Pas d'accord avec vous

Le Forum Catholique

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le torrentiel -  2011-11-19 11:39:46

Pas d'accord avec vous

La jurisprudence a peut-être fait entrer cette notion de vie privée, mais il s'agissait pour rené Lebouvier de rendre public le fait qu'il ne se sentait tellement plus en conscience en accord avec son baptême qu'il souhaitait être débaptisé.


René Lebouvier s'est dégagé, le contraire de s'engager, c'est ce qu'il souhaitait et c'est ce qu'il a fait.


En cela, il a fait un choix, et il n'a pas été comme nombre de ces tièdes qui ont reçu le germe baptismal en devenant, selon l'expression de Saint Pie X dans son "CATECHISME", "des membres morts de l'Eglise. A l'injonction formelle du seigneur:
"que votre oui soit oui que votre non soit non", il a répondu non au christ dont saint-Paul dit certes qu'Il n'a été que OUI, mais ce n'est pas le non qui vient du diable, c'est l'ambivalence intentionnelle et inactive, puisque flottante, "pusillanime" comme l'a écrit un jour scrutator.


Ce que cache cette demande de rené Lebouvier et d'autres, c'est la trop grande proximité entre Sacrement et conscience, en particulier en ce qui concerne le baptême.


Dans le baptême des petits enfants, il y a délégation de conscience. L'enfant peut certes ne pas renouveler ses voeux de baptême, le sacrement reste acté. J'ai naguère exprimé une position franchement anabaptiste, je dois dire que je suis en train d'évoluer, en particulier sous l'influence très récente d'une conférence à laquelle j'ai assisté, du professeur Jacky guetschell, élève du pr Armand abécassis, tous les deux de savants juifs, qui expliquaient que recevoir la torah, pour nous la vie divine, n'est pas une affaire de conscience, ni même de volonté, mais d'une inversion de la proposition: "On réfléchit avant d'agir". La logique de la Révélation comme celle du sacrement veut que l'on accepte avant de délibérer, que l'on agisse pour comprendre et non pas que l'on comprenne avant d'avoir agi. On parle avant de savoir ce qu'on a dit. Ce n'est qu'après avoir parlé qu'on peut écouter ce qu'on a dit. "La donation est à la mesure de la capacité de celui qui reçoit, le don n'est pas toujours un cadeau, au sens ironique du proverb français!" Il y a une contrainte qui précède la liberté. Si je ne choisis pas de mourir, je choisis de vivre, par défaut. Recevoir la vie divine nous demande peut-être au commencement, dans l'enfance, dans l'incapacité à parler, à dire oui ou à dire non, un tel choix par défaut. Le défaut de refus est l'expression minimale de la conscience. Aussi, l'eglise gagnerait-elle peut-être à ne pas accentuer à l'excès la liaison entre Sacrement et conscience pour se retrouver finalement dans une situation, non pas certes d'ambivalence, mais au moins d'ambiguïté.


Autre manière de poser le même problème entendue ce matin sur "france inter" par le physicien etienne Klein. La journaliste lui demande s'il se sent anarchiste ou libertaire comme celui qui était invité en sa compagnie, l'écrivain Jean-bernard Pouy. Réponse extraordinaire du professeur:

"Un physicien ne peut pas être anarchiste puisqu'il croit aux lois physiques."

Eh bien, peut-être y a-t-il pareillement une physique sacramentelle. Je crois qu'il faudrait développer la recherche théologique dans ce sens pour rendre la conscience à l'humilité de sa dimension, premièrement défectueuse, ce qui n'empêche pas qu'elle demeure un sanctuaire, puisqu'elle garde la capacité de se développer, de défectueuse qu'elle était, je dirais qualitativement.
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