Oui à une critique, si elle n'est ni pavlovienne, ni restrictive.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2012-01-15 10:10:10

Oui à une critique, si elle n'est ni pavlovienne, ni restrictive.

Bonjour et bon dimanche à Anne Charlotte Lundi,

Il ne faudrait pas, à mon humble avis, que le procès en discontinuité, ou en dyscontinuité, au sens de : continuité dysfonctionnelle, qui est fait au Concile Vatican II, prenne à l'avenir une tournure

- pavlovienne, au sens de : automatique et répétitive,

- restrictive, au sens de : mono-argumentée car non diversifiée,

ce qui ne signifie pas qu'à mes yeux la critique de l'herméneutique pontificale qui est celle de la FSSPX est "déjà" pavlovienne et restrictive...

Je plaide pour ma part en faveur d'une diversification des arguments critiques, à l'égard du Concile Vatican II,

- à condition que ces arguments critiques soient adossés à des constats objectifs, notamment "d'absences" ou de "présences", non avant tout regrettables, mais avant tout repérables,

- non pour le plaisir quelque peu singulier qu'il pourrait y avoir à le critiquer, mais parce que j'éprouve le besoin de connaître toujours plus et de comprendre toujours mieux cet ensemble de textes,

au contact approfondi du Concile lui-même, dans le cadre d'une analyse thématique, car seule une analyse thématique, du Concile en tant qu'ensemble et de l'ensemble du Concile, permet de repérer, avant de les signaler et de les souligner, les insistances, les négligences, et les ignorances des Pères du Concile.

Compte tenu de mes connaissances et de ma manière de les résumer, je formule, en prenant appui sur une analyse thématique du Concile qui est nécessaire et préalable à toute herméneutique du Concile, les quatre remarques suivantes, à propos du Concile, car je crois qu'à son contact nous sommes vraiment en présence, entre autres choses,

- d'une ambiguité volontaire collective

- d'un aveuglement volontaire collectif

- d'une imprécision volontaire généreuse

- d'une incomplétude volontaire généreuse

L'ambiguité et l'aveuglement volontaires que je constate, à la lecture du Concile, ne sont pas omniprésents, dans chacun des textes du Concile,

- mais sont collectifs (il convient ici de remonter du "résultat" du Concile, de son dispositif, de ses textes, aux "intentions" du Concile, à ses auteurs et à leurs inspirateurs),

- et sont surtout volontaires, du fait d'un a priori intentionnel, déséquilibré et disproportionné, d'un "parti pris asymétrique", le plus conciliant ou consensuel possible, le moins exigeant et le plus indulgent possible, vis-à-vis des non catholiques, des non chrétiens, des non croyants, de l'homme et du monde modernes.

L'imprécision volontaire que je constate, à la lecture du Concile, n'est pas, elle non plus, générale, mais a été pensée et voulue comme généreuse, dans la mesure où c'est

- du fait d'une conception, à mon avis, erronée, de la générosité "due" aux destinataires de ces textes,

- par la recherche de la plus grande unanimité possible, au moment des votes, dans l'aula conciliaire,

- que l'on pris bien soin de recourir à certains mots plutôt qu'à d'autres,

et

- que l'on a pris grand soin de ne pas en préciser le sens,

afin de s'exprimer, comme on dirait aujourd'hui, d'une manière "non clivante", c'est-à-dire avant tout bienveillante et conciliante, et non dissensuelle et vigilante.

Pensée et voulue comme généreuse...Il reste à savoir, alors que nous disposons à présent d'un recul de cinquante années, si cette imprécision a été subie ou vécue comme si généreuse que cela, notamment par les catholiques attachés à la précision autant qu'à la Tradition, et qui ressentent cette imprécision comme une source de privation et de souffrances, pour eux-mêmes et pour toute l'Eglise, depuis un demi-siècle...

Enfin, l'incomplétude volontaire que je constate, à la lecture du Concile, n'est pas, elle non plus, générale, mais a été, elle aussi, pensée et voulue comme généreuse, dans la mesure où c'est

- du fait d'une conception, à mon avis, erronée, de la plus grande proximité culturelle et doctrinale possible "due" aux destinataires de ces textes,

- par l'assimilation d'une forme "adogmatique" à un fond "authentiquement évangélique", dans l'aula conciliaire,

que l'on a occulté, sinon oublié, ce que l'on avait le devoir de préciser ou de rappeler, non seulement pour des raisons contextuelles contingentes, mais aussi et surtout pour des raisons plus fondamentales et intemporelles.

Au moment de conclure, une précision s'impose, en ce qui concerne la définition du mot incomplétude : l'incomplétude, c'est "l'état de ce qui n'est pas achevé, de ce qui est incomplet", mais c'est aussi "le caractère d'une théorie dans laquelle il existe une proposition dont on ne peut démontrer ni la vérité ni la fausseté", d'après le dictionnaire gratuit de TV 5 Monde, consultable sur internet.

"l'état de ce qui n'est pas achevé, de ce qui est incomplet"...

"le caractère d'une théorie dans laquelle il existe une proposition dont on ne peut démontrer ni la vérité ni la fausseté"...

Entendons-nous bien, le Concile n'est pas limitable à ce que je viens de décrire, en outre, et bien qu'adepte

- au contact de la "situation", et à propos du Concile, d'une herméneutique "descriptive" du renouveau SANS la continuité,

- dans l'espoir d'une remédiation, au moyen de la Tradition, d'une herméneutique "prescriptrice" d'une transmission DANS la continuité,

je suis "toujours prêt" à reconnaître la présence de nombreux éléments de continuité, MAIS AUSSI leur subordination, sous la conduite et en direction d'une intention de renouveau, cette subordination ayant été, au moment et en aval du Concile, absolument déterminante.

Bon dimanche.

Scrutator.
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