Probablement invalide

Le Forum Catholique

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N.M. -  2011-10-11 14:37:54

Probablement invalide


Le fait que le prêtre ait l'intention de consacrer ensuite le vin ne change pas la validité de la consécration de l'hostie.



Si la consécration de l'hostie est invalide, l'intention de consacrer ou de ne pas consacrer ensuite le calice ne fait en effet rien à l'affaire.

Si, une fois l'hostie consacrée, le prêtre ne veut plus (changeant d'intention en cours de route) ou ne peut plus (malaise ou autre) procéder à la consécration du calice, cela ne change rien au fait que la première consécration était valide (en effet).

En revanche, si le prêtre se propose "dès le départ" de procéder à la première consécration (et donc avant cette dernière) sans procéder à la seconde, c'est que ce prêtre n'a tout bonnement pas (et dès le départ) l'intention de faire ce que fait l'Eglise (quoi qu'il en soit de ses bonnes intentions par ailleurs). Ce qu'il fait est donc invalide par défaut d'intention. La consécration de l'hostie est donc invalide.


Le fait que ce soit en dehors de la Messe aurait pu avoir une incidence, puisque Jésus avait dit : "faites ceci...", il faut donc faire ce que Jésus a fait.



Non pas "cela aurait pu avoir une incidence", mais "cela a une incidence". Comme vous le dites fort bien, "il faut faire ce que Jésus a fait" et demandé de faire.

Au minimum minimorum, faire ce que Jésus a fait et demandé de faire, c'est procéder à la double consécration (et alors il y a messe).


(De même d'ailleurs si la consécration du vin est invalide (omise, oubliée, défectueuse...) : la Messe est invalide, mais la consécration de l'hostie est valide.)



Tout à fait d'accord. Sauf que nous sommes en train d'essayer de savoir ce qu'il en est dans le cas où un prêtre veut délibérément procéder seulement à la consécration de l'hostie.


Mais la Lettre De delictis gravioribus du Card. Ratzinger dit clairement :

4° consecratio in sacrilegum finem alterius materiae sine altera in eucharistica celebratione, aut etiam utriusque extra eucharisticam celebrationem;

et semble reconnaître ainsi implicitement la validité, sinon les canonistes et les théologiens auraient utilisé l'idée de tentative de consacrer (comme on parle de tenter de recevoir les ordres sacrés pour une femme).



Il semble dites-vous. Je ne suis pas convaincu (cf. infra).


Bref, c'est interdit (sauf peut-être raison archi-ultra-grave permettant d'invoquer l'épikie ou le c. 1752), mais valide au moins très probablement.



Sed contra :


"La consécration à la messe d'une matière sans l'autre, faite volontairement, est toujours défendue sub gravi, même dans le cas d'extrême nécessité (c. 817), et est probablement invalide."

Adrien Cance, Le Code de Droit Canonique, commentaire succinct et pratique, t. II, p. 289.




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