Le Forum Catholique
Imprimer le Fil Complet
Cressence - 2011-12-10 15:51:23
Autre point de vue
Je rebondi sur ces propos :
Si quelqu’un crache (s’il ne s’agissait que de cela !) sur l’image de ce qui m’est le plus cher, j’ai non seulement le droit de ne pas être content, mais le devoir de le dire, avec fermeté si nécessaire. Que certains ne puissent pas le comprendre rend perplexe, et conduit à s’interroger sur le point de savoir où sont les idiots.
Permettez moi de marquer mon désaccord.
Etre mécontent masque une vérité plus profonde. Le mécontentement est de l'ordre de l'émotion quelque part entre l'agacement, le malaise et la haine en passant par la colère. Or ce n'est pas un droit mais une faiblesse. Subir ses émotions au point de se laisser emporter est un péché et vous êtes bon pour la confession. Si l'on regarde bien l'origine du mécontentement on y trouvera toujours une brindille de colère.
Affirmer sa colère n'est donc plus un devoir mais un égarement humain.
La frontière entre la fermeté et l'autorité aveugle est très fine.
Moi je dis :
Quels est notre objectif en faisant cela ? Défendre Jésus comme si Dieu en avait besoin lui qui est tout puissant et nous demande sa confiance et surtout de témoigner de sa confiance. Il a subi la passion pour nous montrer l’exemple et n’a rien fait et ses rares paroles sont celles du pardon (luc 23-34), sommes-nous capables d’en faire et d’en dire autant ?
Peut-être souhaitons-nous montrer notre révolte intérieure, notre agacement, notre énervement, notre colère, notre tristesse de voir son image salie. Cette révolte est-elle une révolte personnelle ou est-ce bien la volonté de notre Père que nous faisons ? (Mt6-6)
Rappelons que la volonté du Seigneur est que toutes les brebis égarées reviennent avec le troupeau. Que pensent donc ces brebis égarées de nos actes en manifestant fermement ? Est-ce que nos manifestations les aident à revenir ou au contraire à s’en écarter ?
Et pour nous, le Seigneur nous éprouve, comment réagissons-nous ? Pouvons-nous accueillir l’autre tel qu’il est ? Aimez l’autre quand il nous provoque est certainement ce qu’il y a de plus difficile mais n’est-ce pas là ce que Jésus nous demande ? Aimez l’autre quand il nous agresse et piétine l’image de notre Sauveur, en sommes-nous capables ? Préférons-nous suivre Jésus ou nous rebeller contre notre futur frère ?
Derrière ce piétinement, ceux qui ont été baptisé à l’âge adulte savent que la souffrance spirituelle est bien plus forte que les chrétiens ne l’imaginent. La vie avec Jésus est beaucoup plus apaisante dans le cœur de celui qui accueille Dieu. Mais dans celui qui la renié les épines sont acérés comme des lames de rasoirs qui tranchent l’âme et l’esprit et plonge l’être humain dans une souffrance insupportable jusqu’au point de non-retour parfois. Il faut être conscient de cette réalité-là quand on a évité le pire grâce au baptême. Sachez que cette souffrance de vivre sans Jésus amène l’homme au pire des égarements mais toujours et inlassablement notre Père attend patiemment le retour de l’enfant prodigue. Serons-nous comme son fils aimé à nous indigner aussi ?
Prions pour ces désespérés que leurs âmes puissent enfin trouver la paix éternelle avec le Christ car sans lui la mort a déjà une main mise sur leurs épaules et leurs agissements continueront de nous ulcérés.
Ma question est donc comment aider ces gens en détresse spirituelle ? Est-ce que la manifestation les aide ou au contraire les enfonce ? Est-ce la volonté de Dieu de défendre son image de rédempteur ou n’est-ce qu’un moyen pour nous de soulager notre frustration ou notre colère ?
Jésus marquait-il son désaccord lors de sa passion ? (Lc6-29)
« Aimez-vous les uns les autres comme je vous aimé ». Si nous n’en sommes pas capable, alors ne soyons incapable qu’en pensée et réservons nos actes à la prière plutôt qu’à la manifestation.
Benoît.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=618447