Dans les coulisses d'une vertu chrétienne

Le Forum Catholique

Imprimer le Fil Complet

le torrentiel -  2012-01-04 15:27:33

Dans les coulisses d'une vertu chrétienne

La fierté n’est pas un synonyme de l’orgueil. On peut donc être à la fois humble et fier. En revanche, il est rare que l’on voie des gens être à la foisorgueilleux et simples. La simplicité est donc le courant dans lequel vient s’hydrater l’humilité, « nourrice de charité ». La simplicité donne sa sève à l’humilité pour en faire une qualité fervente et savoureuse. Benoît XVI a dit de Jésus dont il est le Vicaire et qui est réputé être « doux et humble de cœur » d’autant qu’Il s’est prétendu tel, qu’avant d’entrer dans Sa Passion, « Il S’est Exalté Lui-même » et qu’Il a porté le comble à cette exaltation en entrant dans Sa Passion et donnant librement sa vie. [1] Le préalable est l’exaltation, comme le préalable à la liberté morale est la liberté tout court. Il est tellement peu antinomique d’être à la fois humble et fier qu’on peut s’exalter soi-même et être « humble de cœur ». S’exalter soi-même, cela veut puérilement dire s’applaudir d’être soi, avant de se reconnaître pécheur, pour atteindre à la maturité de l’oblation, mais non pas certes jusqu’à s’applaudir de ne s’être pas atteint. Celui qui s’exalte sans jamais se reconnaître pécheur ne sera jamais capable de donner ; mais celui qui se reconnaît pécheur sans jamais s’exalter ne pourra jamais donner librement. Il faut d’abord s’exalter, puis se reconnaître pécheur, enfin donner innocemment si on le peut. Mais se reconnaître pécheurest le début du pouvoir de donner, comme le don, l’oblation, est le but de la conversion. Mais à vrai dire, il ne s’agit jamais tant de donner que de se donner, parce qu’entre les deux, il y a la différence du quelque chose au quelqu’un ; parce que le don de soi est à la fois plus et moins substantiel ; mais surtout parce que le don de soi a le pouvoir de se reprendre. « J’ai le pouvoir de donner ma Vie et de la reprendre ensuite », dit Jésus en saint-Jean, Lui, le Maître du don. Seul le don de soi est vraiment innocent, d’abor parce qu’il ne prélève rien sur la part commune et d’autre part parce qu’étant librement consenti, il ne pourra pas ensuite être reproché à celui qui reçoit et qu’il ne doit pas faire débiteur. Le don de soi est sans retour sur investissement, mais non pas sans retour sur soi. Pour moi, je n’en suis pas encore au point d’avoir réussi à me donner, mais ça peut venir !



J. Weinzaepflen
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=620927