Le Forum Catholique
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Jean Kinzler - 2011-12-25 09:52:50
Moniales SDF
Moniales sans domicile fixe
Enquête--Touchées par la crise des vocations, les communautés cloîtrées ferment, à la demande du Vatican. De riches domaines cherchent acquéreurs. Visitation auprès de sœurs contraintes à la fusion des sites.
Par BERNADETTE SAUVAGET
Parfois, mère Inès ne cache plus sa nostalgie. Un jour peut-être, elle retournera au Mexique. «J’ai fait un saut là-bas, il y a deux ans. C’est horrible», dit-elle, évoquant la violence qui mortifie le pays. Elle y a vécu trente-cinq ans. Rappelée par son ordre, elle est rentrée en France il y a cinq ans. Depuis peu, elle est la supérieure de l’abbaye Notre-Dame du Val d’Igny, dans la Marne. Du Mexique, mère Inès conserve un indéfectible attachement. En 1971, elle y a fondé, avec quatre compagnes, un monastère de cisterciennes. Toutes venaient de l’abbaye d’Ubexy dans les Vosges. «A l’époque, nous étions assez nombreuses à Ubexy, raconte mère Inès. A une réunion d’abbesses de notre ordre, on nous avait suggéré d’établir une fondation à l’étranger. Nous, nous songions à créer quelque chose en Inde, mais on nous a plutôt encouragées à nous tourner vers l’Amérique latine, où il y avait peu de moines.»
Le choix s’était finalement porté sur le Mexique : la situation politique était l’une des plus stables du continent. «Quand nous sommes arrivées, nous parlions à peine espagnol», poursuit mère Inès. A 2 000 mètres d’altitude, il y avait tout à faire. Elle y a (presque) tout fait : conduit le tracteur, semé du maïs et des petits pois, acheté des vaches pour faire du fromage. «Comme tout cistercien qui se respecte», rappelle-t-elle. Les bénédictins ont une réputation d’intellectuels mais les cisterciens, fondés au XIIe siècle par Bernard de Clairvaux qui souhaitait revenir à plus de rigueur, furent longtemps des moines paysans. Ils ont défriché, irrigué, cultivé et fait du fromage.
De hauts murs ceinturent les austères et vastes bâtiments de l’abbaye de Val d’Igny, reconstruite après les bombardements de 1918. Tout autour, des terres cultivées laissées en fermage et une centaine d’hectares de bois préservent la quiétude. Un paysage de douces collines, un désert de verdure et de silence. «Les premiers cisterciens choisissaient des lieux isolés mais aussi très beaux, souligne sœur Marie-Ange. Dans les textes fondateurs de notre ordre, il est dit qu’il nous fait aimer le lieu.» De rares voitures empruntent la petite route qui y conduit. La nuit, le hululement des chouettes effraie un peu. A quelques kilomètres s’étalent les vignes du champagne.
Sauvées par la chocolaterie
Au Val d’Igny, on ne fait ni vin ni fromage. Le monastère vit surtout de sa chocolaterie, créée au XIXe siècle et très réputée. L’abbaye était alors occupée par des moines qui ont passé la main aux femmes en 1918. Le monastère a traversé les vicissitudes des siècles et en porte la mémoire : ici et là, les traces et les ruines des bâtiments, les pierres du passé, le parcours de l’ingénieux système d’irrigation. Au Moyen Age, les cisterciens étaient aussi passés maîtres dans la gestion de l’eau.
Il y a peu, la chocolaterie a sans doute sauvé le site de la fermeture. «Même les sœurs les plus âgées peuvent y travailler», remarque-t-on là-bas. Face à un avenir de plus en plus incertain, mère Inès conduit un projet pilote, scruté avec attention par son ordre monastique et d’autres abbayes. Début novembre, une soixantaine de moniales s’y sont installées définitivement, toutes des cisterciennes mais issues de trois abbayes. Les communautés se regroupent pour n’en former qu’une, en créer une nouvelle d’une certaine manière. L’originalité du projet réside là. Habituellement, si un monastère ferme, ses derniers occupants se répartissent dans d’autres communautés, signant la fin d’une histoire souvent de plusieurs siècles, une issue vécue dans la douleur.
Ces tribulations, sœur Françoise-Madeleine les a vécues. A 86 ans, elle conserve un visage lisse, presque sans rides, qui étonne. Il y a quelque temps, elle a posé ses valises au monastère de la Visitation, à Voiron (Isère). Perchée sur les hauteurs, la bâtisse, un ancien relais de chasse, surplombe la ville. Le paysage, grandiose, s’ouvre sur les massifs de la Chartreuse et du Vercors, même si les rumeurs du monde perturbent un peu la tranquillité des lieux.
Avant son arrivée à Voiron, Françoise-Madeleine a déménagé plusieurs fois et vécu dans différentes abbayes, ce qui peut surprendre. «C’est vrai, quand on entre dans un monastère, on pense qu’on y mourra», acquiesce une sœur. Une sorte de contrat ou de bail avec l’éternité. Ancienne scoute, Françoise-Madeleine rompt avec le monde en 1948 et entre dans un carmel. Elle tombe gravement malade quelques années plus tard, change d’ordre monastique et choisit le monastère de la Visitation, à Orthez (PyrénéesAtlantiques). Là, elle croit avoir trouvé son port d’attache, entrevu en songe. Pour expliquer sa vocation, cette femme de foi évoque un rêve prémonitoire, perçu comme un appel de Dieu. «J’avais vu les lieux, une allée d’arbres, la couleur précise d’un habit monastique», confie-t-elle. Mais, une nouvelle fois, Orthez ne fut qu’une étape.
Bâtiments inadaptés
Sans relève, la communauté vieillit et les bâtiments, trop grands et peu confortables, sont de plus en plus inadaptés. En 1985, après avoir vendu le monastère d’Orthez, les moniales déménagent à une dizaine de kilomètres. En s’installant dans les locaux qu’elles ont fait construire, à Sault-de-Navailles, elles espèrent trouver une seconde vie, attirer des vocations. Rien n’y fait. Vingt ans plus tard, il faut se résoudre à l’inéluctable. «Pour fermer le monastère, nous avons voté, raconte Françoise-Madeleine. C’est très douloureux, bien sûr, de partir. C’est comme une famille qui se disloque et c’est un deuil. Après, chacune d’entre nous a choisi dans quel monastère elle voulait aller.»
Des Pyrénées à l’Isère
La greffe prend ou ne prend pas. Pourtant, vu de l’extérieur, rien ne ressemble plus à un monastère qu’un monastère : même habit, même rythme de vie, mêmes prières. Mais de subtiles nuances - qui échappent souvent aux yeux profanes - existent : certains d’entre eux sont plus progressistes et d’autres plus conservateurs, attachés à des rites, à des règles plus ou moins strictes sur les visites extérieures ou le silence. En tout cas, pour sœur Françoise-Madeleine, la greffe n’a pas pris. Mal à l’aise dans sa première communauté d’accueil, elle a dû, avec une autre moniale venue elle aussi de Sault-de-Navailles, redéménager. Cette fois jusqu’à Voiron, où l’a accueillie mère Marie-Chantal, une femme au charisme certain.
Supérieure du monastère de la Visitation de Voiron, mère Marie-Chantal est une figure du petit monde feutré et discret des ordres monastiques. Après avoir présidé le service des moniales - organisme qui regroupe les abbayes féminines en France -, elle dirige aujourd’hui la Fondation des monastères. Celle-ci conseille juridiquement les communautés, soutient financièrement les plus fragiles et prend en charge, s’il le faut, la vente des bâtiments.
Mère Marie-Chantal ne veut pas désespérer : «La vie monastique a encore du sens à notre époque.» Soit. Mais elle ne cache pas non plus la réalité, l’avenir s’annonce sombre. Pour son ordre, tout d’abord. Fondé au XVIIe siècle, l’ordre de la Visitation, moins strict que d’autres et plus accueillant, a connu des périodes fastes, aujourd’hui révolues. «Depuis une dizaine d’années, six monastères ont fermé», reconnaît mère Marie-Chantal. En fait, un quart des implantations de la Visitation dans l’Hexagone. Cette année, c’est au tour du monastère d’Avignon. Le scénario est souvent le même : il n’y a pas de relève. A la Visitation d’Avignon, la communauté s’était réduite à trois moniales. «Pour continuer à vivre, il est nécessaire de trouver une certaine densité spirituelle à l’intérieur de la communauté, que les tâches matérielles ne prennent pas le dessus, qu’il y ait des personnes capables de prendre des responsabilités, explique mère Marie-Chantal. L’idéal, bien sûr, c’est que les sœurs se rendent compte elles-mêmes de la situation.»
Fromagerie et hosties
Quand elle est rentrée en France, mère Inès a d’abord été chargée du monastère de Belval, dans le Pas-de-Calais, réputé pour sa fromagerie. L’abbesse avait laissé sa charge et le futur s’annonçait incertain. «Cinq communautés de cisterciennes de l’est de la France avaient commencé à réfléchir à leur avenir», explique mère Inès. «A Belval, nous restions à une vingtaine, raconte sœur Anne-Bénédicte. Les effectifs avaient décliné progressivement.Il y avait eu quelques coups durs, des maladies et des décès. Au fur et à mesure, nous prenions conscience que l’avenir serait difficile. Il y avait une disproportion entre nos forces vives et les bâtiments du monastère. Nous avions réaménagé notre réfectoire, installé une chapelle d’hiver et embauché des salariés pour nous aider à la fromagerie.» Longtemps, Anne-Bénédicte a espéré que des «jeunes les rejoignent» pour redynamiser la communauté. «Mais, un jour, il faut bien coller au réel», ajoute-t-elle.
Avec réalisme, mère Inès résume : «Les grands monastères sont des structures très lourdes. A Belval, nous avions la fromagerie, un magasin de vente et une hôtellerie pour accueillir les personnes qui viennent se ressourcer ou faire une retraite spirituelle. Tout repose sur les sœurs les plus jeunes et, à un moment, cela devient trop difficile.» Au Val d’Igny, c’est un peu la même configuration, mais à la place de la fromagerie il y a la chocolaterie. L’abbaye d’Ubexy, dont est originaire mère Inès, fabrique, elle, des hosties.
Pour continuer sa route, la communauté de Belval avait d’abord envisagé de quitter ses bâtiments et de s’installer dans des locaux mieux adaptés à sa taille. Cette option avait la préférence d’Anne-Bénédicte. «C’est important d’avoir de petites unités disséminées sur le territoire, argumente-t-elle. Les gens du pays sont attachés à notre présence, nous leur offrons un lieu de ressourcement. Les moines de Tibhirine étaient attachés au peuple algérien. Nous, nous l’étions à la population du Pas-de-Calais.»
De discussions en réunions, c’est finalement une fusion de trois monastères qui est décidée, ceux de Belval, d’Igny et de la Grâce-Dieu, dans le Doubs. «On a beaucoup réfléchi, discuté. Des sœurs pensaient que l’on pouvait continuer, raconte, de son côté, sœur Marie-Ange, originaire du monastère de la Grâce-Dieu. Quand on nous a dit que l’on pourrait peut-être abandonner notre monastère, je suis arrivée, le premier soir, à l’office des complies à l’église en me disant : non, ce n’est pas possible, cela ne se fera pas. J’avais pensé à tout : que le monastère brûle, qu’il y ait une inondation, qu’une guerre détruise tout ! Mais quitter le monastère, déménager, je ne l’avais jamais envisagé.»
A 80 ans, sœur Marie-Ange a vécu presque toute sa vie à la Grâce-Dieu. Ses parents étaient employés au monastère et elle a grandi là, à proximité. «Enfant, j’entendais les cloches et la voix des sœurs derrière la grille», se souvient-elle. A la fin de la guerre, elle choisit la vie monastique et franchit la grille à son tour. «J’étais jeunette, mais j’avais vécu la guerre et cela me posait beaucoup de questions, raconte-t-elle. Je voulais faire quelque chose de grand dans ma vie, me consacrer à Dieu. Je me disais que je serais utile au monde entier en priant pour lui.»
Dans la génération de Marie-Ange, les vocations furent encore nombreuses. Mais plus tard elles se raréfièrent, se tarirent même pratiquement dans les années 70. «Certaines femmes entraient mais repartaient assez vite», racontent plusieurs moniales. A cette époque, le catholicisme français entre en crise ; beaucoup de prêtres quittent l’institution et se marient. Depuis lors, l’Eglise n’a jamais pu enrayer son déclin. Face à la pénurie de vocations et de fidèles, elle a dû revoir son organisation, regrouper ses paroisses. La crise n’épargne pas les monastères, sauf les plus traditionalistes qui attirent encore. «Des communautés ont décidé de mourir sur place, ce choix est respectable», ajoute l’une des sœurs d’Igny. Fermer ou se regrouper. A court terme, beaucoup n’échapperont pas à cette alternative. Entamé depuis une vingtaine d’années, le repli va s’accentuer. En 2011, il y avait encore 244 monastères de femmes en France. Combien en restera-t-il dans dix ans ? Douloureuse, la question est taboue. Les carmels devraient être les plus touchés. Une loi mathématique puisqu’ils sont aussi les plus nombreux. Il en reste 79, un dans presque toutes les villes moyennes de France. Assez vite, selon la prieure de l’un d’entre eux, un tiers pourrait connaître de graves difficultés et sans doute disparaître.
Imbroglios juridiques
Les abbayes féminines sont les plus exposées. Vieillissants eux aussi, les monastères d’hommes semblent mieux résister, moins nombreux sur le territoire et souvent plus solides économiquement, ce qui leur permet d’embaucher des salariés pour suppléer, concernant les tâches matérielles, au manque de moines. Il y a une dizaine d’années, une abbaye bien connue dans les milieux catholiques avait même dû fermer : l’abbaye des Dombes, dans l’Ain, des cisterciens qui avaient participé à la Résistance. «Cela a été très symbolique», reconnaît mère Marie-Chantal.
Partir est un renoncement. «C’est un crève-cœur de quitter un monastère», reconnaît mère Inès. Cette fin de l’histoire est aussi difficile à accepter pour les catholiques des environs. A la Grâce-Dieu, les habitants ont adressé des pétitions à l’évêque, espérant empêcher le départ de la communauté. «Mais qu’est-ce que vous voulez ! Nous voulons choisir la vie», répond mère Inès. Après avoir vendu à une congrégation religieuse internationale - les travailleuses missionnaires implantées en Amérique latine, en Afrique et en Asie, viviers de vocations -, les cisterciennes ont quitté, en octobre 2009, la Grâce-Dieu. Céder les bâtiments fut une aubaine. «Les monastères ne se vendent pas très bien», explique, à Voiron, mère Marie-Chantal. A la tête de la Fondation des monastères, elle connaît bien le dossier. Il faut débroussailler des situations juridiques parfois compliquées, comme celle de la propriété des bâtiments.
Si les communautés monastiques n’ont pas de statut légal, la propriété des lieux a parfois été laissée à une association d’amis, et des conflits peuvent surgir lors de la vente. Il faut aussi trouver l’acquéreur. Dans le passé, les diocèses catholiques ont racheté des abbayes, mais ils traversent aujourd’hui de grandes difficultés financières. Il faut également que ces grands bâtiments puissent être utilisés à autre chose, une transformation plus facile à opérer en ville qu’à la campagne. En Ariège ou en Corse, deux anciens monastères sont ainsi en vente depuis plusieurs années. Six ans après sa fermeture, le monastère de Sault-de-Navailles n’a toujours pas trouvé preneur.
L’adieu aux arbres
A l’heure du départ de la Grâce-Dieu, les larmes ont coulé. Le monastère avait été fondé au XIIe siècle. «Je suis allée dire au revoir à tous les arbres, raconte Marie-Ange. En soixante-quinze ans, je les avais vus grandir. Le lieu, je ne sais pas comment vous dire, mais c’est notre terreau.» Mère Inès attend, elle, de vendre l’abbaye de Belval. Car elle doit financer l’immense chantier qui se termine à Igny. De la bibliothèque à l’hôtellerie, de l’église aux cuisines, pour accueillir la nouvelle communauté, tout a été repensé, rénové. Il a fallu trois longues années pour arriver au terme des travaux. Le dimanche après-midi, certains promeneurs ont gardé leurs habitudes et observent, de loin en loin, les transformations. Sur pilotis, une nouvelle aile a été ajoutée, une petite maison de retraite intégrée, une unité de vie de vingt-quatre chambres médicalisées pour les sœurs les plus âgées et les plus dépendantes, qui fonctionnera avec du personnel qualifié. De leurs chambres, grâce à un système de retransmission ou d’une petite chapelle pour les moins dépendantes, elles pourront suivre les offices de prière qui rythment la journée. La doyenne de la communauté a déjà fêté ses 100 ans.
Lors de la fusion des trois abbayes, le choix a été clair : garder au sein du monastère les plus anciennes pour qu’elles puissent vivre jusqu’au bout leur vie monastique. Ailleurs, parfois, les communautés sont obligées de laisser partir les plus âgées en maisons de retraite, faute de pouvoir s’en occuper. Mère Inès y tient. C’est, pour elle, l’une des originalités du projet.
Etape de transition
Marie-Ange, elle, est arrivée cet été au Val d’Igny. A la demande de mère Inès, elle a rejoint l’équipe des pionnières qui prépare l’arrivée des autres et s’occupe de régler les dossiers de Sécurité sociale. «Ce n’est pas la Grâce-Dieu. Il faut que j’apprenne à aimer Igny, dit-elle avec sincérité. Toute sa vie, on a des renoncements à faire.Mais la foi nous guide, Dieu conduit notre histoire. Nous ne l’aurions pas fait de nous-mêmes. Je serais restée jusqu’au bout à la Grâce-Dieu, je serais morte sur place.»
Après la fermeture de la Grâce-Dieu, elle est allée vivre quelque temps dans un autre monastère de cisterciennes, à Laval, en Mayenne. Comme Anne qui, à 33 ans, est la benjamine du monastère d’Igny, une intellectuelle, ancienne élève de Normal Sup et historienne des mathématiques.
Pour que chacune abandonne ses habitudes, les cisterciennes des trois monastères ont fait l’expérience d’un déracinement, d’une transition, avant que la communauté ne se reconstitue. Anne a vécu deux ans à Laval. Mère Inès lui avait laissé le choix : revenir à Igny ou rester là-bas pour s’intégrer dans une communauté moins âgée. «Igny, c’est la communauté que j’avais rencontrée sur ma route, explique Anne. Peut-être qu’il y avait plus de jeunes ici ou là. Mais dans dix ou vingt ans qu’est-ce que cela sera ? Personne ne le sait. Pourquoi aller voir ailleurs ? Peut-être vaut-il mieux suivre son chemin.»
La vie a ses méandres. L’an prochain probablement, mère Inès accueillera à Igny une quatrième communauté, celle d’Ubexy, là où elle-même était entrée quand elle a choisi la vie monastique. Après avoir participé aux réflexions, l’abbaye d’Ubexy s’était mise en retrait du projet de fusion. Il y a quelques mois, sur son site internet, la communauté annonçait finalement son départ d’Ubexy. Là-bas aussi, les forces manquent. Là-bas, les moniales attendent maintenant l’accord officiel de leur ordre et du Vatican pour rejoindre Igny. Dans les Vosges, c’était la dernière communauté monastique.
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