sur la base d'une heureuse conjugaison entre principes religieux, éthiques et politiques, et qui constitue encore à présent un exemple valable de saine laïcité, où la dimension religieuse, dans la diversité de ses expressions, est non seulement tolérée, mais valorisée comme "âme" de la nation et garantie fondamentale des droits et des devoirs de l'homme » (Benoît XVI, Audience générale, Rome, 30 avril 2008).


Dans ce discours, Benoît XVI vient juste de parler de divers cas où la liberté religieuse des catholiques est menacée (enseignement sexuel, attentats en Orient, loi contre le blasphème au Pakistan, situation de l'Eglise en Chine, laïcisme, droit à l'objection de conscience). Il vient également de mettre en avant "la fécondité des oeuvres de l'Eglise catholique" en diverses matières sociales.



4. Il importe peu, si en même temps il promeut la liberté religieuse pour les infidèles et les hérétiques et leurs communautés.



Dans ce contexte, il écrit :
La promotion d’une pleine liberté religieuse des communautés catholiques est aussi le but que recherche le Saint-Siège quand il conclut des Concordats ou autres Accords.

Et un peu plus loin :
Devant cet illustre auditoire, je voudrais enfin redire avec force que la religion ne constitue pas pour la société un problème, qu’elle n’est pas un facteur de trouble ou de conflit. Je voudrais répéter que l’Eglise ne recherche pas de privilèges, ni ne veut intervenir dans des domaines étrangers à sa mission, mais simplement exercer celle-ci avec liberté.


Il milite donc évidemment pour la liberté de l'Eglise catholique. Et le contexte éclaire bien qu'il favorise la religion catholique par rapport aux autres religions.



5. Mais s’il milite exclusivement pour la liberté de l’Eglise catholique, comment peut-il soutenir la liberté religieuse des Nations Unies ?

Ce que vous ne voulez pas comprendre c’est que avec et après DH le pluralisme (des opinions, des idées et des religions) est conçu comme une valeur, une chose très positive et digne de respecte :

« Je viens en tant qu'ami et annonciateur de l'Evangile, comme une personne qui respecte profondément cette vaste société pluraliste » (Discours à la Maison Blanche, 16 avril 2008).

Le reste est conséquence.


De plus, le degré d'autorité d'un tel discours n'a rien à voir avec celui d'une déclaration comme DH.



a) Mais si les doctrines (de ces discours et de DH) sont compatibles pourquoi se poser le problème du degré d’autorité et peut-être celui de la non-infaillibilité des premiers ?
b) Le Magistère quotidien d’un Pape et des évêques unis à lui est infaillible.

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