Le Forum Catholique
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Elzéar - 2011-10-22 19:16:04
J'achève la lecture
du livre de Marcello Pera :" Pourquoi nous devons nous dire chrétiens ". Et je trouve à la page 18 cette expression qui marque bien quels sont les présupposés de l'auteur qui s'affiche libéral et qui est au fond démocrate-chrétien : " Le concept porteur du libéralisme, la liberté... ".
Si le concept porteur du libéralisme est la liberté, alors oui, il suffit que le libéralisme redevienne fidèle à ses origines pour redevenir une conception de la chose publique acceptable par les chrétiens. Mais depuis quand créé-t-on deux mots pour une réalité et son concept ? Y-a-t-il un mot pour désigner la table et un autre mot pour désigner le-concept-de-table ? En réalité, c'est dès le départ que les inventeurs du libéralisme ont tenu à en faire une réalité à part qui se distinguait de la liberté telle qu'on l'avait entendu jusque là par le fait justement qu'elle ne se reconnaissait pas de tutelle. En particulier pas de tutelle religieuse autre que leur libre arbitre. Et même s'ils étaient croyants, ils ne croyaient qu'à leur perception subjective du divin. Certes, il n'est jamais trop tard pour bien faire. Mais est-ce bien faire que de tomber dans le piège de la " langue inverse " ( Professeur Xavier Martin ) et de faire semblant de croire que les mots créés par des adversaires de la foi peuvent se voir attribuer unilatéralement un sens chrétien ? N'est-ce pas le jeu auquel s'époumonnent depuis longtemps tous les ralliés de la démocratie chrétienne ? Pour quel résultat ?
D'autres nous ont déjà dit que liberté, égalité, fraternité étaient des valeurs chrétiennes. Oui individuellement, encore que pour l'égalité ce ne soit pas si sûr. Non quand elles sont mises ensemble et transformées en slogan. Les manipulations sémantiques n'y changeront rien.
Le livre de Marcello Pera est certainement une mine de réflexions intéressantes. Il est aussi l'œuvre d'un rallié déçu. Qui n'en revient pas de sa déception. Et qui cherche le moyen de faire en sorte que les choses n'aient pas été ce qu'elles furent.
Désolé, Monsieur Perrin, mais ceux que vous appelez " les intégraux " avaient perçu mieux que vous et mieux que les cocus de la démocratie-chrétienne le péché originel du libéralisme et les conséquences qui devaient s'ensuivre très logiquement. Le libéralisme aussi a ses idiots utiles.
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