On administre un sacrement, mais le sacrement n'est pas un acte administratif

Le Forum Catholique

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le torrentiel -  2011-10-26 18:33:46

On administre un sacrement, mais le sacrement n'est pas un acte administratif

Bien, on me jette l'anathème, on me rappelle que l'Eglise recommande le baptême des petits enfants, ce que je sais parfaitement, on me rappelle que l'anabaptisme est incompatible avec le catholicisme (et pour cause, puisqu'il est protestant), mais on ne répond pas à mes arguments et, en particulier, personne ne répond à la question de conscience.


-L'eglise a parlé, ce qui devrait interdire de réfléchir. Désolé, mais je ne marche pas. L'Eglise n'est pas une institution totalitaire et, quand on constate une incohérence, on doit souhaiter de voir la question résolue rationnellement, avec autant d'intelligence que possible. Sinon il ne sert de rien d'attribuer au catholicisme le monopole de l'usage de la raison, comme le fait si souvent benoît XVI, qui, si elle n'est que servante de la foi, si elle n'a vocation qu'à confirmer le magistère, ne s'exerce pas, désolé. Du reste, Saint Pie X note fort oppportunément que le baptême des enfants s'est imposé progressivement dans l'eglise de manière disciplinaire et que cela a obligé l'Eglise à couper le Sacrement en deux: baptême et pénitence. On pourrait même aller plus loin et force nous serait de reconnaître avec les protestants qu'à l'origine, toute l'initiation chrétienne était contenue dans le baptême.


-On m'objecte que les parents sont civilement et pénalement responsables de leurs enfants. Certes, mais cela leur donne-t-il le droit d'engager, et à vie, jusqu'à leur conscience?


-L'argument le plus pitoresque est celui qui consiste à dire que le baptême ne suffit pas bien qu'il soit nécessaire, mais qu'il faut poser des actes de foi. Ah bon, mais je croyais que le baptême était censé donner la foi!


-L'argument le plus intéressant est la question qui m'est posée de savoir si je me souviens d'avoir apposé ma signature à la République ou au contrat social.


Tout d'abord, être né sous une République et naître à la Foi ne sont pas deux actes de même nature. Dans un cas, il y a une situation que je subis passivement (je suis né sous... un régime politique, éventuellement je peux même souffrir sous et de ce régime); et dans l'autre, je suis censé être acteur (je nais à, on ne me fait pas naître). L'adoption est un acquiescement à une filiation de surcroît. Le baptême nous rend des filles et des fils adoptifs... de dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-christ par l'Esprit-saint que nous recevons déjà en lui (donc la confirmation est bien contenue en germe dans le baptême).


Quant au "contrat social", chacun sait que c'est un décalque politique de mauvaise facture en forme de "religion civile" de la religion véritable. Il n'est pas jusqu'au vocable de nation qui ne soit employé de manière parodique. La nation vient de nascor, "je nais", bien que le verbe latin soit conjugué à la voix passive.


Le contrat social est une supercherie puisque personne ne l'a signé. Les valeurs républicaines sont le codiscile au contrat social. Elles supposeraient de ma part un acte de foi civile sur lequel je suis plus que réservé. Reste la donnée de fait: je suis né dans un pays, la France, qui s'est donnée pour forme de gouvernement la république. Cette forme de gouvernement peut bien avoir, dans le cas français, voulu se donner une espèce de substrat idéologique, pour singer ce que la grâce est à la nature.


La nature du fait est l'administration et les lois qui régissent mon être social, peu importe que je les approuve ou non, elles ont un pouvoir coercitif sur mon corps si j'y contreviens. La foi, qui engage mon être moral et personnel, a elle aussi un pouvoir de coercition sur mon âme, mais celui-ci n'intervient que si mon âme contrevient à l'adhésion qu'elle a librement consenti. Or par le baptême qu'on m'administre quand je ne suis pas en état de parler, on me vole cette adhésion, on consent à ma place, ce qui est contraire à la nature du consentement; on m'arrache une promesse alors qu'infans, je n'ai pas la parole. L'intention est pleine de sollicitude: on veut sauver mon âme, on veut me sauver malgré moi, au cas où je deviendrais frondeur ou réfractaire (dans mon cas, c'était prophétique) , mais la démarche est bancale, elle ne suit pas la propre logique du sacrement qui veut que celui qui le reçoit et celui qui le célèbre veuillent ce que veut faire l'eglise. Or nourisson, je ne peux rien vouloir.
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