Extrait du Traité sur les Séraphins de Saint Jérôme
Le Forum Catholique
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ami de la Miséricorde - 2011-09-30 03:58:15
Extrait du Traité sur les Séraphins de Saint Jérôme
TRAITE SUR LES SERAPHINS
De Saint Jérôme
[…] « Les Séraphins étaient autour de lui. Ils avaient chacun six ailes, deux dont ils voilaient sa face, deux dont ils voilaient ses pieds, et deux autres dont ils volaient. Ils se criaient l'un à l'autre, et ils disaient: « Saint, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées; la terre est toute remplie de sa gloire!» Il s'agit de savoir qui sont ces Séraphins qui «environnent le trône de Dieu; » ce que signifient les « six ailes» de chaque Séraphin, et qui sont douze en tout; comment, de ces six ailes, il y en a «deux » qui leur servent pour « voiler la face de Dieu, deux pour voiler ses pieds, et deux pour voler,» puisque l’Ecriture remarque qu'ils étaient« debout autour du trône du Seigneur;» comment ils peuvent être « debout autour » du trône puisqu'ils ne sont que « deux », et qu'ils « volent;» pourquoi ils « crient l'un à l'autre, » et répètent trois fois le nom du Saint ; comment le prophète dit ici que « toute la terre est remplie de la gloire du Seigneur, » puisqu'il a dit plus haut que c'était « la maison » qui était toute remplie de sa majesté. Comme toutes ces questions paraissent d'abord assez difficiles à développer, prions ensemble le Seigneur qu'il m'envoie comme au prophète un charbon de dessus l’autel, afin que, purifié de toutes les souillures de mes péchés, je puisse d'abord contempler les mystères de Dieu, et ensuite expliquer ce que j'aurai vu.
Le mot Séraphim, selon l'interprétation que lui donnent les Hébreux, signifie : ardeur, ou le commencement de leur bouche. Voulons-nous savoir ce que c'est que cet embrasement? Le Sauveur nous l'apprend lorsqu'il dit: «Je suis venu pour jeter le feu dans la terre, et que désirai-je, sinon qu'il s'allume? » Nous l'apprenons aussi de ces deux disciples à qui Jésus-Christ expliqua en chemin les saintes Écritures, en commençant par Moïse et ensuite par tous les prophètes. Leurs yeux s'étant ouverts et ayant reconnu leur divin maître, ils se dirent l'un à l'autre : « Notre cœur n'était-il pas tout brûlant dans nous lorsqu'il nous parlait durant le chemin, et qu'il nous expliquait les Ecritures?» Nous lisons encore dans le Deutéronome que Dieu est « un feu dévorant; »et le prophète Ezéchiel nous le représente « tout de flammes depuis les reins jusqu'aux pieds. » C'est l'idée que nous en donne aussi le prophète-roi lorsqu'il dit : « Les paroles du Seigneur sont des paroles chastes et pures; c'est comme un argent éprouvé au feu, purifié dans la terre, et raffiné jusqu'à sept fois. » Nous trouvons sur cela plusieurs autres passages dans l'Ecriture sainte qu'il serait trop long de rapporter ici. Où trouver donc ce feu et cet embrasement salutaire? C'est sans doute dans les saintes Écritures, dont la lecture purifie une âme de tous ses vices et de toutes ses impuretés.
Nous avons dit que le mot Séraphim signifie aussi : le commencement de leur bouche ; mais si j'entreprends d'en faire ici l'application à l'Écriture sainte, j'appréhende qu'on ne la trouve plus forcée que juste et mesurée. C'est le sentiment de toute l'antiquité que l'hébreu, en quoi l'Ancien-Testament est écrit, est le « commencement de la bouche » de tous les hommes, c'est-à-dire la première de toutes les langues, et qu'après que Dieu, pour punir l'orgueil de ceux qui bâtissaient la tour de Babel, eut confondu leur langage, toutes les nations commencèrent à parler diverses langues. La signification que l'on donne au mot Séraphim convient donc à l’Ancien et au Nouveau Testament; et il ne faut pas s'étonner qu'on nous les représente l’un et l'autre sous la figure des « Séraphins autour du trône du Seigneur,» puisque c'est dans ces livres sacres que Dieu se fait contraire aux hommes.
Ces Séraphins avaient chacun six ailes, qui, selon Victorin, représentent les douze apôtres. On peut encore les comparer aux douze pierres précieuses qui composaient le diadème du grand-prêtre, et dont parle le prophète Ezéchiel, et saint Jean dans son Apocalypse. Je ne sais laquelle de ces deux opinions est la véritable ; nous ferons voir dans la suite celle qui a le plus, de vraisemblance. Ils avaient donc chacun six ailes, « deux dont ils voilaient sa face, deux dont ils voilaient ses pieds, et deux dont ils volaient. » Ils voilaient non pas leur face, mais celle de Dieu; car qui peut savoir duel est son commencement, ce qu'il était dans l’éternité avant la création du monde, et dans quel temps il a créé les Trônes, les Dominations, les Puissances et tous les autres esprits destinés à le servir? Deux autres ailes servaient à voiler non pas leurs pieds, mais les pieds de Dieu; car qui peut connaître quelle est sa fin, ce qui doit arriver après la consommation des siècles, quelle sera la vie des hommes après le dernier jugement, et si, après la destruction du monde, Dieu créera une autre terre et d'autres éléments, un nouveau soleil et un nouveau monde ? «Faites-nous savoir les choses passées, et découvrez-nous ce qui doit arriver à l'avenir, et nous reconnaîtrons que vous êtes Dieu ? » C'est ce que dit le prophète Isaïe, pour nous marquer que personne ne peut dire ce qui s'est fait avant la création du monde ni ce qui doit arriver après son entière destruction. Enfin les deux autres ailes leur servaient à voler. Nous ne connaissons, par la lecture de l’Ecriture sainte, que ce qui s'est passé entre le commencement et la fin de toutes choses, savoir la création du monde, la formation de l'homme, le déluge, la promulgation de la loi, la multiplication du genre humain, et enfin l'incarnation du Fils de Dieu qui s'est fait chair pour sauver tous les hommes. Tout le reste, les Séraphins nous le cachent, en couvrant de leurs ailes la face et les pieds du Seigneur.
« Et ils se criaient l'un à l'autre. » Le prophète dit fort bien « l'un à l'autre; » car tout ce que nous lisons dans l'Ancien-Testament, nous le trouvons dans l'Evangile, et il n'y a rien dans celui-ci qui ne s'appuie sur l'autorité de celui-là; on n'y voit aucune différence, aucune contradiction. « Et ils disaient : « Saint, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées! » Le mystère de la Trinité est marqué dans l'un et dans l'autre Testament. On donne aussi à notre Sauveur le nom de « Dieu des armées,» comme il paraît par le psaume vingt-troisième, où les anges qui servent le Seigneur crient à d'autres esprits célestes, et les avertissent d'ouvrir la porte au Seigneur. « O Princes, » disent-ils, « levez-vous; portes, ouvrez-vous, afin de laisser entrer le roi de gloire. » Sur quoi ceux-ci, étonnés de le voir revêtu d'un corps de chair, demandent qui est ce « roi de gloire; » et les autres leur répondent : «Ce roi de gloire est le Seigneur des vertus ; » ce que l'hébreu exprime par le mot Sabaoth. Car il faut remarquer que, dans tous les endroits où l'on lit, selon la version des Septante, «le Seigneur des vertus,» où le Seigneur tout-puissant, le texte hébreu porte Sabaoth, c'est-à-dire, selon la version d'Aquila : le Seigneur des armées. Il faut remarquer aussi que, dans le passage d'Isaïe que nous expliquons, le nom du Seigneur est écrit avec les quatre lettres qui conviennent proprement à Dieu, c'est-à-dire avec iodhe, iod he, ou deux ia, qui composent le glorieux et ineffable nom de DIEU. […]
Source : jesusmarie.free.fr
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