Quelques remarques rapides sur les huit premières questions.
Le Forum Catholique
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Scrutator Sapientiæ - 2011-10-16 14:40:27
Quelques remarques rapides sur les huit premières questions.
Bonjour, bon dimanche à tous, et merci beaucoup à paradisi gloria.
Voici quelques remarques très rapides, sur les huit premières questions de cette liste.
1) Quelle est la vraie nature de Vatican II ?
Ou bien l'on a seulement eu connaissance, jusqu'à présent, de la « fausse nature » de Vatican II ; ou bien l'on n'a pas encore eu connaissance, un demi-siècle après, de la « vraie nature » de Vatican II ; à moins que ce ne soit un peu des deux, ou que ce ne soit parce que la « vraie nature » du Concile n’est pas jugée satisfaisante, au vu de sa mise en forme puis en œuvre, par les auteurs de cette liste.
2) Quel est le rapport entre son caractère pastoral (dont il faudra préciser avec autorité la notion) et son éventuel caractère dogmatique ? Le pastoral est-il conciliable avec le dogmatique ? Le suppose-t-il ? Le contredit-il ? L’ignore-t-il ?
A mon sens, la distinction la plus pertinente est la distinction entre Concile adogmatique et Concile dogmatique, d'autant plus que, parmi les Conciles ayant abouti à des condamnations et / ou à des définitions dogmatiques, en amont de Vatican II, il y en a certainement eu qui étaient animés par des préoccupations certes doctrinales, mais aussi pastorales.
3) Est-il vraiment possible de définir le concile Vatican II comme ‘dogmatique’ ? Et donc de se référer à lui comme dogmatique ? De fonder sur lui de nouvelles assertions théologiques ? En quel sens ? Dans quelles limites ?
La vertu spécifique à la dogmatique, me semble-t-il, devrait pouvoir être placée davantage sous le signe de la clarification que sous celui de la créativité ; à partir de cette remarque, la question pourrait-être : y a-t-il eu plutôt clarification ou plutôt obscurcissement de la réception et de la transmission du dépôt de la foi, du donné révélé, au moment puis en aval du Concile ?
4) Vatican II est-il un ‘événement’ dans le sens de l’école de Bologne, c’est-à-dire qui coupe les liens avec le passé et instaure une ère nouvelle sous tous les aspects ? Ou bien tout le passé revit-il en lui eodem sensu eademque sententia ?
Tout "événement" n'est certes pas un « avènement », mais en l'occurrence, et comme je l'ai déjà écrit, la relecture des « Discours au Concile » des deux Papes du Concile permet de prendre la mesure du fait que "l'intention de renouveau" a cohabité avec "des éléments de continuité", sur lesquels elle a exercé un « effet de surplomb » canalisateur, sinon intégralement réorientateur, et cela n'aurait probablement pas abouti tout à fait au même résultat s'il y avait eu "permutation des facteurs", id est si l'intention de continuité avait canalisé des éléments de renouveau.
5) Quelle est la signification exacte donnée au concept de « tradition vivante » apparu dans la ConstitutionDei Verbum sur la divine Révélation ?
La tradition n'a pas à être vivante au sens de "changeante et mouvante", ni en ce qu'elle s'opposerait à une "tradition mourante" ; si elle est vivante, en tant que contenant, c'est qu'elle est reçue puis transmise, en tant que contenu, et si elle est vivante sans être ni reçue ni transmise, c'est qu'on lui confère une créativité indéterminée, dans le cadre d'une "pasteurisation", d'une stérilisation de son contenu, par un contenant qui l'asservit ou l'évacue.
(Je ne me prononce évidemment pas sur la suite et la fin de la même question 5), au sein de laquelle j’ai l’impression que les auteurs passent d’une question à une autre, sans que je perçoive, pour ma part (merci pour tout éclairage), le lien logique qui peut exister entre la vision conciliaire « moniste » de la Révélation et la remise en cause de l’étendue de l’inerrance des Ecritures.)
6) Quelle est la signification exacte à donner à la nouvelle définition de l’Eglise catholique, contenue dans la Constitution dogmatique (qui toutefois ne définit pas de dogme) Lumen gentium sur l’Eglise ? Si elle coïncide avec celle de toujours, à savoir que seule l’Eglise catholique est l’unique et vraie Eglise du Christ parce que l’unique à avoir maintenu dans les siècles le dépôt de la foi transmise par Notre Seigneur et les apôtres sous la conduite du Saint-Esprit, en ce cas pourquoi a-t-on voulu changer, en écrivant d’une manière peu compréhensible pour un simple croyant et jamais clairement expliquée (il faut le dire), que « l’unique » Eglise du Christ « subsiste dans l’Eglise catholique, gouvernée par le successeur de Pierre et par les évêques qui sont en communion avec lui, alors qu’en dehors d’elle, se trouvent de nombreux éléments de sanctification et de vérité, qui, appartenant en propre par don de Dieu à l’Eglise du Christ, appellent par eux-mêmes l’unité catholique » ?
On vous l'a dit et répété : l'opérateur historique ne veut plus s'exposer au risque de déplaire, d'une manière continue, par intention et par principe, à ses concurrents, d'autant plus quand il voit en eux, occasionnellement ou périodiquement, non plus des concurrents, mais des convergents, au service de l'humanité.
Je ne dis pas que c’est la seule motivation qui est à l’origine de cette novation conciliaire, mais je suis convaincu que cette motivation a pesé de tout poids, non théologique, mais diplomatique, et je pense ici également à ce que l’on a cru devoir faire dire, au Concile, à une expression telle que « les semences du verbe ».
7) Quelle est la vraie signification à donner à la notion d’Eglise comprise globalement comme « Peuple de Dieu » (Lumen gentium, 9-17), notion qui dans le passé indiquait seulement une partie du tout, le tout représentant, par contre, le « Corps mystique du Christ » ?
(Relire notamment les pages 37 à 39 dans Documents conciliaire – 1, paru aux éditions du Centurion, en 1967)
8) Quelle signification faut-il donner à l’omission des termes « surnaturel » et « transsubstantiation » dans les textes du Concile ? Cette omission modifie-t-elle aussi le contenu de ces concepts, comme certains l’affirment ?
Théologal ne semble pas beaucoup plus présent dans les mêmes textes...
Bonne réception, bonne lecture, bon après-midi.
Scrutator.
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