Ségolène Royal soutient le combat de la CFTC pour sa survie

Le Forum Catholique

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Jean Kinzler -  2011-11-18 19:41:56

Ségolène Royal soutient le combat de la CFTC pour sa survie

Ségolène Royal a fait une apparition, vendredi 18 novembre, en tant que présidente de la région Poitou-Charentes, à la clôture du 51e congrès confédéral de la CFTC à Poitiers. L'ancienne candidate socialiste à l'Elysée n'a pas évoqué directement ce qui a constitué l'essentiel des débats, parfois agités, des 1 500 participants : la contestation de la loi du 20 août 2008 sur la réforme de la représentativité syndicale. Si, en 2013, la Confédération française des travailleus chrétiens n'atteint pas, aux élections professionnelles, le seuil de 8 % au niveau interprofessionnel, elle perdra sa représentativité nationale.

Sans jamais citer la loi, Mme Royal a affirmé, sous des applaudissements nourris, que "la CFTC occupe une place irremplaçable dans le paysage syndical". Saluant les valeurs humaines et l'engagement spirituel de la centrale chrétienne, elle a souligné son "respect" de la pluralité syndicale : "Vous vous battez sur la représentativité et vous avez raison."

Les militants ont dénoncé la réforme de la représentativité, qualifiée de "loi scélérate" ou de "pacte honteux", certains délégués réclamant même l'abrogation de la loi. La direction confédérale ne va pas aussi loin. Dans un rapport spécial sur la représentativité, elle dénonce "une machine infernale visant à une 'pseudo-démocratie' binaire, où la pluralité des expressions, la légitime représentation des courants de pensée et la diversité des opinions des salariés sont enfermées dans le carcan d'une pensée quasi unique".

"La CFTC remportera la bataille de la représentativité syndicale", a martelé Philippe Louis, qui a été élu, comme prévu, à la présidence de la confédération, où il succède à Jacques Voisin. M. Louis, qui réclame la mise en place d'"un comité permanent du dialogue social", juge qu'"il faut faire évoluer la loi". Il estime que 70 % des résultats qui sont remontés au Haut Conseil du dialogue social, organisme qui doit trancher en 2013, sont entachés du doute.
L'élection du conseil confédéral a réservé une surprise. M. Louis, qui se définit comme un catholique non pratiquant, comme M. Voisin, et de sensibilité centriste – "centre-centre", précise-t-il –, a été le cinquième mieux élu sur 22, avec 79,57 % des voix. En revanche, Pierre Mencès, trésorier sortant, qui devait conserver cette fonction et prendre en charge la communication, a été sévèrement battu. Forte personnalité, M. Mencès paie les dysfonctionnements qui ont accompagné la mise en œuvre d'un dispositif centralisé de recueillement des cotisations. Il restera au bureau confédéral comme secrétaire général adjoint, mais sera le seul, parmi les seize membres, à ne pas avoir de voix délibérative. Pascale Coton a été élue secrétaire générale, et Bernard Sagez devient trésorier.

ENGAGÉE DANS UNE LUTTE POUR SA SURVIE

La centrale chrétienne est engagée dans une lutte pour sa survie. Et M. Louis a décrété la mobilisation générale, en invitant les militants à promouvoir les atouts de la CFTC : "un syndicalisme de construction sociale", qui défend notamment un statut du salarié, "un syndicalisme de valeur pour une société apaisée" et un syndicalisme de services aux adhérents.

Le rapport-programme décennal, adopté à la quasi-unanimité, évoque "une économie humaniste du marché et du service public, qui doit prendre le pas sur l'économie de marché, trop soumise au capitalisme financier". "Au nom des valeurs sociales chrétiennes, affirme-t-il, sachons résister au matérialisme capitaliste mondialisé, lequel bafoue cette dignité spirituelle qui différencie la personne humaine d'une simple marchandise livrée au marché."

Si Marie-Anne Montchamp, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des solidarités, a porté, jeudi 17 novembre, la bonne parole du gouvernement sur les handicapés, Xavier Bertrand, ministre du travail, a fait défection, comme au congrès de Strasbourg en 2008, pour des raisons d'agenda. Si les "alliances électoralistes" et "le chemin d'une fusion aux effets tragiques" ont été fustigés, la question des rapports avec les autres syndicats a été la grande absente du congrès. La CFTC se battra pour sa survie, seule.
Michel NoblecourtICI
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