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Pour les musulmans, assez nombreux en Chine, et dont la religion correspond à des particularités ethniques, à des minorités nationales qu’il importe de préserver de toute idée de rébellion, Mao Tsé-Toung se montre extrêmement tolérant.
Il est, en revanche, décidé à extirper au plus vite le catholicisme de la terre chinoise. Les missionnaires, les prêtres et les évêques européens ou américains sont impitoyablement expulsés. Ceux qui ne veulent pas partir se retrouvent en prison. Seuls pourront exercer leur ministère les ecclésiastiques chinois, encore que leur subordination au Pape, ce « chef étranger », leur confère une odeur d’agents de l’impérialisme, parfois même d’espions. Seule pourra être tolérée une Eglise catholique nationale chinoise, détachée de Rome, ou du moins ne conservant avec le Vatican que des liens très distendus.
Pour les protestants, le problème est, pour Mao, largement différent. Ce sont des chrétiens, certes, donc des résidus de la colonisation occidentale. Mais ils sont plus vulnérables, puisque répartis entre diverses sectes, et par conséquent, plus malléables. (p. 196.)
...le Père Ulrich Lebrun, qui eut l’infortune de subir successivement les sévices de Buchenwald et ceux de Pékin. Dries Van Coillie lui pose la question : — Où avez-vous souffert le plus cruellement ? A Buchenwald ou à Pékin ? La réponse est nette : Je préfère dix ans de Buchenwald à un an de Pékin ! Et d’expliquer qu’à Buchenwald, après les pires tourments, il se retrempait dans la chaude et virile amitié des autres prisonniers. Tandis qu’à Pékin, il subissait les incessantes attaques, veules et haineuses, de ses frères de malheur. Et la haine de ceux qui trahissent est la plus difficile à supporter.