Lectionnaire</i> de 1964-65)
Leçon iii
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples: «Nul ne peut servir deux maîtres: ou bien, il haïra l’un, et il aimera l’autre; ou bien, il s’attachera à l’un, et il méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent. Voilà pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie, d’avoir de quoi vous nourrir, ni pour votre corps, de quoi vous vêtir. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps, plus que le vêtement? Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent point dans des greniers, et votre Père du Ciel les nourrit. Est-ce que vous ne valez pas beaucoup plus qu’eux? Et qui de vous, à force d’inquiétude, peut ajouter à sa taille une seule coudée? Et du vêtement, pourquoi vous inquiéter? Observez les lis des champs, comme ils poussent: ils ne peinent ni ne filent; or, je vous le dis, pas même Salomon dans toute sa gloire ne fut vêtu comme l’un d’eux. Si l’herbe des champs, qui est aujourd’hui, et qui demain sera jetée au four, Dieu l’habille ainsi, ne fera-t-il pas bien plus pour vous, gens de peu de foi? Ne vous inquiétez donc pas et ne dites pas: “Que mangerons-nous?” ou “Que boirons-nous?” ou “Que mettrons-nous?” Car tout cela, les païens le recherchent. Votre Père du Ciel sait que vous avez besoin de tout cela. Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît.»
Homélie de saint Augustin, évêque (Sur le sermon sur la Montagne 2, 14, 47; 15, 49; texte latin: <i>PL</i> 34, 1290)
«Nul ne peut servir deux maîtres.» A cette même intention, [bonne ou mauvaise,] se rapporte ce que notre Seigneur expose en conséquence de son assertion: «Ou il haïra l’un et il aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.» Il faut examiner attentivement ce passage; le Seigneur lui-même indique quels sont ces deux maîtres, en ajoutant: «Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon.» Les Hébreux donnent, dit-on, aux richesses le nom de [mammona.] En langue punique, ce mot a le même sens; car mammon signifie gain.
<b>III. COMMENTAIRE PATRISTIQUE DE L’ÉVANGILE DU MISSEL DE 1970-2002</b>
La <i>Liturgia Horarum</i>, c’est-à-dire le nouveau bréviaire romain, ne donne pas de commentaire de l’évangile de chaque dimanche, contrairement à la tradition. On a donc donné ci-après le commentaire que le <i>Bréviaire Romain</i> en vigueur jusqu’en 1960 donne pour l’évangile de la messe du dimanche de la Septuagésime: Mt 20, 1-16a.
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<b>VINGT-CINQUIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE</b>
(Cycle des lectures A)
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (20, 1-16a; tr. officielle)
Jésus disait cette parabole: «Le Royaume des cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit au petit jour afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur un salaire d’une pièce d’argent pour la journée, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans travail. Il leur dit: “Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste.” Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit: “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire?” Ils lui répondirent: “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit: “Allez, vous aussi, à ma vigne.” Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant: “Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.” Ceux qui n’avaient commencé qu’à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’argent. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’argent. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine: “Ces derniers venus n’ont fait qu’une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur!” Mais le maître répondit à l’un d’entre eux: “Mon ami, je ne te fais aucun tort. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour une pièce d’argent? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi: n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien? Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon?” Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers.»
<b>Homélie de saint Grégoire, pape</b> (<i>Homélies sur les Évangiles</i> 19, 1; cf. <i>SC</i> 485, 424-427)
Il est dit que le royaume des cieux est semblable à un père de famille qui loue des ouvriers pour cultiver sa vigne. Or, qui peut être plus justement représenté par le père de famille que notre Créateur, qui gouverne ceux qu’il a créés, et qui possède ses élus dans ce monde, comme un maître a ses serviteurs dans sa maison? Il possède une vigne, à savoir l’Église universelle, qui a poussé au tant de sarments qu’elle a produit de saints, depuis le juste Abel, jusqu’au dernier élu devant naître à la fin du monde.
Ce divin père de famille loue donc des ouvriers pour cultiver sa vigne, dès la pointe du jour, à la troisième heure, à la sixième, à la neuvième et à la onzième; parce qu’il ne cesse point, depuis le commencement de ce monde jusqu’à la fin, de réunir des prédicateurs pour enseigner les fidèles. Le matin du monde peut s’entendre du temps qui s’est écoulé depuis Adam jusqu’à Noé; la troisième heure, de Noé à Abraham; la sixième, d’Abraham à Moïse; la neuvième, de Moïse à la venue du Sauveur, et la onzième, depuis la venue du Sauveur jusqu’à la fin du monde. Les Apôtres ont été envoyés pour prêcher en cette dernière heure, et quoique venant si tard, ils ont reçu un salaire entier.
Le Seigneur ne cesse donc en aucun temps d’envoyer des ouvriers pour cultiver sa vigne, c’est-à-dire pour instruire son peuple. Par les Patriarches d’abord, ensuite par les Docteurs de la loi et les Prophètes, et enfin par les Apôtres, il a consacré tous ses soins à sanctifier son peuple. Il a travaillé, pour ainsi dire, à la culture de sa vigne, par l’entremise de ces ouvriers que nous avons énumérés; mais cela n’empêche pas que tous ceux qui, avec une foi correcte, se sont appliqués et ont exhorté à faire le bien, ne puissent être considérés aussi (chacun dans sa mesure et à un certain degré), comme les ouvriers de cette vigne. Ceux de la première heure, ainsi que ceux de la troisième, de la sixième et de la neuvième, désignent l’ancien peuple hébreu qui, depuis le commencement du monde, s’efforçant, en la personne de ses saints, de servir Dieu avec une foi droite, n’a pour ainsi dire pas cessé de travailler à la culture de la vigne. Mais à la onzième heure les Gentils sont appelés, c’est à eux que s’adressent ces paroles: «Pourquoi êtes-vous ici tout le jour sans rien faire?»
<b>Oraison</b>
Deus, qui sacræ legis ómnia constitúta
in tua et próximi dilectióne posuísti,
da nobis, ut, tua præcépta servántes,
ad vitam mereámur perveníre perpétuam.
Traduction du P. Patrick Hala (moine de Solesmes)
<i> Dieu, toi qui as résumé tous les préceptes de la Loi sacrée
dans l’amour pour toi et le prochain,
accorde nous, moyennant leur observance,
de parvenir à la vie éternelle.</i>
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