Benoît XVI : croire en la vie éternelle

Le Forum Catholique

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jejomau -  2011-11-03 22:57:51

Benoît XVI : croire en la vie éternelle

A l'angélus du mercredi, le Pape a consacré sa catéchèse à la commémoration des défunts et à la mort. "On a souvent l'impression qu'il s'agit d'une sujet pratiquement prohibé de nos jours, qu'on tente d'écarter de nos esprits la seule pensée de la mort... Face à son mystère, nous cherchons tous, y compris inconsciemment, une raison d'espérer, un signe de consolation, quelque marque d'un nouvel horizon... C'est du vide dont nous avons peur, d'aller vers l'inconnu... Il est difficile d'admettre que tout le beau et le bien d'une vie soit effacé d'un coup. Mais nous savons que l'amour conduit à l'éternité et qu'il ne saurait être vaincu par la mort... A la fin de l'existence, on perçoit qu'il existe un jugement de nos actes, de la façon dont nous avons vécu, en particulier sur les zones d'ombre que nous savons habilement escamoter ou tentons d'exclure de notre conscience".

J'ai voulu souligner le "nous savons" du Saint-Père. Le savoir auquel il fait explicitement référence n'est pas une science réservée à quelques initiés Bac + 20 ! Il s'agit simplement de la vertu surnaturelle de Foi à laquelle il fait référence. Il m'a semblé utile, dans cette année de la Foi que Benoît XVI vient de proclamer, de le mettre en exergue. Mgr Lebrun, dans une homélie sur la Toussaint, le dit autrement mais pourtant si semblable : "Je ne dis pas « je crois » parce que je l’ai appris au séminaire, mais parce que je suis dans cette espérance devant le trou, devant le vide, devant l’absence de communication"(lien)


Puis Benoît XVI a poursuivi alors : "on a tendance à penser que chaque réalité doit être affrontée selon les critères de la science, et qu'il suffise de répondre à la question de la mort non par la foi mais par une expérience empirique. On ne se rend donc pas compte de tomber dans le spiritisme, dans une tentative d'entrer en contact avec un au-delà qui serait plus ou moins la copie de notre monde. Pour les chrétiens au contraire, la fête de Toussaint et celle des fidèles défunts montrent qu'en reconnaissant une grande espérance dans la mort on peut vivre une existence pleine d'espoir... L'homme a besoin d'éternité et tout autre espérance est pour lui trop brève, trop limitée. L'homme ne s'explique que par un amour dépassant tout isolement, y compris celui de la mort, au-delà de l'espace et du temps. Il trouve son sens le plus profond en Dieu uniquement, en lui qui a quitté son éloignement pour nous devenir proche".

"En se manifestant, Dieu est devenu accessible. Il a aimé le monde au point de nous donner son fils unique, afin que tout homme croit en lui, soit sauvé et ait la vie éternelle. Dans l'acte suprême d'amour qu'est la Croix, il s'est immergé dans l'abîme de la mort et l'a vaincu. Par sa résurrection, il nous a ouvert les portes de l'éternité. Dans la nuit de la mort, le Christ nous soutient, car il est le Bon Pasteur à qui on peut se confier sans crainte. Il connaît bien la route, y compris dans l'obscurité... C'est la foi dans la vie éternelle qui donne au chrétien la force d'aimer intensément cette vie et d'oeuvrer à un avenir d'espérance sûre".


Le 03 novembre, comme de coutume, le Pape s'est recueilli sur les tombes de ses prédécesseurs. Durant la messe, a ouvert son homélie en commentant le passage de l'Evangile de Marc où les apôtres demandent à Jésus le sens de sa phrase: "Livré aux hommes qui le mettront à mort, le Fils de Dieu ressuscitera trois jours plus tard".

"Devant la mort", a dit le Saint-Père, "nous aussi sommes animés des pensés que dicte notre condition humaine. Nous sommes alors surpris par ce Dieu qui se fait proche de notre condition, qui et ne s'arrête pas devant l'abysse de la mort et le traverse après deux jours au sépulcre. C'est ici que s'accomplit le mystère du troisième jour. Le Christ revêt jusqu'au bout notre chair mortelle afin qu'elle soit investie par la gloire de Dieu, et vivifiée par le vent de l'Esprit... La mort du Christ est source de vie car en lui Dieu a placé son amour à l'instar d'une immense cascade... L'abîme de la mort est comblé par l'amour de Dieu, sur lequel elle n'a aucune prise. La mort n'a plus prise sur le Christ, ni sur qui, dans la foi et le baptême, lui est associé... C'est dans le Christ seulement que cette espérance est réelle, car avant elle pouvait se limiter à une illusion, à un symbole du renouveau des saisons... Au contraire, l'intervention de Dieu dans l'histoire humaine n'obéit à aucun cycle naturel, mais à sa seule grâce et fidélité. La vie nouvelle et éternelle est le fruit de l'arbre qu'est la Croix... Sans la croix du Christ, l'énergie de la nature demeure impuissante face à la force négative du péché, C'est une force supérieure à celle qui meut la nature, un bien plus grand que celui de la création, un amour qui vient du coeur divin et qui renouvelle et oriente vers son but ultime le créé... Tout ceci est advenu durant ces trois jours, lorsque le grain de blé tombé en terre y est demeuré le temps nécessaire pour combler la mesure de la justice et de la miséricorde divine, pour produire enfin le fruit" promis à une multitude de frères. Grâce au Christ, "les images tirées de la nature ne sont plus de simples symboles, des mythes illusoires, mais le langage de la réalité".

Source VIS
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=614009