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3. Valeur permanente des formules
dogmatiques
La question de l’interprétation actuelle des dogmes se concentre dans le problème de la valeur permanente des formules dogmatiques. Sans doute faut-il distinguer le contenu toujours valable des dogmes de la forme dans laquelle il est exprimé. Le mystère du Christ
transcende les possibilités d’expression de toute époque historique et se dérobe donc à toute systématisation exclusive (cf. Ep 3, 8-10).
Dans la rencontre avec les diverses cultures et les signes des temps qui se succèdent, l’Esprit Saint ne cesse de rendre le mystère du Christ présent dans sa nouveauté.
Cependant, on ne peut pas séparer nettement contenu et forme d’expression. Le système symbolique du langage n’est pas
seulement un revêtement extérieur, mais en quelque sorte l’incarnation d’une vérité. Cela vaut, sur le fond de l’incarnation de la Parole éternelle, tout particulièrement de la progression de foi de l’Église. Celle-ci prend naturellement une forme concrète et formulable qui, comme expression réelle symbolique du contenu de la foi, contient et rend présent ce qu’elle indique. C’est pourquoi ses images et ses concepts ne sont pas interchangeables à volonté.
(...)
Ces paroles fondamentales de la foi ne sont pas révisables, même quand on se propose de ne pas perdre de vue la réalité qui est
exprimée en elles. Mais on doit s’efforcer de les assimiler toujours davantage et d’aller plus loin dans leur explication, grâce à toute une gamme de différentes formes d’évangélisation. En particulier, l’inculturation du christianisme dans d’autres cultures peut, pour cette tâche, fournir une occasion ou créer une obligation.
La vérité révélée demeure pourtant toujours la même, « non seulement dans ce qui est son contenu substantiel, mais aussi dans ses formules linguistiques décisives »