Philosophie contemporaine : un conseil de lecture.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2012-02-01 21:53:02

Philosophie contemporaine : un conseil de lecture.

Bonsoir et merci, Jean Ferrand,

Je "rebondis" au contact de votre dernière phrase : "Je ne parle pas de la philosophie actuelle. Existe-elle ?"

Je vous conseille la lecture de cette ouvrage :

Philosophie contemporaine, de Roger POUIVET, aux éditions des PUF, collection Licence, série Philo.

"Ce livre est un manuel de survie dans la jungle de la philosophie contemporaine".

Je demeure convaincu, pour ma part, que si, au Concile, on avait eu une architecture intellectuelle plus substantialiste, ou en tout cas distinguant davantage

- entre la substance de l'être, y compris de l'être de l'Eglise

- et les accidents (conjoncturels, historiques) du devenir, y compris du devenir du monde,

on aurait moins confondu espérance et optimisme, comme on l'a confondu, d'une manière "particulièrement caractéristique", et parfois même contradictoire, dans Gaudium et Spes.

I.

n° 7 : "Les conditions nouvelles affectent enfin la vie religieuse elle-même. D’une part, l’essor de L’ESPRIT CRITIQUE la purifie d’une conception magique du monde et des survivances superstitieuses, et exige une adhésion de plus en plus personnelle et active à la foi, nombreux sont ainsi ceux qui parviennent à un sens plus vivant de Dieu. D’autre part, des multitudes sans cesse plus denses s’éloignent en pratique de la religion. Refuser Dieu ou la religion, ne pas s’en soucier, n’est plus, comme en d’autres temps, un fait exceptionnel, lot de quelques individus : aujourd’hui en effet on présente volontiers un tel comportement comme une exigence du progrès scientifique ou de quelque nouvel humanisme. En de nombreuses régions, cette négation ou cette indifférence ne s’expriment pas seulement au niveau philosophique ; elles affectent aussi, et très largement, la littérature, l’art, l’interprétation des sciences humaines et de l’histoire, la législation elle-même : d’où le désarroi d’un grand nombre."

n° 19 : "Certes, ceux qui délibérément s’efforcent d’éliminer Dieu de leur cœur et d’écarter les problèmes religieux, en ne suivant pas le « dictamen » de leur conscience, ne sont pas exempts de faute. Mais les croyants eux-mêmes portent souvent à cet égard une certaine responsabilité. Car l’athéisme, considéré dans son ensemble, ne trouve pas son origine en lui-même ; il la trouve en diverses causes, parmi lesquelles il faut compter UNE REACTION CRITIQUE en face des religions et spécialement, en certaines régions, en face de la religion chrétienne. C’est pourquoi, dans cette genèse de l’athéisme, les croyants peuvent avoir une part qui n’est pas mince, dans la mesure où, par la négligence dans l’éducation de leur foi, par des présentations trompeuses de la doctrine et aussi par des défaillances de leur vie religieuse, morale et sociale, on peut dire d’eux qu’ils voilent l’authentique visage de Dieu et de la religion plus qu’ils ne le révèlent."

II.

n° 7 : "Les conditions nouvelles affectent enfin la vie religieuse elle-même. D’une part, l’essor de l’esprit critique la purifie d’une conception magique du monde et des survivances superstitieuses, et exige une adhésion de plus en plus personnelle et active à la foi, nombreux sont ainsi ceux qui parviennent à un sens plus vivant de Dieu. D’autre part, des multitudes sans cesse plus denses s’éloignent en pratique de la religion. Refuser Dieu ou la religion, ne pas s’en soucier, n’est plus, comme en d’autres temps, un fait exceptionnel, lot de quelques individus : aujourd’hui en effet on présente volontiers un tel comportement comme une exigence du progrès scientifique ou de quelque NOUVEL HUMANISME. En de nombreuses régions, cette négation ou cette indifférence ne s’expriment pas seulement au niveau philosophique ; elles affectent aussi, et très largement, la littérature, l’art, l’interprétation des sciences humaines et de l’histoire, la législation elle-même : d’où le désarroi d’un grand nombre."

n° 55 : "À quelque groupe ou nation qu’ils appartiennent, le nombre des hommes et des femmes qui prennent conscience d’être les artisans et les promoteurs de la culture de leur communauté croît sans cesse. Dans le monde entier progresse de plus en plus le sens de l’autonomie comme de la responsabilité ; ce qui, sans aucun doute, est de la plus haute importance pour la maturité spirituelle et morale du genre humain. On s’en aperçoit mieux encore si on ne perd pas de vue l’unification de l’univers et la mission qui nous est impartie de construire un monde meilleur dans la vérité et la justice. Nous sommes donc les témoins de la naissance d’un NOUVEL HUMANISME ; l’homme s’y définit avant tout par la responsabilité qu’il assume envers ses frères et devant l’histoire."

Que voulez-vous, quand on est,

- non "substantialiste", attaché avant tout à la compréhension de la substance de ce dont on parle,

- mais "évolutiviste", pour ne pas employer une expression sans doute plus connotée, mais peut-être moins exacte,

on finit par prendre ce que l'on croit pouvoir constater pour ce que l'on croit devoir souhaiter, ou par attribuer aux changements et mouvements en cours une signification et une téléologie, globalement compatibles avec le sens "humaniste" qu'ils se donnent eux-mêmes, ou que l'on croit pouvoir leur donner.

Je vous remercie pour votre message, et je vous souhaite une bonne soirée.

Scrutator.
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