idée originale mais après tout
Le Forum Catholique
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Luc Perrin - 2011-10-01 13:22:17
idée originale mais après tout
Je souscris sur le principe à votre idée originale pour la France du recours à l'évêque étranger qui, après tout, est périodiquement utilisé pour l'Afrique, l'Asie voire l'Amérique latine. Mais ce serait un tel camouflet pour l'Église qui meurt en France que cela me semble hautement irréaliste.
Il est aussi vrai que le laboratoire de Poitiers montre tous les signes de la faillite des orientations prétendument "conciliaires", en fait largement étrangères à Vatican II, que Mgr Rouet a radicalisées et institutionalisées.
C'est un point qui serait à rectifier dans l'analyse qui ouvre le fil : il est imprudent de laisser ceux qui trahissent effrontément la lettre et l'esprit authentique du concile Vatican II se prévaloir d'un titre qu'ils usurpent. On peine à voir, par exemple, comment le "décret paroisses" est compatible avec Presbyterorum ordinis. On est en tout cas très loin de l'interprétation autorisée du rôle des laïcs donnée par Christifideles laici : ne confondons pas l'idéologie rouetiste, mise à jour du vieux catholicisme libéral avec une inclination pour le néo-modernisme, avec Vatican II.
Mais on voit bien les difficultés présentées par ce diocèse sinistré qui ont des analogies avec la situation qu'ont dû affronter Paul VI et Jean-Paul II avec les Pays-Bas.
Il y a en gros 4 options :
- la tentative de sauver le diocèse en y nommant un évêque pleinement catholique romain : ce fut le choix de Paul VI et Jean-Paul II, sera-ce celui de Benoît XVI qui fuit plutôt la confrontation en Europe jusqu'à présent, même s'il l'accepte ailleurs ?
La gravité du cas appellerait sans doute une décision courageuse tellement le malade poitevin est atteint profondément.
- l'option de confort vers laquelle penchent naturellement les bureaux de nonciature et romains : reconduire l'existant à travers une personnalité acceptable par l'establishment poitevin en escomptant voire en obtenant une vague promesse de "profil bas".
La maladie empirera et le malade en mourra peut-être mais après moi le déluge est un réflexe administratif commun.
- la recherche du compromis : trouver un candidat qui ne soit pas mal perçu par l'état-major diocésain et plus largement le clan néo-catholique libéral (cf. l'attaque virulente d'I. de Gaulmyn) tout en étant par exemple porteur de col romain ou un soupçon plus respectueux de Rome et du Magistère, au moins dans l'apparence.
Cela reviendra in fine à la solution 2 mais les bureaux sauveront la face temporairement.
Une variante pourrait être la nomination d'un évêque assez âgé pour un épiscopat de transition très molle.
- Enfin il y a le "wait and see" : l'administrateur apostolique voit son temps se prolonger encore pour laisser du temps au temps. Mais il est impuissant à faire évoluer positivement la situation : le veut-il d'ailleurs, ce n'est pas sûr si l'on s'en tient à l'éloge du statu quo qu'est le communiqué de Mgr Wintzer.
Par delà la grande misère d'un archidiocèse, l'enjeu est énorme : l'archevêque émérite pesait au sein de la CEF et nombre d'évêques français sont tentés, volens nolens, par le "modèle" (anti-modèle en fait) de Poitiers et répugnent à regarder vers les modèles d'Avignon et surtout Toulon-Fréjus. Quel sera le devenir de cet anti-modèle poitevin ? Par derrière cette nomination, c'est le devenir de la plus grande part de ce qui reste de catholicisme français qui se profile.
On comprend très bien l'agitation qu'elle suscite et le grand embarras tant du nonce que de Rome.
ps. une donnée qui nous échappe souvent est le facteur "refus" : on peut avoir un ou plusieurs candidats parfaits sur le papier qui refusent. On comprend bien que la vocation de martyr n'attire pas trop les candidats au siège de Poitiers.
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