Leçon xii</i>
«Jacob engendra Joseph.» Ce texte nous est opposé, comme témoin du désaccord des Évangélistes, par l’empereur Julien qui demande pourquoi Matthieu dit Joseph fils de Jacob, alors que Luc l’appelle fils d’Héli; il ne comprend pas que, selon la coutume des Écritures, l’un est dit père selon la nature, l’autre en conséquence d’une prescription légale. Nous savons en effet que, sur l’ordre de Dieu, transmis par Moïse, si un frère ou un parent meurt sans enfant, le parent survivant doit épouser la veuve, pour susciter une postérité au frère ou au parent défunt. «Joseph, époux de Marie.» Quand vous entendez ce mot d’époux, n’en venez pas à soupçonner qu’il y ait eu consommation du mariage; mais rappelez-vous la coutume de l’Écriture, qui appelle époux les fiancés, et épouses les fiancées.

Nativité de la Vierge, icône russe du XVI° siècle
II. LITURGIE DES HEURES (1971)
<i><b>A l’office des lectures</i></b>
<b>Homélie de saint André de Crète</b> (<i>Homélie</i> 1 <i>pour la Nativité de la T. S. Mère de Dieu</i>; texte grec: <i>PG</i> 97, 806-810)
<i>La joie entre dans le monde</i>
<i>«Le Christ est l’achèvement de la Loi»</i> (<i>Rm</i> 10, 4); car il nous éloigne de la terre, du fait même qu’il nous élève vers l’Esprit. Cet accomplissement consiste en ce que le législateur, après avoir tout déterminé, a rapporté la lettre à l’esprit, en récapitulant toutes choses en lui, en vivant d’une loi qui est la grâce. Après avoir réduit la loi en servitude, il y a joint harmonieusement la grâce. Il n’a pas mélangé ni confondu les propriétés de l’une avec celles de l’autre; mais, d’une façon divine, il a changé ce qu’il pouvait y avoir dans la loi de pénible, de servile et de tyrannique, en ce qui est léger et libre dans la grâce. Ainsi nous ne vivons plus <i>«sous l’esclavage des éléments du monde»</i>, comme dit l’Apôtre (<i>Ga</i> 4, 3), nous ne sommes plus asservis au joug de la lettre de la loi.
En effet, c’est en cela que consiste l’essentiel des bienfaits du Christ; c’est là que le mystère se manifeste, que la nature est renouvelée: Dieu s’est fait homme et l’homme assumé est divinisé. Il a donc fallu que la splendide et très manifeste habitation de Dieu parmi les hommes fût précédée par une introduction à la joie, d’où découlerait pour nous le don magnifique du salut. Tel est l’objet de la fête que nous célébrons: la naissance de la Mère de Dieu inaugure le mystère qui a pour conclusion et pour terme l’union du Verbe avec la chair. C’est maintenant que la Vierge vient de naître, qu’elle est allaitée, qu’elle se forme, qu’elle se prépare à être la mère du Roi universel de tous les siècles.
C’est alors que nous recevons du Verbe un double bienfait: il nous conduit à la Vérité, et il nous détache de la vie d’esclavage sous la lettre de la loi. De quelle manière, par quelle voie? Sans aucun doute, parce que l’ombre s’éloigne à l’avènement de la lumière, parce que la grâce substitue la liberté à la lettre. La fête que nous célébrons se trouve à cette frontière, car elle fait se rejoindre la vérité avec les images qui la préfiguraient, puisqu’elle substitue le nouveau à l’ancien.
Que toute la création chante et danse, qu’elle contribue de son mieux à la joie de ce jour. Que le ciel et la terre forment aujourd’hui une seule assemblée. Que tout ce qui est dans le monde et au-dessus du monde s’unisse dans le même concert de fête. Aujourd’hui, en effet, s’élève le sanctuaire créé où résidera le Créateur de l’univers; et une créature, par cette disposition toute nouvelle, est préparée pour offrir au Créateur une demeure sacrée.
<i><b>A vêpres</i></b>
Hymne
(de saint Pierre Damien [† 1072]; texte latin: PL 145, 936)
Beáta Dei génetrix,
nitor humáni géneris,
per quam de servis líberi
lucísque sumus fílii;
Bienheureuse Mère de Dieu,
splendeur de la famille humaine,
par toi nous vient la liberté,
nous devenons fils de lumière.
María, virgo régia,
David stirpe progénita,
non tam patérna nóbilis
quam dignitáte súbolis,
Marie, Vierge de sang royal,
du roi David tu es la fille,
moins illustre par tes aïeux
que par ta noble descendance.
Tu nos, avúlso véteri,
complánta novo gérmini;
per te sit genus hóminum
regále sacerdótium.
Arrache en nous ce qui est vieux,
sème la semence nouvelle:
par toi que toute humanité
devienne un royal sacerdoce.
Tu nos culpárum néxibus
sacris absólve précibus;
tua proméntes mérita
ad cæli transfer prǽmia.
Dénoue les liens de nos péchés,
Marie, par ta prière sainte.
Par tes mérites, conduis-nous,
jusqu'aux célestes récompenses.
Sit Trinitáti glória,
o Virgo nobilíssima,
quæ te suórum múnerum
thesáurum dat magníficum.
Gloire soit à la Trinité,
qui donne en toi, noble Vierge,
le meilleur de tous ses bienfaits,
son trésor le plus magnifique!
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