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Mais il faut évidemment aller plus loin, car la honte ne porte pas seulement sur
la nudité de la femme qui allaite, elle porte avant tout sur la génération et la
sexualité : or la sexualité est le sacrement naturel de l’unité entre les sexes, et c’est
pourquoi, après avoir attiré l’attention des Apôtres sur l’allaitement du bébé, il les
amène à ce qui précède la conception de l’enfant, le rapport de connaissance et
d’amour entre l’homme et la femme :
« Si vous faites des deux Un » : Il s’agit évidemment des sexes dont est composée
l’humanité. La perfection de l’être humain implique l’unité de l’homme et de la
femme, car Adam - « mâle et femelle » - est créé à l’image de la Trinité (Gen. 1/27)
Quelle sera donc la voie à suivre pour atteindre cette unité ? Ce qui est bien certain,
c’est que la sexualité animale n’aboutit pas à l’unité. Le viol, qu’il soit légal ou non,
purifié ou non par les sacrifices prescrits (Lev.12, et parallèles) est une profanation
qui produit cette « génération adultère et pécheresse » (Mt. 17/17), qui s’est dressée
contre le fils de la Vierge pour le crucifier. Le viol engage la créature humaine dans
le processus de mort, contre lequel Dieu nous mettait en garde : « Tu ne mangeras
pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal » : tu ne feras pas l’expérience
d’un mélange de bon et de mauvais.
Il faut donc envisager la sexualité virginale, conforme au Cantique des
cantiques, où l’union virginale est parfaitement précisée en 2/3, et indiquée nettement
sous diverses images en d’autres passages. L’hymen est une interdiction sacrée , et si
le mâle doit ne pas la transgresser, c’est que la semence qu’il porte a une tout autre
signification : l’arbre de vie est le bon usage de la sexualité. Le sperme est la
nourriture de l’épouse vierge, qui en assimilant ainsi la chair de son époux, devient
réellement une seule chair avec lui. C’est dans ce sens eucharistique que s’opère
l’unité du Christ et de l’Eglise qui devient son épouse : « Prenez et mangez, ceci est
mon corps ». Paul exhorte les chrétiens instruits des mystères de la foi, à « aimer
leur femme comme le Christ a aimé l’Eglise » ; il leur indique donc l’union virginale
et eucharistique, l’union de sanctification, qui peut « sauver le corps ». Et cela est si
vrai qu’il emploie le mot « il la nourrit et la réchauffe » et ce mot « nourrir » est
« ektréphei » qui signifie « nourrir de soi-même » (Cf notre commentaire du Cantique
des Cantiques).
L’union virginale n’est admissible que si le réflexe de la honte est supprimé,
que si la création de Dieu, telle qu’elle s’impose objectivement à nous, est acceptée
en toute loyauté et en toute action de grâces. Mais comme ces réflexes de honte
appartiennent au domaine du subconscient, le simple raisonnement intellectuel ne
suffit pas à les déraciner ; il faut une « liturgie éducative ».
Ajoutons ici, à titre d’information que certaines femelles des mammifères
supérieurs portent un hymen. Il disparaît lorsqu’elles deviennent matures. Tant que
les femelles portent l’hymen, les mâles ne s’accouplent jamais avec elles. D’où l’on
conclut que les hommes charnels sont tombés au-dessous des mammifères supérieurs.
Ils sont techniquement très intelligents pour découvrir et exploiter à leur profit les lois de l’univers matériel, mais ils ignorent les lois biologiques les plus élémentaires
concernant l’amour et la génération : lois qui procurent la vie impérissable.