Grâce à vous, j'ai découvert ce que nous sommes à leurs yeux.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2012-02-01 21:08:12

Grâce à vous, j'ai découvert ce que nous sommes à leurs yeux.

Bonsoir et merci à Rex Vaincra,

Voici :

Le retour de l’obscurantisme, 19 janvier 2012, Par CCBF

" L’obscurantisme que l’on croyait sorti par la grande porte de l’histoire du catholicisme lors du concile Vatican 2 est revenu par la fenêtre insidieuse de la propagande, en France du moins, à grands coups de manifestations tapageuses, de manipulations médiatiques et, sur le web comme dans les paroisses, d’invectives incessantes, partisanes et militantes.

Comment de jeunes bourgeois aux visages poupins en arrivent-ils à vociférer devant un théâtre, avec drapeaux, cantiques et force chapelets, arguant ce qui les arrange pour condamner ce qui les dérange à la manière des barbus d’autres contrées ? Je ne me l’explique pas vraiment mais j’en reste meurtri dans ma foi et blessé dans mon métier.

Voilà bientôt 30 ans que je suis un « travailleur intermittent du spectacle à employeurs multiples » mais c’est bien la première fois qu’à ce titre, j’ai un peu honte d’être chrétien. Ils en arriveraient presque à me faire regretter mon baptême tant il n’est pas aisé sur un plateau, entre un demi de bière et un sandwich au pâté, de convaincre des tiers que tel n’est pas vraiment le sens de ce baptême.

La société française n’est pas christianophobe, elle est obscurantophobe, et elle a raison de l’être, vu les blessures de son histoire. L’intégriste donne raison à Lucifer contre Jésus dans son projet très concret de gouverner « tous les royaumes de la terre ». Par un habile glissement sémantique, le royaume spirituel de la bonté devient un royaume social, une autorité politique, une bonne et franche tyrannie. Dieu devient alors curieusement l’ennemi du genre humain. Il s’est incarné pour rien. Et c’est à lui seul de décider ce qui doit ou ne doit pas être joué dans un théâtre. Comment dialoguer avec ce Dieu-là ?

L’art, selon eux, n’est plus une expression humaine, médiocre, scandaleuse ou lumineuse, bref quelqu’un qui parle à quelqu’un à la première personne du singulier, non, l’art est un pouvoir que Dieu doit contrôler. Et Dieu, c’est eux-mêmes, enfin leurs croyances, ce qui revient au même, car si tel n’est pas le cas, ils hurlent au blasphème, à l’insulte personnelle, au fanatisme anti chrétien et à l’oppression anti cléricale. Si Dieu c’est moi, le diable c’est l’autre, et Dieu doit garder le contrôle de nos impôts. Ils n’en sont pas encore à parler de la présence réelle du Christ sur la scène des théâtres profanes, mais pas loin.

Investi de l’autorité divine, ils se croient autorisé à faire la morale à une humanité dégénérée. Le « modernisme » (comprendre l’exégèse biblique), le « libéralisme » (comprendre le libre arbitre de la personne), le « démocratisme » (comprendre la liberté politique du citoyen), le « droitdelhommisme » (comprendre l’émancipation de l’homme, ou pire de la femme), la « modernité » (comprendre les sciences fondamentales comme les sciences humaines), sont toutes les hérésies « apostates » du « relativisme ».

Leur logique est toujours la même, c’est la désincarnation. Selon eux, la bonté n’est pas incarnée en l’humain, mais surnaturelle, édifiante. Le Christ ne serait pas dans l’autre, ni dans le tout autre, mais ailleurs. De là leur culte des bondieuseries et autres superstitions. La révélation n’est pas présente, évolutive, du moins dans sa compréhension, elle est passée, immuable, figée. Elle n’est pas une langue vivante mais une langue morte.

Combattre Vatican 2 devient alors une nécessité vitale. Il s’agit de substituer l’idéologie passée qui rassure à la réalité présente qui inquiète, préférer les erreurs sur lesquelles reposent leurs croyances plutôt que les vérités qui sont venues les contrarier, bref veiller sur les cendres et non raviver la flamme. Ce qui est vrai est ce qui ne change pas. C’est peut être con mais c’est ainsi. L’intégrisme est une religion procédurière pour adjudants chefs et clercs de notaire.

Ils soutiennent que Vatican II a vidé les églises alors même que toutes les études et enquêtes d’opinion démontrent le contraire. Les chrétiens désertent l’église à cause de son absolutisme perçu comme un reliquat d’obscurantisme. C’est le fameux schisme silencieux. Avec ou sans Vatican II, les églises se seraient vidées quand même. Une religion à la carte se substitue peu à peu à une religion au menu, d’autant plus rapidement que le menu est jugé indigeste. Les états d’âme n’y changent rien. La foi n’est pas en cause, elle se distingue désormais de nos croyances.

Et ainsi, une nouvelle fois, les intégristes donnent tort à Jésus et à sa parole. Quelle est la vraie religion lui demande la Samaritaine ? La vraie religion est la vérité de ton esprit, lui répond Jésus.

Il n’y a pas de fausses religions, il n’y a que la bonté qui est en nous, dans notre conscience, quels que soient nos cultes, nos croyances ou nos systèmes de représentation. Le message est très clair et ne peut pas s’interpréter autrement. Les intégristes ne sont plus tout à fait chrétiens quand ils fulminent contre l’œcuménisme, insultent les papes lors des réunions d’Assise, et militent, hier contre les juifs, aujourd’hui contre les musulmans. Par l’effet épouvantail qu’ils génèrent, ils sont la soldatesque du déclin.

L’Évangile est anticlérical et les chrétiens le savent. Il ne cesse de renvoyer les clercs à leur pré carré, la bonté, c’est à dire la charité, leur seule vraie tradition. Guy Pinon "

Je redoute pour ma part un "revival" de cette vision des choses, à l'approche du cinquantième anniversaire de l'ouverture du Concile.

Bonne soirée malgré tout,

Scrutator.
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