L'acharnement thérapeutique et les limites de son discernement
Le Forum Catholique
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le torrentiel - 2012-02-08 01:03:30
L'acharnement thérapeutique et les limites de son discernement
Mon père allait en dialyse tous les jours, avait tout le bas du corps paralysé, ne s'alimentait plus, était atteint de ce que les médecins appelaient un "syndrome de glissement", ne voyait plus d'issue à ce qui, de fait, n'était plus une vie.
Un jour, au cours de la dialyse, il a fait un arrêt cardiaque. Les médecins l'ont réanimé.
Nous fûmes convoqués, et je leur demandai s'ils n'avaient pas l'impression d'avoir fait de l'acharnement thérapeutique, puisque le corps semblait avoir prononcé son verdict.
Le médecin me répondit:
"C'est possible, mais nous avons le devoir de faire le geste qui sauve et, quand il n'y a pas une minute à perdre, nous n'avons pas le temps de réfléchir."
Le problème, c'est que ce qui l'attendait était d'être amputé. On parlait d'une jambe, finalement, les médecins ont pu ne l'amputer que de trois orteils.
Lorsqu'il s'est agi de cette amputation, désemparé, j'ai téléphoné au médecin chef et lui ai dit:
"vous vous rendez compte que la dernière image qu'il va emporter avec lui sera celle d'un corps amputé?"
"Oui, mais il risque de faire une sceptisémie."
"si vous n'aviez pas pratiqué d'acharnement thérapeutique..."
"Je vous croyais plus mesuré."
Nous avions tous les deux raisons, le médecin et moi, mais nous ne disposions pas du même temps pour raisonner.
Donc oui, la frontière est parfois difficile à saisir; et quelquefois, le malade voudrait arrêter les soins, mais a peur de mourir. Ce fut le cas de mon père, qui nous convoqua pour en parler.
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