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"Parmi les plus graves erreurs des temps modernes, on doit énumérer le laïcisme, qui vise à exclure l'Eglise et ses plus hauts représentants de la direction de la vie publique et sociale, la réservant uniquement aux laïcs. [...]
"Une autre erreur, également condamnée par l'Eglise, doit être évitée par le chrétien : c'est le libéralisme. Il nie que l'Eglise, en raison de sa très noble fin et de sa mission divine, ait une supprématie naturelle sur l'Etat. Il admet et encourage la séparation entre ces deux pouvoirs. Il nie à l'Eglise catholique le pouvoir indirect sur les matières mixtes. Il affirme que l'Etat doit se montrer indifférent en matière religieuse, en ce qui concerne les fidèles ; que l'on doit accorder la même liberté à la vérité qu'à l'erreur ; que l'Eglise ne doit pas avoir des privilèges et des faveurs ou des droits plus étendus que ceux qui sont accordés aux autres confessions religieuses, pas même dans les pays catholiques ; que l'Action Catholique n'a pas le droit d'intervenir dans les questions temporelles et civiles, même lorsque celles-ci touchent les intérêts suprêmes de la religion et les finalités propres de l'Eglise. Or, on doit avoir présent, qu'aujourd'hui comme dans le passé, là où les circonstances le conseillent, on pourra user de tolérance envers les fausses religions et les fausses doctrines, mais que là où de telles circonstances n'existent pas, les droits de la vérité doivent être maintenus, et les hommes préservés de l'erreur. Le chrétien qui parle autrement trahit la foi, renforce l'indifférentisme et prive ses concitoyens du bienfait qui leur offre le culte et l'amour de la vérité."
Lettre de la Sacrée Congrégation des Séminaires à l'Episcopat du Brésil, 7 mars 1950, traduction française in Documents pontificaux de S.S. Pie XII (éd. Saint-Augustin), 1950, pp. 75-76.