Résurrection d'un fils & vraie foi au Christ : Dimanche (bréviaire)
Le Forum Catholique
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Alexandre - 2011-09-25 00:19:42
Résurrection d'un fils & vraie foi au Christ : Dimanche (bréviaire)
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<i>Résurrection du fils de la veuve de Naïm</i>,
par Pierre Bouillon (Musée de Tessé, Le Mans)
Dimanche 25 Septembre 2011
I. BRÉVIAIRE ROMAIN (1568-1960)
QUINZIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE
(QUATRIÈME DE SEPTEMBRE)
Premier Nocturne
<img src="http://nsa28.casimages.com/img/2011/09/23/110923112524760388.jpg">
Judith décapite Holoferne, par Gentileschi (Musée de Capodimonte, Naples)
Commencement du livre de Judith
<i>Leçon i</i>
(ch. I, vv. 1-4) Arphaxad donc, roi des Mèdes, avait subjugué un grand nombre de nations à son empire, et lui-même bâtit une ville très puissante, qu'il appela Ecbatane, en pierres carrées et taillées: il fit ses murs de soixante-dix coudées de largeur et de trente coudées de hauteur, et il mit ses tours à la hauteur de cent coudées. Or chacun de leurs côtés s'étendait en carré dans un espace de vingt pieds; et il mit ses portes à la hauteur des tours. Et il se glorifiait comme puissant par la puissance de son armée, et par la magnificence de ses chars.
<i>Leçon ii</i>
(ch. I, vv. 5-9) Ainsi, en la douzième année de son règne, Nabuchodonosor, roi des Assyriens, qui régnait dans Ninive, la grande ville, combattit contre Arphaxad, et le vainquit dans la grande plaine qui est appelée Ragaü, près de l'Euphrate, du Tigre et de Jadason, dans la plaine d'Erioch, roi des Eliciens. Alors le royaume de Nabuchodonosor fut exalté, et son cœur s'éleva; et il envoya vers tous ceux qui habitaient dans la Cilicie, à Damas, sur le Liban, et vers les nations qui sont dans le Carmel et en Cédar, et vers les habitants de Galilée, dans la grande plaine d'Esdrélon, et vers tous ceux qui étaient en Samarie et au-delà du fleuve du Jourdain jusqu'à Jérusalem, et dans toute la terre de Jessé, jusqu'à ce qu'on arrive aux confins de l'Éthiopie.
<i>Leçon iii</i>
(ch. I, vv. 10-12; ch. II, vv. 1-3) Nabuchodonosor, roi des Assyriens, leur envoya à tous des messagers; et tous protestèrent unanimement, et les renvoyèrent les mains vides, et les chassèrent sans honneur. Alors le roi Nabuchodonosor, indigné contre toute cette terre, jura par son trône et son royaume qu'il se vengerait de toutes ces contrées. A la treizième année du roi Nabuchodonosor, le vingt-deuxième jour du premier mois, dans la maison de Nabuchodonosor, roi des Assyriens, déclaration fut faite qu'il se vengerait. Il appela donc tous les Anciens, et tous les chefs, et ses guerriers, et il tint avec eux son conseil secret; et il dit que sa pensée était uniquement de subjuguer toute la terre à son empire.
Deuxième Nocturne
<b>Du livre de saint Ambroise, évêque, sur <i>Élie et le jeûne</i></b>
(9, 28-32. Texte latin: <i>PL</i> 14, 707-708)
<i>Leçon iv</i>
On défend à ceux qui exercent le pouvoir de faire usage de vin, de crainte qu'après en avoir bu, ils n'oublient la sagesse. Ils avaient, sans doute, bu jusqu'à l'ivresse, ceux qui désiraient se livrer à Holoferne, chef de l'armée du roi des Assyriens; mais Judith ne buvait pas de vin, elle qui, depuis son veuvage, jeûnait tous les jours, à l'exception des fêtes solennelles. Elle s'avança munie de ces armes, et elle enveloppa dans la ruine toute l'armée des Assyriens; ce fut par la force de sa sobriété qu'elle coupa la tête d'Holoferne, garda sa pureté et remporta la victoire.
<i>Leçon v</i>
Judith, armée du jeûne, pénétrait hardiment au milieu du camp ennemi; Holoferne gisait là, plongé dans l'ivresse, au point de ne pouvoir sentir le coup du glaive. Ainsi le jeûne d'une seule femme a vaincu des troupes innombrables d'Assyriens. Le jeûne aussi a rehaussé la beauté d'Esther, parce que le Seigneur augmentait la grâce dont cette âme sobre était environnée. Elle délivra toute sa race, c'est-à-dire tout le peuple juif, d'une cruelle persécution, et le roi fut soumis à tous ses désirs.
<i>Leçon vi</i>
Ainsi donc, ayant jeûné trois jours de suite, et ne s'étant lavée simplement qu'avec de l'eau, elle n'en plut que davantage au roi, et obtint vengeance de l'injustice; tandis qu'Aman, tout fier d'avoir pris place au banquet de la reine, est puni de son intempérance au milieu même des vins dont il abuse. Le jeûne est donc un sacrifice de réconciliation, un accroissement de force, rendant les femmes elles-mêmes plus puissantes en ajoutant à leurs charmes. Le jeûne dispense d'emprunter, ignore les intérêts onéreux: la table de ceux qui jeûnent ne sent point l'usure. Le jeûne donne même de l'agrément aux banquets; car la bonne chère habituelle est rendue fastidieuse et commune par sa continuité prolongée; et les mets semblent plus savoureux quand on a faim. Le jeûne assaisonne les aliments; plus l'appétit est vif, plus la nourriture est agréable.
Troisième Nocturne
Lecture du saint Évangile selon saint Luc
(ch. VII, vv. 11-16.
Traduction du <i>Lectionnaire</i> de 1964-65)
<i>Leçon vii</i>
En ce temps-là,
Jésus se rendit dans une ville appelée Naïm.
Ses disciples faisaient route avec lui,
ainsi qu’une grande foule.
Comme il approchait de la porte de la ville,
voici qu’on emportait un mort, un fils unique,
dont la mère était veuve.
Il y avait avec elle
un grand nombre de gens de la ville.
En la voyant, le Seigneur eut pitié d’elle,
et il lui dit: «Ne pleure pas.»
Il s’approcha et toucha le cercueil;
les porteurs s’arrêtèrent;
et il dit: «Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi!»
Le mort se redressa et s’assit,
puis se mit à parler.
Et Jésus le rendit à sa mère.
La crainte les saisit tous,
et ils glorifiaient Dieu en disant:
«Un grand prophète s’est levé parmi nous
et Dieu a visité son peuple.»
Homélie de saint Augustin, évêque
(Sermons sur l’Écriture, 98, nn. 2-3.
Texte latin: <i>PL</i> 38, 591)
Une mère, veuve, fut dans la joie lors de la résurrection de ce jeune homme. Une mère, l’Église, est dans la joie chaque jour lors de la résurrection spirituelle des hommes. Celui-là était mort dans son corps mais ceux-ci, dans leur âme. La mort visible était pleurée par des larmes visibles. Quant à la mort invisible, nul n’en prenait souci, nul ne l’apercevait, Celui-là qui connaissait les morts prit souci d’eux. Celui-là seul connaissait les morts qui pouvait les rendre à la vie. S’il n’était pas venu pour ressusciter les morts, l’Apôtre ne dirait pas : « Éveille-toi, toi qui dors, lève-toi d’entre les morts, et sur toi luira le Christ » (Ep 5, 14).
<i>Leçon viii</i>
Trois morts furent, à notre connaissance, ressuscités visiblement par le Seigneur. Des milliers, invisiblement. Combien de morts a-t-il, en fait, ressuscités visiblement ? Qui le sait ? Tout ce qu’il a fait ne fut pas écrit. Voici ce que dit Jean : « Jésus a accompli encore bien d’autres actions. Si on les relatait, le monde entier ne suffirait pas, je pense, à en contenir les livres » (Jn 21, 25). On peut en conclure que beaucoup d’autres, sans doute, furent ressuscités, mais ce n’est pas en vain qu’il est fait mention de trois. Notre Seigneur Jésus-Christ voulait que ses actions corporelles soient comprises aussi dans un sens spirituel. Il ne faisait pas seulement des miracles pour les miracles, mais afin que ceux qu’ils faisaient soient tout à la fois merveilles pour les regards et vérités pour l’intelligence
<i>Leçon ix</i>
A titre de comparaison : celui qui voit des lettres dans un livre très bien écrit, et qui ne sait point lire, loue la main du copiste, admire la beauté des caractères mais il ne sait ce que veulent dire, ce que signifient ces caractères. Par ses regards, il est louangeur, par son esprit, il n’est pas connaisseur. Un autre, tout au contraire, louera l’écriture et saisira le sens de l’écrit. Tel est celui qui non seulement est capable de voir – cela tous le peuvent – mais aussi de lire – et cela, celui qui ne l’a pas appris, ne le peut. Ainsi ceux qui les ont vu et n’ont pas compris ce que les miracles du Christ leur voulaient dire, et les signes qu’ils faisaient en quelque sorte si on les comprend, ceux-là ont admiré seulement les actions, mais d’autres ont aussi admiré les actions et ils en ont obtenu l’intelligence. Tels devons-nous être à l’école du Christ.
<b>II. BRÉVIAIRE ROMAIN</b> (1961-1969)
QUINZIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE
(QUATRIÈME DIMANCHE DE SEPTEMBRE)
<i>Au Nocturne</i>

<i>Judith avec la tête d’Holopherne</i> (1651), par le Guerchin (Musée des Beaux-Arts, Brest)
Commencement du livre de Judith
(ch. I, vv. 1-4) Arphaxad donc, roi des Mèdes, avait subjugué un grand nombre de nations à son empire, et lui-même bâtit une ville très puissante, qu'il appela Ecbatane, en pierres carrées et taillées: il fit ses murs de soixante-dix coudées de largeur et de trente coudées de hauteur, et il mit ses tours à la hauteur de cent coudées. Or chacun de leurs côtés s'étendait en carré dans un espace de vingt pieds; et il mit ses portes à la hauteur des tours. Et il se glorifiait comme puissant par la puissance de son armée, et par la magnificence de ses chars.
<i>Leçon ii</i>
(ch. I, vv. 5-12; ch. II, vv. 1-3) Ainsi, en la douzième année de son règne, Nabuchodonosor, roi des Assyriens, qui régnait dans Ninive, la grande ville, combattit contre Arphaxad, et le vainquit dans la grande plaine qui est appelée Ragaü, près de l'Euphrate, du Tigre et de Jadason, dans la plaine d'Erioch, roi des Eliciens. Alors le royaume de Nabuchodonosor fut exalté, et son cœur s'éleva; et il envoya vers tous ceux qui habitaient dans la Cilicie, à Damas, sur le Liban, et vers les nations qui sont dans le Carmel et en Cédar, et vers les habitants de Galilée, dans la grande plaine d'Esdrélon, et vers tous ceux qui étaient en Samarie et au-delà du fleuve du Jourdain jusqu'à Jérusalem, et dans toute la terre de Jessé, jusqu'à ce qu'on arrive aux confins de l'Éthiopie. ¶ Nabuchodonosor, roi des Assyriens, leur envoya à tous des messagers; et tous protestèrent unanimement, et les renvoyèrent les mains vides, et les chassèrent sans honneur. Alors le roi Nabuchodonosor, indigné contre toute cette terre, jura par son trône et son royaume qu'il se vengerait de toutes ces contrées. A la treizième année du roi Nabuchodonosor, le vingt-deuxième jour du premier mois, dans la maison de Nabuchodonosor, roi des Assyriens, déclaration fut faite qu'il se vengerait. Il appela donc tous les Anciens, et tous les chefs, et ses guerriers, et il tint avec eux son conseil secret; et il dit que sa pensée était uniquement de subjuguer toute la terre à son empire.
Lecture du saint Évangile selon saint Luc
(ch. VII, 11-16.
Traduction du <i>Lectionnaire</i> de 1964-65)
<i>Leçon iii</i>
En ce temps-là,
Jésus se rendit dans une ville appelée Naïm.
Ses disciples faisaient route avec lui,
ainsi qu’une grande foule.
Comme il approchait de la porte de la ville,
voici qu’on emportait un mort, un fils unique,
dont la mère était veuve.
Il y avait avec elle
un grand nombre de gens de la ville.
En la voyant, le Seigneur eut pitié d’elle,
et il lui dit: «Ne pleure pas.»
Il s’approcha et toucha le cercueil;
les porteurs s’arrêtèrent;
et il dit: «Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi!»
Le mort se redressa et s’assit,
puis se mit à parler.
Et Jésus le rendit à sa mère.
La crainte les saisit tous,
et ils glorifiaient Dieu en disant:
«Un grand prophète s’est levé parmi nous
et Dieu a visité son peuple.»
Homélie de saint Augustin, évêque
(Sermons sur l’Écriture, 98, nn. 2-3.
Texte latin: <i>PL</i> 38, 591)
Une mère, veuve, fut dans la joie lors de la résurrection de ce jeune homme. Une mère, l’Église, est dans la joie chaque jour lors de la résurrection spirituelle des hommes. Celui-là était mort dans son corps mais ceux-ci, dans leur âme. La mort visible était pleurée par des larmes visibles. Quant à la mort invisible, nul n’en prenait souci, nul ne l’apercevait, Celui-là qui connaissait les morts prit souci d’eux. Celui-là seul connaissait les morts qui pouvait les rendre à la vie. S’il n’était pas venu pour ressusciter les morts, l’Apôtre ne dirait pas: «Éveille-toi, toi qui dors, lève-toi d’entre les morts, et sur toi luira le Christ» (Ep 5, 14).
<b>III. COMMENTAIRE PATRISTIQUE DE L’ÉVANGILE DU MISSEL DE 1970-2002</b>
La <i>Liturgia Horarum</i>, c’est-à-dire le nouveau bréviaire romain, ne donne pas de commentaire de l’évangile de chaque dimanche, contrairement à la tradition. Le passage d’aujourd’hui (<i>Mt</i> 21, 28-32a) n’étant pas dans le <i>Missel Romain</i> de 1570-1962, il n’y a pas de commentaire dans le bréviaire correspondant. On a donc donné ci-après un commentaire de <b>saint Hilaire de Poitiers</b>.
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<b>VINGT-SIXIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE</b>
(Cycle des lectures A)
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu
(ch. XXI, 28-32; tr. officielle)
Jésus disait aux chefs des prêtres et aux anciens:
«Que pensez-vous de ceci?
Un homme avait deux fils.
Il vint trouver le premier et lui dit:
‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à ma vigne.’
Celui-ci répondit: ‘Je ne veux pas.’
Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla.
Abordant le second, le père lui dit la même chose.
Celui-ci répondit: ‘Oui, Seigneur !’ et il n’y alla pas.
Lequel des deux a fait la volonté du père?»
Ils lui répondent: «Le premier».
Jésus leur dit: «Amen, je vous le déclare:
les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu.
Car Jean Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice,
et vous n’avez pas cru à sa parole;
tandis que les publicains et les prostituées y ont cru.
Mais vous, même après avoir vu cela,
vous ne vous êtes pas repentis pour croire à sa parole.»
Homélie de saint Hilaire, évêque
(Sur Matthieu 21, nn. 11-15 : <i>SC</i> 258, 136-141)
<i>Un homme avait deux fils</i>, et la suite. Il y a beaucoup de faits embarrassants qui pourraient jeter le trouble dans notre intelligence, si nous n’observions l’ordre des idées qui précèdent et qui suivent. Qui pourra en effet regarder comme l’aîné celui qui a dit qu’il n’irait pas au travail et qui, se reprenant sous l’effet d’un repentir purifiant, y est parti; or Israël ne s’est pas repenti, mais a porté la main sur le Seigneur et, dans sa généralité, il a crucifié son Dieu d’une bouche impie. Qui verrons-nous dans le plus jeune qui a promis qu’il irait et n’est pas allé? La foule des païens et des pécheurs? Mais elle a fait cc qu’elle a promis, car elle est partie et est sortie pour aller au travail où on l’appelait. Comment donc verra-t-on en elle celui qui n’ est pas parti?
Ensuite, il faut se demander quelle importance a en elle-même la réponse des Pharisiens, Ils disent que c’est le plus jeune qui a obéi à la volonté [du Père]. L’état de choses normal n’admet pas qu’un engagement simulé possède la valeur de la vérité parfaite, en sorte qu’il y ait avantage à trahir sa promesse plutôt qu’à tout accomplir sans promettre. Et qui ne préférerait pas qu’on lui refuse ce qu’il demande, pourvu que se réalise ce qu’il a demandé, plutôt que de ne pas voir se réaliser ce qu’on promet de faire, du fait que la réalisation d’un acte est mieux accueillie quand on désespérait d’elle, tandis qu’il y a plus de souffrance dans l’espoir déçu, à moins que la volonté de ceux qui demandent ne soit flattée par la simple adulation de ceux qui leur font des promesses.
Il faut se rappeler que le thème de cette parabole découle de la conversation engagée au sujet de Jean, de façon que la leçon proposée de cette manière blâme l’hésitation de l’incroyance et l’obligation du silence qui en découle. Mais comme nous l’avons indiqué ailleurs, il faut se rappeler ici aussi que si l’explication des événements présents offre parfois quelque défaillance, c’est pour que l’image de l’avenir se réalise, mais sans porter atteinte à la réalité qui donne lieu à une figure. Le premier fils est le peuple issu des Pharisiens et avisé par Dieu de façon pressante grâce à la prophétie de Jean d’avoir à obéir à ses commandements. Ce peuple a été arrogant, désobéissant et rebelle aux avertissements pressants, car il mettait son assurance dans la Loi et méprisait le repentir des péchés, glorieux de la noble prérogative qu’il tenait d’Abraham; mais par la suite, comme devant les miracles opérés après la résurrection du Seigneur, pris de repentir il a cru au temps des apôtres, revenant devant la réalité des faits à la volonté d’agir selon l’Evangile et se repentant, il a avoué la faute de son arrogance première.
Le fils cadet est la foule des publicains et des pécheurs qui, venant après dans la condition pécheresse où elle demeurait alors, a reçu de Jean l’ordre d’attendre du Christ le salut et de croire, ayant été baptisée par lui. Mais quand il dit qu’elle a promis d’aller et qu’elle n’est pas allée, le Seigneur montre qu’elle a cru en Jean, mais, parce qu’elle n’a pu recevoir la doctrine évangélique qu’après la Passion du Seigneur grâce aux apôtres – c’est alors que les mystères du salut devaient être accomplis –, il indique qu’elle n’est pas allée. En effet, il dit non pas qu’elle n’a pas voulu, mais qu’elle n’est pas allée. Sa conduite échappe au grief d’incroyance, parce que la difficulté de la réalisation empêchait qu’elle eût lieu. Il est donc faux que le fils n’ait pas voulu se rendre aussitôt au travail qui lui était prescrit, mais il n’y est pas allé, parce qu’il ne pouvait pas y aller. Dans ce cas, en effet, l’obstacle de la nécessité est mis en évidence, sans qu’il y ait lieu d’incriminer la volonté.
Et dans la réponse des Pharisiens il y a comme une nécessité prophétique, car ils reconnaissent, même à contre-cœur, lequel s’est plié à la volonté du père, c’est-à-dire le plus jeune fils qui fait profession d’obéissance, même s’il n’agit pas à temps car la foi seule justifie. Et la raison pour laquelle les publicains et les courtisanes seront les premiers dans le Royaume des cieux, c’est qu’ils ont cru en Jean, que baptisés en vue de la rémission des péchés, ils ont fait un aveu d’adhésion à l’avènement du Christ, loué les guérisons qu’il a opérées, accepté le mystère de sa Passion, reconnu la puissance de sa résurrection. Mais les princes des prêtres et les Pharisiens, à la vue de ces choses qu’ils méprisaient, n’étant pas justifiés par la foi, n’ont pas eu le remords qui les fît revenir au salut, et c’est pourquoi leur fruit pour toujours sera desséché sous le coup de la malédiction qui était préfigurée dans le figuier.
<b>Oraison</b>
(=MR1962: X° dim. après la Pent. [sauf un mot])
Deus, qui omnipoténtiam tuam
parcéndo máxime et miserándo maniféstas,
multíplica super nos grátiam tuam,
ut, ad tua promíssa curréntes,
cæléstium bonórum fácias esse consórtes.
Traduction de D. Lefebvre (un peu modifiée)
<i> Dieu qui manifestez surtout votre toute-puissance
en pardonnant et en faisant miséricorde,
prodiguez-nous toujours davantage votre grâce,
afin que, nous hâtant vers l’objet de vos promesses,
nous devenions participants des biens célestes.</i>
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