La neutralité axiologique pure et parfaite n'existera jamais.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2011-10-31 19:33:08

La neutralité axiologique pure et parfaite n'existera jamais.

Bonsoir Theonas,

Quand on impose, en apparence, la neutralité axiologique, à l'esprit public et au corps social, on leur impose, en réalité, de se soumettre à une mise en concurrence des différents systèmes de valeurs, mise en concurrence au sein de laquelle tous les coups, juridico-politiques et médiatico-symboliques, sont permis.

Dans ce cadre, ceux qui, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, s'interdisent de demeurer sans réactions, mais s'interdisent également de réagir en recourant à des moyens illégaux et immoraux, auront toujours le plus de mal à se défendre, voire à contre-attaquer, d'une manière offensive, mais pas agressive.

Le congédiement, par l'Eglise elle-même, de la logique de chrétienté institutionnelle, a fait entrer les loups, notamment ceux de l'hédonisme et de l'islam-isme, dans les bergeries que sont les écoles et les familles ; mais on ne reviendra probablement pas en arrière, et ce sera déjà très bien si un nombre croissant d'individus, de parents, d'enfants, parvient à conserver voire à retrouver la fidélité à l'égard de Celui qui est à la fois Amour et Lumière.

Il y a pu y avoir, par le passé, une certaine forme de confusion entre théocratie et théonomie, mais il y a aujourd'hui une toute autre autre confusion, entre athéocratie et anthroponomie.

De même, les confusions contemporaines

- entre volonté de liberté et volonté de licence,

- volonté de vérité et volonté de puissance,

- entre expression authentique et transgression symbolique,

aboutissent exactement aux productions et aux spectacles artistiques qui sont sur le devant de la scène aujourd'hui.

Le plus effarant, je termine ce message sur cette dernière remarque, c'est le fait que l'enjeu surnaturel et théologal par excellence soit si rarement évoqué, y compris dans les médias catholiques officiels : c'est la Vérité divine qui libère la personne humaine ; ce n'est pas la liberté humaine qui se vérifie, par elle-même, en elle-même, pour elle-même, au contact de la diversité d'expériences culturelles et morales, sexuelles et sociales, la plus anarchique et anomique possible : là où il y égarement et enivrement, il ne peut pas y avoir de véritable libération intérieure, sauf, parfois, au terme de ce que l'on pourrait appeler un "voyage au bout de l'ennui."

Bonne soirée et à bientôt, par ailleurs, j'ai apprécié l'une de vos réponses à votre contradicteur, sur le site auquel vous nous renvoyez : d'une manière générale, si on n'est pas d'accord avec tel ou tel auteur dont les écrits, dont les idées, semblent faire autorité, "en terre conciliaire", on doit pouvoir dire à son contradicteur que ce n'est pas par "anti-intellectualisme traditionaliste", mais, bien au contraire, parce que l'on a bel et bien étudié ces écrits et ces idées, et donc parce que l'on connaît et comprend l'essentiel des mérites (car il y en a au moins un peu), mais aussi des limites (car il y en a aussi, et, parfois, beaucoup), de ces écrits et de ces idées.

Scrutator.

P S : lisez ou relisez "l'Empire du moindre mal", de Jean-Claude MICHEA...
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=613460