En effet : les mêmes questions

Le Forum Catholique

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N.M. -  2012-01-25 15:39:12

En effet : les mêmes questions

Par-delà le contexte, il s'agit bel et bien de savoir si oui ou non (entre autres) :

- La puissance publique doit veiller à la possession commune et paisible (en société) de la vraie religion qui est la religion catholique ;

- La puissance publique possède en conséquence le pouvoir d'empêcher la pratique publique des fausses religions, pour peu qu'il ne soit pas plus prudent d'en tolérer l'exercice dans une situation concrète donnée (or ce pouvoir reconnu à la puissance publique au temps de la Chrétienté - la "chrétienté sacrale" aurait dit l'autre - est purement et simplement nié en son principe par DH) ;

- La puissance publique doit être exercée dans son ordre, mais comme ordonnée à la fin dernière et donc "pour l'Eglise" (Boniface VIII dixit).

Au passage, le droit pour tout homme à ne pas empêché par la puissance publique de pratiquer publiquement sa religion a été condamné par Pie IX comme (médiatement) contraire à "la doctrine de la sainte Ecriture, de l'Eglise et des saints Pères".

Je dis médiatement contraire, car c'est la proposition selon laquelle le régime de non-coaction (en matière religieuse) serait "la meilleure condition de la société" qui est condamnée dans Quanta Cura comme allant "contre la doctrine de la sainte Eciture, de l'Eglise et des saints Pères", et c'est "en conséquence de cette idée absolument fausse du gouvernement social" que le droit à la liberté de conscience et des cultes est affirmé, et condamné par Quanta Cura, et antérieurement par Grégoire XVI (Mirari vos).

Comme vous tenterez peut-être de faire valoir que "liberté de conscience et de culte" et droit à ne pas être empêché de pratiquer publiquement sa religion ne sont pas une même réalité, je vous renvoie à ceci :


"La liberté de la conscience est un fait interne, et la liberté de conscience est un fait externe qui se rapporte à la profession de nos croyances au dehors, au sein de la société."

Encyclopédie universelle, dir. Paul Guérin.




"On entend par liberté de conscience la faculté laissée à chacun d'adopter les doctrines religieuses qu'il juge préférables, sans être inquiété par la puissance publique."

Dictionnaire universel et encyclopédique, dir. Claude Augé, 1900.




"Liberté de conscience. Liberté laissée à chacun, en particulier par les pouvoirs publics, de juger des doctrines religieuses et philosophiques qui lui conviennent, accompagnée de la liberté d'y conformer sa vie."

Dictionnaire de la langue du XIXème et du XXème siècle, CNRS.



Je vous renvoie également à cela

Quant à l'infaillibilité de Quanta Cura, je vous ai déjà signalé ceci :


"Bon nombre de théologiens, et de plus autorisés, tel que Franzelin (Etudes, julliet 1889, p. 354 ss), Mazzella (De Religione et Ecclesia, p. 822 note 1); Schrader (De Theologia generatim, nº 84 p. 136), Dumas (Etudes, mai 1875, p. 736 ss), Pesch (De Ecclesia Christi, Pars II, sectio 4 - De subjecto magisterii ecclesiastici, art. 2; De Romano Pontifice, prop. 46, Schol. 2 nº 520, 1894), Scheeben (Handbuch der Kathol. Dogmatik, I, Freiburg 1873-1875, nº 510), etc... soutiennent que le Syllabus est une acte de l'infaillibilité personnelle du Pape" (cf. Lucien Chopin, Dictionnaire Apologétique de la Foi Catholique, T. III, col. 1659/1570)

"Beaucoup d'auteurs regardent assurément l'encyclique Quanta Cura comme une definition ex cathedra: ils remarquent cependant, que si l'assertion parait indubitable pour l'encyclique Quanta Cura, elle ne s'impose pas avec la même évidence quand s'agit du Syllabus. Cfr. Wernz (Ius Decretal. T.I, nº 278 et note 58, 1905) ; Ojetti (Synopsis rerum moralium et iuris canonici, ad voc. Syllabus, 2da. Ed. Prati, 1905)..." (idem, col. 1571)

"A la verité, le P. Wernz, signalant l'opinion de ceux qui dénient a cette encyclique le caractère de définition ex cathedra, la qualifie de manifestement improbable, plane improbabilis. Op. Cit. t. I, not. 58, p. 385) (idem)

"La question bien posée serait celle-ci: le Syllabus n'est pas par lui même, du moins certainement, une définition ex cathedra. Mais les contradictoires des propositions qui y sont condamnées, n'en sont pas moins de foi, parce qu'elles ont été acceptées et enseignées unanimement comme vérités de foi par le magistère de l'Eglise dispersé". (idem, col. 1575)

"Sans doute, les contradictoires de certains propositions condamnées dans le Syllabus peuvent être des vérités de foi; mais cela se constatera par ailleurs et non parce qu'elles sont dans le Syllabus" (col. 1576)."

Dictionnaire Apologétique de la Foi Catholique, Adhemar d'Alès, Beauchesne (1924) Paris.



Bien cordialement (malgré toutes nos divergences)

N.M.

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