La sainteté contre la tentation de l'ambivalence pusillanime
Le Forum Catholique
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le torrentiel - 2011-10-25 01:37:08
La sainteté contre la tentation de l'ambivalence pusillanime
Cher Scrutator,
Permettez-moi de vous dire, sans faire ombre à votre humilité, que vous prodiguez là un conseil haut élevé de spiritualité, qui replace la sainteté dans son milieu naturel: celui de la conscience, car le dépassement de l'ambivalence qu'elle exige est nécessairement dépassement d'habiter dans l'inconscient, à en croire nos médecins de l'âme dont le discours est devenu dominant. Or la conscience est le milieu naturel de dieu et de la vie, "Lumière des hommes" et dynamisme de commencement. Je ne crois pas qu'il puisse y avoir de vie en dehors de la conscience, j'entends dans l'intention du créateur. Même si c'est téméraire à moi, je crois que dieu a créé parce que, souverainement Conscient, Il Se sentait le besoin d'un vis-à-vis.
Ce sur quoi je voudrais insister brièvement pour enrichir votre analyse d'un élément que je ne crois pas vous avoir vu souvent exploiter ni développer, c'est que, si nous sommes dans cette situation d'ambivalence, dans un terreau qui met en faveur l'ambivalence intentionnelle parce qu'elle est inconsciente, ambivalence intentionnelle qui est d'ailleurs une contradiction dans les termes, c'est que nous sommes hypnotisés.
Nous sommes hypnotisés à nous focaliser sur le rêve, ce qui revient à le préférer à la réalité. Nous sommes hypnotisés car assoupis dans notre vigilance de bienveillants dormeurs. Nous sommes hypnotisés jusqu'à l'incapacité de choisir. Le drame de notre génération (je l'expérimente sur moi-même) est qu'elle se trouve complètement paralysée devant le choix et qu'elle se résout à cette situation d'enlisement. Dans l'un de ses premiers livres, "Et les violents s'en emparent" publié aux éditions des provinciales, fabrice Hadjadj a montré jusqu'à la satire qu'un des travers de l'eglise qui se définit comme une bergerie qui veille sur son troupeau est qu'elle lui dit:
"Dormez en paix, on s'occupe du reste."
Le troupeau n'en demandait pas plus, d'autant qu'il avait l'impression de ne pouvoir en supporter davantage. Je m'avoue membre de ce troupeau d'indécis congénitaux et vous félicite d'avoir su prendre des décisions qui vous ont fait échaper à l'ambivalence pusillanime, même si vous en avez payé le prix.
Prions pour que nous sachions ne pas nous complaire dans l'ambivalence pusillanime et choisir le courage d'être saint.
"saint-raphaël archange, guérissez-nous de la peur et de l'incomplétude à nous accomplir qui nous privent du devenir."
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