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En outre, tout être humain, même l’enfant dans le sein de sa mère, a le droit à la vie qu’il reçoit de Dieu immédiatement et non des parents ni de quelque sociégté ou autorité humaine que ce soit. De là, il n’y a aucun être humain, aucune autorité humaine, aucune science, aucune indication médicale, eugénique, sociale, économique ou morale qui puisse exhiber ou donner un titre juridique valable en vue de disposer directement et délibérément d’une vie humaine innocente, c’est-à-dire d’en disposer en vue de sa destruction prise comme fin ou comme moyen pour une autre fin, peut-être, en soi, nullement illicite. Ainsi, par exemple, sauver la vie de la mère est une fin très noble ; mais le meurtre direct de l’enfant, adopté comme moyen pour obtenir cette fin, n’est pas licite.
Le Pape ne dit pas qu’il faut sacrifier la mère à l’enfant, mais qu’il ne faut pas tuer l’enfant pour sauver la mère. Il va de soi qu’il ne faut pas tuer la mère pour sauver l’enfant. C’est surtout cela qu’en Angleterre on a lu de travers et traduit : le Pape enseigne qu’il faut sacrifier la mère à l’enfant, qu’il le faut toujours. (...)
Le Pape rappelle en somme qu’il ne faut pas sacrifier une vie à l’autre, parce qu’il faut chercher à les sauver toutes deux. S’il arrivait qu’on ne pût sauver l’un qu’en tuant l’autre, il faudrait encore s’abstenir de tuer, et si mère et enfant devaient tous deux mourir, il ne serait encore pas permis de commettre un crime pour empêcher ce double malheur.
Selon l’enseignement constant de l’Église, Nous avons défendu une thèse qui est un des fondements essentiels, non seulement de la morale conjugale, mais encore de la morale sociale en général : à savoir que l’attentat direct à la vie humaine innocente comme moyen dont la fin est, en l’occurrence, de sauver une autre vie, est illicite. La vie humaine innocente, en quelque condition qu’elle se trouve, est soustraite, dès le premier instant de son existence, à toute attaque directe volontaire. C’est là un droit fondamental de la personne humaine et un principe de base de la conception chrétienne de la vie. Il vaut aussi bien pour la vie encore cachée dans le sein de la mère que pour celle qui est déjà apparue au dehors, aussi bien contre l’avortement direct que contre le meurtre direct de l’enfant, avant, pendant et après l’accouchement. Pour fondée que puisse être la distinction entre ces divers moments du développement de la vie, née ou encore à naître, par rapport aux droits profane et ecclésiastique, et à certaines conséquences civiles et pénales, selon la loi morale, il s’agit dans tous ces cas de graves et illicites attentats à la vie humaine inviolable. Ce principe vaut pour la vie de l’enfant comme pour celle de la mère. Mais en aucun cas, l’Église n’a enseigné que la vie de l’enfant doit être préférée à celle de la mère. Il est erroné de poser la question selon cette alternative : ou la vie de l’enfant ou celle de la mère. Non, ni la vie de la mère, ni la vie de l’enfant ne peuvent être soumises à un acte direct de suppression. Pour l’une et l’autre partie on ne peut avancer qu’une exigence : tenter tous les efforts pour sauver la vie des deux, de la mère et de l’enfant. C’est une des plus belles et des plus nobles aspirations de la médecine que de chercher toujours de nouvelles méthodes pour assurer la vie de l’un et de l’autre. Et si, malgré tous les progrès de la science, il reste encore et il doit rester dans l’avenir des cas où il faille s’attendre à la mort de la mère, quand celle-ci veut conduire à son terme la vie qu’elle porte en elle et non la détruire en violation du commandement de Dieu “Tu ne tueras pas”, alors rien d’autre ne reste à l’homme qui, jusqu’au dernier instant, se sera efforcé de secourir et de sauver les deux vies, qu’à s’incliner avec respect devant les lois de la nature et les desseins de la divine Providence. Mais, dira-t-on, la vie de la mère, surtout d’une mère de famille nombreuse, est d’un prix incomparablement supérieur à celle d’un enfant encore à naître... La réponse à cette douloureuse objection n’est pas difficile : l’inviolabilité de la vie d’un innocent ne dépend pas de sa plus ou moins grande valeur.