Non, Monsieur...

Le Forum Catholique

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Marco Antonio -  2012-02-13 21:20:04

Non, Monsieur...


On doit vous croire sur parole ?



Non, Monsieur, vous ne devez pas croire à moi, mais au magistère quotidien de Benoît XVI et des évêques unis à lui.


Et d'ailleurs, en êtes-vous si sûr ? Voici quelques extraits des réponses aux Dubia sur la liberté religieuse.

Le principe de tolérance implique que l'Etat a le droit et le devoir de réprimer le mal en lequel consiste la diffusion de l'erreur religieuse, mais qu'il peut et parfois doit renoncer à exercer ce droit pour obtenir un bien supérieur et plus vaste. Or ce droit ne lui est pas reconnu par la Déclaration conciliaire. Cependant il n'y a pas incompatibilité entre ces affirmations, cas selon Pie XII la tolérance est justifiée par l'intérêt d'un bien supérieur. Or l'idée du Concile est que la dignité de toute personne humaine et la paix sociale soient toujours des biens qui exigent que l'Etat ne réprime pas l'erreur religieuse quand celle-ci ne s'oppose pas au bon ordre social (qui inclut la moralité publique).


Q : qu'est-ce que la moralité publique dans un Etat catholique ?



Mgr De Smedt, dans le rapport au Concile du 19 novembre 1965, a déjà clairement dit que :

« Cette partie du bien commun est nommée, des nos jours, « ordre public », dans le droit civil contemporain et dans plusieurs constitutions publiques. Pour que notre document puisse être compris par le monde moderne, il doit utiliser le terme technique tel qu’il est employé aujourd’hui dans la société. A quoi servirait-il d’appeler la chose dont il s’agit ‘bien commun’ si ce terme n’est pas employé en ce sens dans le droit civil actuel? Cela soulèverait une immense confusion ».

En accord avec ça il a été donnée aussi une notion de moralité publique subjective et sujette à l'évolution.


Vous prétentez par ailleurs que DH et le Magistère n'envisagent pas de distinction Etat catholique + loi catholique, Etat non catholique + loi naturelle, et pourtant :

Bien que la Déclaration "non intendit exponere applicatione particulares principiorum, praesertim si quaestiones complexas secum ferunt" (Acta Synodalia), il est certain, par exemple, que la liberté religieuse n'exclut pas que l'Etat interdise le divorce, la polygamie, etc., y compris à ceux auxquels leur religion le permet, sans que cela suppose l'interdiction des autres manifestations externes de cette religion qui ne sont pas contraires au bon ordre public.
(...)
Il convient d'observer que, selon DH, le régime commun de liberté religieuse est compatible avec la liberté de l'Eglise et constitue un minimum nécessaire. Mais ce minimum n'est pas le seul possible, ni, dans certaines circonstances, le plus souhaitable. Là où cela est possible, on aboutira à la situation considérée dans DH 6c, dans laquelle la liberté de l'Eglise est en harmonie avec le droit civil de la liberté religieuse, mais donne lieu à un statut juridique plus avantageux pour la mission de l'Eglise (par exemple quand l'Etat renonce à intervenir unilatéralement dans les cas de coméptence mixte.



Monsieur, vous devez en informer Benoît XVI, car il n'est pas du même avis.
Par example, il a recemment dit que “La Chiesa non cerca privilegi, né vuole intervenire in ambiti estranei alla sua missione, ma semplicemente esercitare questa missione con libertà” (traduction : «L'Église ne cherche pas des privilèges, ni d'intervenir dans des domaines non liés à sa mission, mais simplement exercer cette mission avec la liberté ») et il a ensuite demandé : “Come negare il contributo delle grandi religioni del mondo allo sviluppo della civiltà?” (« Comment pouvons-nous nier la contribution des grandes religions du monde dans le développement de la civilisation? ») et encore il a souhaité “Che nessuna società umana si privi volontariamente dell’apporto fondamentale che costituiscono le persone e le comunità religiose!” (« Qu’aucune société humaine ne se prive pas volontairement de la contribution essentielle qui constituent les personnes et les communautés religieuses ! »). Benoît XVI aux membres du Corps Diplomatique accrédité près le Saint-Siège (10/01/2011).
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