Les croisades: pour en finir avec quelques idées reçues
Le Forum Catholique
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CMdelaRocca - 2011-11-17 09:14:08
Les croisades: pour en finir avec quelques idées reçues
de Rino Cammilleri - Il Giornale, 29 mars 2010
Qui a vu le film de Ridley Scott "Les croisades" est confirmé dans l'idée qui a cours en occident depuis l' Illuminisme :
a) les croisés étaient rustres et cruels, face à des islamistes raffinés et tolérants;
c) l'impérialisme européen a attaqué sans provocation de leur part les pacifiques musulmans;
d) Saladin était un gentilhomme et les croisés des mécréants;
e) depuis lors les musulmans nous haïssent, avec raison.
Ce faisceau de mensonges est depuis enseigné comme vérité par divers ouvrages, études, oeuvres et enseignements officiels...lors même que la vérité se situe à l'opposé même de ces assertions.
Avant tout, les musulmans ne se sont intéressés à ces croisades que lorsque l'Occident les leur a lui-même remises en tête, c'est à dire à la toute fin du XIX ème siècle. Non seulement les arabes de l'époque ne s'en étaient pas "formalisés", parce qu'ils n'y voyaient là que des invasions parmi d'autres dans des périodes où elles étaient très courantes, et non pas une invasion contre l'Islam à proprement parler, mais aussi parce que les musulmans sujets des royaumes latins de Palestine n'étaient pas traités en " dhimmitude" (au contraire de ce que faisaient les gouvernants islamistes à l'encontre des chrétiens et des hébreux) et que les taxes qu'ils acquittaient étaient plus légères que dans les royaumes musulmans.
«Pour beaucoup d'arabes, en outre, les croisades ne furent que des attaques contre les "turcs" qu'ils haïssaient eux même».Et de fait ce ne fût que quand arrivèrent les "turcs" qui massacraient les pèlerins que commencèrent les croisades.Et elles eurent le mérite pour la civilisation européenne d'arrêter l'expansionnisme turc pour deux siècles, après lesquels l'Europe se retrouva à devoir se défendre jusque dans ses murs pour près de quatre cents ans !
Pour ce qui concerne Saladin, la "romantisation" de sa figure n'émût elle pas jusqu'au Kaiser, Guillaume II, qui déposa sur sa tombe une couronne de bronze (que Lawrence d'Arabie, comme tous les arabes ennemis de l'empire ottoman, fît disparaitre).
Et pour tant, après la défaite infligée aux chrétiens, son secrétaire Imad ad-Din décrivait ce qui fût fait aux templiers et hospitaliers capturés: "Il ordonna qu'ils soient décapités, préférant les tuer à en faire des esclaves. Il y avait à ses cotés tout un ensemble de docteurs et de soufis, et un certain nombre de dévots et d'ascètes. Chacun demanda de pouvoir tuer les sien, ce à quoi Saladin accéda volontiers.Il n'est pas vrai qu'il aurait libéré tous les habitants de Jerusalem, la moitié d'entre eux ne pût payer son rachat et fût réduit en esclavage."
... sur la fameuse Quarte croisade, celle qui conquît Constantinople et la Terre Sainte: Depuis la première expédition les byzantins avaient toujours observé un attentisme déloyal, trahissant les croisés à maintes reprises. Isaac II s'était allié à Saladin contre les latins pour favoriser les grecs orthodoxes dans ses ambitions de reconquête de Jérusalem, attribuant à ceux-ci par un pacte chaque église latine qui aurait été conquise. Hors encore une fois la demande d'aide était partie de Constantinople et encore une fois les latins y avaient répondu, et encore une fois, arrivés sur place, ils avaient été trahis. Pour en finir avec cette menace constante dans leur dos, ils ont donc tenté d'installer un des leurs sur le siège impérial.

Autre légende noire, celle du massacre perpétré par Godefroy de Bouillon lors de la prise de Jerusalem. A la vérité, 2000 habitants sur les 10 000 que comptaient la ville tombèrent lors de cet assaut: rien à voir avec les massacres indiscriminés accomplis par les musulmans, spécialement les Baibars et les mamelucks, qui causèrent la fin des royaumes latins d'Orient, massacres de plus perpétrés à l'encontre de la parole donnée, ambassadeurs décapités, moines carmélites trucidés, etc. Le pire des massacres de cette époque fût bien celui d'Antioche, perpétré par les Baibars.
Et pourtant en voici le compte rendu par les historiens occidentaux: «Steven Runciman lui dédie bien huit lignes; Hans Eberhard Mayer une; Cristopher Tyerman, qui s'était épanché sur plusieurs pages détaillées sur le massacre de Jérusalem, liquide celui d'Antioche en quatre paroles; Karen Armstrong réserve douze mots au compte rendu en en attribuant la responsabilité aux croisés eux-même (!)».
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