Pour bien comprendre ce passage...

Le Forum Catholique

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Vianney -  2012-01-21 12:33:04

Pour bien comprendre ce passage...

...de Quas Primas et l’opposition que j’y vois à Dignitatis Humanæ, le mieux est encore de se reporter à ce qu’enseigne Léon XIII dans Libertas :

C’est Dieu qui a fait l’homme pour la société et qui l’a uni à ses semblables, afin que les besoins de sa nature, auxquels ses efforts solitaires ne pourraient donner satisfaction, pussent la trouver dans l’association. C’est pourquoi la société civile, en tant que société, doit nécessairement reconnaître Dieu comme son principe et son auteur et, par conséquent, rendre à sa puissance et à son autorité l’hommage de son culte. Non, de par la justice ; non, de par la raison, l’Etat ne peut être athée, ou, ce qui reviendrait à l’athéisme, être animé à l’égard de toutes les religions, comme on dit, des mêmes dispositions, et leur accorder indistinctement les mêmes droits. - Puisqu’il est donc nécessaire de professer une religion dans la société, il faut professer celle qui est la seule vraie et que l’on reconnaît sans peine, au moins dans les pays catholiques, aux signes de vérité dont elle porte en elle l’éclatant caractère. Cette religion, les chefs de l’Etat doivent donc la conserver et la protéger, s’ils veulent, comme ils en ont l’obligation, pourvoir prudemment et utilement aux intérêts de la communauté.


Donc, en pratique, le chef de l’État, pour bien comprendre son devoir, doit, sinon être catholique, du moins avoir le souci de chercher quelle religion est la vraie, et se soumettre à ses commandements dans l’exercice de son pouvoir. Mais nulle part Léon XIII n’enseigne que ce devoir serait réservé à ceux qui ont reçu la grâce de la foi chrétienne. Le pape cite saint Augustin expliquant que la loi temporelle n’est juste que si elle est conforme à la loi éternelle que Dieu a inscrite dans le cœur des hommes :

Saint Augustin dit avec une grande sagesse (De lib. Arb., 1. I, c. 4, n. 15) : “Je pense que vous voyez bien aussi que, dans cette loi temporelle, il n’y a rien de juste et de légitime que les hommes ne soient allés puiser dans la loi éternelle.” Supposons donc une prescription d’un pouvoir quelconque qui serait en désaccord avec les principes de la droite raison et avec les intérêts du bien public ; elle n’aurait aucune force de loi, parce que ce ne serait pas une règle de justice et qu’elle écarterait les hommes du bien pour lequel la société a été formée.


V.
 
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